CG7-14560.md

identifiantCG7-14560.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/03/11 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, commandant le 3e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14560. - </b>Au maréchal Davout, commandant le 3<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 11 mars 1807</h2><p>Je reçois votre lettre du 11 mars. Il faut d’abord que vos troupes aient régulièrement ration complète de pain et de viande, et de l’eau-de-vie tous les deux jours. En supposant 20 000 rations, il faudrait chercher à vous procurer 12 000 rations du pays ; il y a du blé, des moulins et des fours ; je vous en ferai donner 8 000<sup>[^1]</sup> d’Osterode. Vous pourriez tirer quelque chose de Plock. Je voudrais savoir si cet arrangement vous convient. Je désire qu’enfin le soldat ait ration complète. Vous aurez 8 000 rations d’Osterode, mais il serait mieux qu’il vous en fallût moins. Il faut que vous envoyiez chercher ces rations. Quant à l’eau-de-vie, on vous en fournira tous les jours 10 000 rations.</p><p>Quant à l’ennemi, il paraît qu’il ne veut rien faire. Moi, je veux organiser mes vivres. C’est jouer à la loterie que de faire quelque chose en mars et en avril. Si, avec 8 000 rations qu’on vous enverrait d’Osterode, vos soldats avaient ration complète, j’éprouverais une grande satisfaction. Il faut à Allenstein faire faire des fours et rassurer les habitants.</p><p>Douze régiments provisoires sont en marche ; quatre arriveront avant dix jours. Il y a des détachements de tous les corps. Le 17<sup>e</sup> et le 21<sup>e</sup> ne tarderont pas à recevoir leurs 3<sup>es</sup> bataillons forts de 1 000 hommes. Mais il faut rétablir la discipline. Mettez votre gendarmerie sur les derrières, afin que des hommes, sous prétexte d’être malades, ne passent pas la Vistule.</p><p>Faites-moi connaître, ces jours-ci, votre situation. Avez-vous eu des vivres pour le 11, en avez-vous pour le 12, en avez-vous pour le 13 ? Je viens d’ordonner aujourd’hui qu’on vous en envoie 9 000 rations.</p><p>Je ne vois pas d’inconvénient que vous portiez, le 14, votre quartier général à Allenstein. Vous y aurez l’avantage d’être mieux instruit de ce que fait l’ennemi et de ce qui se passe sur l’Alle. Mais, comme demain Soult et Ney rentrent dans leurs cantonnements, il faut avoir l’œil sur ce que fait l’ennemi.</p><p>Reposez votre cavalerie légère<sup>[^2]</sup> ; ne lui faites pas faire de reconnaissances et de courses inutiles. Le moyen que vous employez est le véritable : c’est, tous les jours, d’envoyer chercher des baillis à une lieue. Je préférerais donc qu’au lieu de reconnaissances, qui sont souvent ramenées, on fît partir tous les deux jours 200 ou 150 hommes sans portemanteaux, avec une compagnie de voltigeurs en croupe qui iraient prendre des baillis. Il n’y aurait aucune chance à courir ; au contraire, on rosserait les cosaques. Il paraît aujourd’hui prouvé qu’ils ne sont jamais dans un moindre nombre que 150 hommes.<sup>[^3]</sup></p> [^1]: Passage biffé : « 10 ». [^2]: <span></span> La brigade Marulaz (1<sup>er</sup>, 2<sup>e</sup> et 12<sup>e</sup> régiments de chasseurs). [^3]: <span></span>Minute, Archives nationales, AF IV 872, mars 1807, n° 109.</body>