CG7-14569.md

identifiantCG7-14569.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/03/11 00:00
titreNapoléon au maréchal Soult, commandant du 4e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14569. - </b>Au maréchal Soult, commandant du 4<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 11 mars 1807, 11 heures du soir</h2><p>Mon cousin, le maréchal Ney prend demain ses cantonnements. Ne reprenez pas les vôtres, et ne repassez la Passarge que lorsque vous serez certain qu’il aura pris les siens. Que la division des cuirassiers et la division Klein soient en position de déboucher par Elditten pour soutenir la gauche du maréchal Ney. Il ne peut être attaqué que par là. Si l’ennemi jetait de la cavalerie sur sa gauche, il serait très bien que vous fissiez déboucher ces 3 000 chevaux pour le soutenir.</p><p>J’ai fait réunir à Willenberg la division Gazan et la division Beker<sup>[^1]</sup>. J’ai réuni 10 000 Polonais à pied et à cheval à Neidenburg. La division Suchet et 10 000 Bavarois couvrent Ostrolenka et Pultusk. Le grand-duc de Berg<sup>[^2]</sup>, à une lieue de Willenberg, a encore eu le renseignement qu’il y avait là 12 000 hommes d’infanterie, tant est grand l’art des Russes pour exagérer leur nombre et tromper sur leurs mouvements. Arrivé à Willenberg, il a fait charger le prince Borghèse, qui a fait prisonniers une centaine d’hommes, deux capitaines et six autres officiers. Arrivé à Willenberg, il a été prouvé qu’il n’y avait jamais eu plus de 600 hommes de cavalerie et un millier de Cosaques, qui s’étaient éparpillés dans les campagnes.</p><p>Le grand-duc de Berg est aujourd’hui, avec 6 000 hommes de cavalerie et le général Oudinot, à Passenheim, et fouille la rive droite de l’Alle ; il espère encore faire quelque mal de détail à l’ennemi.</p><p>Je vous laisse le maître de camper. Dans ce cas, je désire que vous campiez par division, chaque division en bataillon carré, savoir : trois régiments de front et deux dans l’épaisseur, la baraque du général au milieu, ainsi que le parc. En plaçant ces trois camps dans de belles positions, on finirait par les couvrir de redoutes et les retrancher. Une fois rentré dans nos cantonnements, si, comme je n’en doute pas, l’ennemi reste tranquille, je vous recommande de reposer vos deux divisions de grosse cavalerie, surtout la division Klein<sup>[^3]</sup>, qui a beaucoup souffert à Freimarkt. Veillez à ce qu’on ne donne pas les billets d’hôpital si légèrement ; il faut qu’ils soient signés du colonel. J’ai mis des gendarmes sur tous les points, et il y en a qui déclarent tous les jours 150 billets d’hôpital.</p><p>Il faut aussi faire des distributions complètes et régulières. Marienwerder ne fournit qu’à vous. Elbing doit vous fournir de 8 à 10 000 rations par jour. Le pays doit vous fournir aussi de grandes ressources.</p><p>Dites et faites dire à l’ennemi que le général Oudinot, avec 18 000 grenadiers, nous a rejoints à Osterode ; que le prince royal de Bavière<sup>[^4]</sup>, avec 20 000 hommes, a rejoint l’armée ; que dix régiments sont aussi venus nous renforcer ; qu’en causant les soldats disent cela à l’ennemi.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Voir CG7-14561. [^2]: Murat. [^3]: <span></span> Klein commande la 1<sup>re</sup> division de dragons et non une division de grosse cavalerie (carabiniers et cuirassiers). [^4]: Louis. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11999, d’après le dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 872, mars 1807, n° 110). Note sur la minute : « Portée par un Polonais parti le 12 à 7 h du matin. »</body>