CG7-14488.md

identifiantCG7-14488.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/03/05 00:00
titreNapoléon au maréchal Soult, commandant du 4e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14488. - </b>Au maréchal Soult, commandant du 4<sup>e</sup> corps de la Grande Armée<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 5 mars 1807, 4 heures du soir</h2><p>Mon cousin, je reçois votre lettre du 5 à huit heures du matin. L’ennemi a présenté hier à Launau 6 000 hommes d’infanterie au maréchal Ney, indépendamment d’une grande quantité de cavalerie. Cette cavalerie a fait plusieurs charges sur l’infanterie, dont elle s’est fort mal trouvée. Il y a eu une canonnade et fusillade où nous avons eu 80 à 100 hommes tués et blessés. Le général Bertrand a dû vous envoyer ces détails.</p><p>Je suis fâché que vous ayez retiré de la cavalerie de Freimarkt, parce que les cosaques que vous avez poussés à la pointe du jour feront un mouvement en avant. La raison qu’il n’y a point de vivres ni de fourrages n’est pas valable. Il y a dans ce village de quoi nourrir ma cavalerie pendant trois semaines.</p><p>Le maréchal Ney doit aujourd’hui rester en position et ne pas attaquer l’ennemi à Launau. Si vous n’avez pas entendu la canonnade, c’est signe que l’ennemi, de son côté, n’a pas fait de mouvements offensifs.</p><p>Je n’ai point encore de nouvelles de ma droite. Tout porte à penser que l’ennemi aura reployé tous les mouvements qu’il avait faits de ce côté, car il me semble que Guttstadt doit être son pivot. Cependant, il ne faut jamais vouloir deviner ce que peut faire l’ennemi. Mon intention est toujours la même. Si l’ennemi continue à faire des mouvements en force sur ma droite, je marcherai sur Königsberg par ma gauche. J’ai intérêt à ce que sa cavalerie ne revienne pas sur Freimarkt, mais qu’au contraire elle se tienne toujours en position d’être attaquée.</p><p>Je désire rentrer dans mes cantonnements, parce que, dans peu de jours, mes vivres seront tellement assurés et la saison tellement avancée, que je pourrai manœuvrer avec avantage. Mais, si l’ennemi s’obstinait dans un mouvement offensif sur sa gauche, je ne serais plus le maître de m’arrêter.</p><p>Je suppose que le prince de Pontecorvo<sup>[^2]</sup> aura fait son mouvement sur Mehlsack. Il a fait travailler à ses têtes de pont de Spanden et de Braunsberg. Il est nécessaire que vous ayez un poste à Elditten pour lier vos communications avec le maréchal Ney. C’est le cas de quelques abattis ou même d’une redoute en avant ou en arrière, selon les localités. Il faut remuer de la terre et couper du bois pour se palissader. C’est le moyen d’épargner l’infanterie et de n’avoir rien à craindre des incursions de la cavalerie.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: À Schwendt. [^2]: Bernadotte. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11939, d’après le dépôt de la Guerre. Minute, Archives nationales, AF IV 872, mars 1807, n° 39. Note en marge de la minute : « Par M. Falkowky. »</body>