CG7-14489.md

identifiantCG7-14489.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/03/06 00:00
titreNapoléon au maréchal Bernadotte, commandant le 1er corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14489. - </b>Au maréchal Bernadotte, commandant le 1<sup>er</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 6 mars 1807, minuit</h2><p>Mon cousin, je vois avec plaisir, par votre lettre du 5, que la tête de pont de Spanden est déjà occupée ; mais cela n’est pas suffisant : il nous faut une tête de pont à Braunsberg. Si le faubourg de Braunsberg ne gêne pas, qu’on travaille sans délai à cette tête de pont ; s’il gêne, et que la position ne soit pas favorable, que le général Dupont choisisse sur la droite de Braunsberg une position convenable pour qu’on travaille sans délai à un pont et à une tête de pont. C’est dans la défense d’un pont et d’une tête de pont que consiste toute notre bonne position. Supposant que 25 ou 30 000 hommes se portent sur Braunsberg, et que vous vous y portiez avec votre corps d’armée pour leur couper le passage, et que, profitant d’une opération si téméraire de la part de l’ennemi, un ou deux corps débouchassent par Spanden pour tomber sur ses derrières, s’il n’y a pas un pont et une tête de pont, vous ne pourriez pas participer au combat, et nous aurions un désavantage marqué. Une rivière ni une ligne quelconque ne peuvent se défendre qu’en ayant des points offensifs ; car, quand on n’a fait que se défendre, on a couru des chances sans rien obtenir ; mais, lorsqu’on peut combiner la défense avec un mouvement offensif, on fait courir à l’ennemi plus de chances qu’il n’en a fait courir au corps attaqué.</p><p>Faites donc travailler jour et nuit à la tête de pont de Spanden et à celle de Braunsberg ; quand je dis Braunsberg, j’entends à une lieue ou environ de cette ville, dans la position la plus convenable. Une fois cela fait, faites bien reconnaître la nature du pays de Braunsberg à Mehlsack et à trois lieues autour de cette position ; car, un peu plus tôt un peu plus tard, si l’ennemi prend l’offensive, je pense que c’est là qu’on se battra.</p><p>L’ennemi avait fait bien des fautes. Si j’avais eu du pain et que les mauvais temps ne m’eussent pas arrêté, je serais arrivé à Königsberg avant lui, et je l’aurais battu en détail. Il est constant qu’il avait détaché 25 000 hommes sur la rive droite de l’Alle, et qu’il avait des régiments d’infanterie arrivés à Passenheim. Le mouvement offensif qui a été fait lui a fait connaître sa témérité ; et, depuis le 4 au matin, il marche en toute hâte pour se replier et reprendre sa position naturelle.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Expédition, Archives nationales de Suède, fonds Bernadotte.</body>