CG1-0424.md

identifiantCG1-0424.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/03/28 00:00
titreNapoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 424. - </b>À Carnot[^1], membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Nice, 8 germinal an IV [28 mars 1796]</h2><p><br/> </p><p>J’ai été très bien reçu par l’armée, qui me montre une confiance qui m’oblige à une vive reconnaissance.</p><p>Il m’a paru voir en Schérer un homme pur et éclairé ; il me paraît fatigué de la guerre, qui a altéré sa santé. Ne pourriez-vous pas l’employer comme ambassadeur[^2] ? Il a la connaissance des hommes et de l’extension morale.</p><p>J’avais, étant à Paris, conformément à ce que vous m’aviez accordé, fait passer une compagnie d’artillerie légère à Nice ; mais Milet-Mureau s’est fâché et lui a donné contre-ordre. Cette compagnie eût été utile, ayant fait la guerre avec distinction.</p><p>Les ingénieurs ne sont pas arrivés, et, parmi ceux que Milet-Mureau m’envoie, il n’y a que Chasseloup de l’ancien corps. Je n’ai pas ici, parmi quinze ingénieurs, un seul qui sorte de Mézières[^3] ; je vous prie de m’en envoyer deux autres bons.</p><p>La trésorerie fait acheter des louis à Lyon[^4]. Si les caissiers ne prêtaient pas les assignats qu’ils ont en caisse, les assignats auraient plus de valeur. Je crois qu’il faudrait ordonner une visite des caisses par un préposé à cet effet ; vous trouveriez beaucoup d’agioteurs, et cela leur servirait de leçon. Ce que je vous dis là est certain.</p><p>Il y a de grands obstacles ; mais les plus grands sont surmontés. Le fourrage est assuré pour un mois, les étapes sont approvisionnées, la cavalerie et une partie des charrois sont depuis cinq jours en marche. J’irai sous peu vigoureusement. J’espère qu’avant la fin du mois il y aura plus de dix mille chapeaux de reste chez l’ennemi.</p><p>La nouvelle organisation fait beaucoup de mécontents. Je tâcherai de placer des officiers, le plus que je pourrai, dans les administrations et pour régir le pays d’Oneille, afin de procurer du pain à quelques vieux officiers qui n’ont pas d’autres ressources.</p><p>Je suis avec respect, etc.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p style=""><br/> </p> [^1]: Lazare Carnot (1753-1823), officier du génie, député à la Législative (1791) et à la Convention (1792), membre du Comité de salut public (1793), adversaire de Robespierre, il n’est pas concerné par la purge de Thermidor et ne sort du comité de Salut public qu’en mars 1795. Elu au conseil des Anciens puis au Directoire (octobre 1795), il s’exile en Allemagne au moment de Fructidor. [^2]: Schérer sera ministre de la Guerre en remplacement de Petiet, du 22 juillet 1797 au 21 février 1799, avant de reprendre le commandement de l’armée d’Italie. [^3]: L’école du génie était implantée à Mézières, de 1750 à 1794. Il avait ensuite été transférée à Metz pour y être réunie à l’école d’artillerie. [^4]: Les fournisseurs de l’armée préféraient être payés en numéraire, d’où « l’achat » de louis contre des assignats. [^5]: <span></span><i> Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 95, d’après le dépôt de la Guerre.</body>