CG7-14511.md

identifiantCG7-14511.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/03/06 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant du 6e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14511. - </b>Au maréchal Ney, commandant du 6<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 6 mars 1807</h2><p>J’ai reçu votre lettre du 5. Je suis véritablement peiné des souffrances qu’endurent vos troupes. Il y aura tous les jours 12 000 rations de pain, 10 000 de farine et 20 000 rations d’eau-de-vie à votre disposition, mais les moyens de transport nous manquent. Il faudrait que les corps pussent envoyer, dès ce moment, cinq ou six voitures. Il faut établir à Deppen des fours et une manutention. J’attends des convois considérables de farine, qui seront dirigés sur ce point. D’ailleurs, vos caissons de la compagnie Breidt arriveront. Recommandez aux soldats d’épargner le pays ; en le ruinant, on se prive des ressources.</p><p>Dans la position qu’occupent aujourd’hui vos troupes, elles sont bien fatiguées. Je désire que vous repreniez les cantonnements que vous deviez occuper selon vos premières instructions, la droite appuyée à Guttstadt, pour première ligne, s’étendant ensuite à Deppen. Ce serait le cas de faire sur une bonne position, à la gauche de l’Alle, quelques bonnes redoutes qui puissent favoriser la résistance des troupes que vous y laisserez. J’ai, du reste, là-dessus pleine confiance en vos dispositions et en vos talents militaires. D’Elditten à Guttstadt, il faut également reconnaître des positions où l’on puisse faire des abattis et quelques palissadements, afin que votre première ligne de postes se trouvât à l’abri des incursions de la cavalerie ennemie.</p><p>Le général Morand occupe Allenstein. Un corps d’observation polonais, que commande le général Zayonchek, se réunit à Neidenburg. L’ennemi borde la rive droite de l’Alle par une nuée de cosaques et quelques Prussiens. Je le répète, je pense que c’est sur Deppen qu’il faut réunir vos parcs et magasins, car c’est sur la rive gauche de la Passarge qu’il faudrait se retirer, si vous étiez forcé.</p><p>Je vous recommande, dans vos rapports au major général<sup>[^1]</sup>, d’entrer dans beaucoup de détails sur ce que fait l’ennemi ; et, quand vous faites un prisonnier, envoyez sous interrogatoire, le nom des généraux ennemis, le nombre des régiments, leur force, etc., car les prisonniers arrivent toujours vingt-quatre ou trente-six heures après vos rapports. J’ai donné le commandement de la division Gardanne<sup>[^2]</sup>, dont vous n’êtes pas satisfait, au général Bisson<sup>[^3]</sup>. J’espère qu’il sera ici dans deux jours.</p><p>La faiblesse de nos moyens de transport s’oppose à ce que j’envoie une soixantaine de milliers de rations d’eau-de-vie à Deppen. Vous les auriez là en réserve, pour distribuer quand cela est nécessaire.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: Berthier. [^2]: <span></span> Gaspard Amédée, à ne pas confondre avec Charles Mathieu Gardane. Il est envoyé au siège de Dantzig pour commander la 4<sup>e</sup> division du 10<sup>e</sup> corps (Lefebvre). [^3]: Jusque-là gouverneur de Brunswick. [^4]: <span></span>Minute, Archives nationales, AF IV 872, mars 1807, n° 44. Note en marge : « À 9 heures du matin mais partie à 4 heures après-midi. Portée par le général Bertrand. »</body>