| identifiant | CG7-14445.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1807/02/28 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult, commandant du 4e corps de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14445. - </b>Au maréchal Soult, commandant du 4<sup>e</sup> corps de la
Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 28 février
1807, 6 heures du soir</h2><p>Mon
cousin, je reçois votre lettre d’aujourd’hui à midi. Je vais
diriger la division de cuirassiers Espagne sur Mohrungen, afin
qu’elle soit à portée, avec la division Klein, de faire un coup
d’éclat. Vous lui désignerez des cantonnements. Bien entendu que
mon intention est qu’elle ne fasse aucun service et qu’elle reste
très en arrière.</p><p>J’ai
vu avec peine, dans un de vos rapports d’hier, qu’un paysan était
venu d’Elditten à Liebstadt. Ne saurons-nous donc jamais servir ?
Pas même un lièvre ne doit passer la ligne. Le premier qui passera,
faites-le fusiller, innocent ou coupable. Cette terreur sera
salutaire. Nous ignorons ce que fait l’ennemi, il faut qu’il
ignore ce que nous faisons.</p><p>Je
vous ferai connaître cette nuit les nouvelles dispositions à faire
pour appuyer votre droite. Le maréchal Ney a déjà une division à
Deppen. Il s’est trouvé embarrassé dans son mouvement sur
Liebstadt, parce qu’il n’a pas compris le sens de mes ordres.</p><p>Mon
intention est d’occuper Guttstadt comme avant-poste, et la ligne
d’Elditten à Guttstadt, bordée d’infanterie et de cavalerie,
comme tête de cantonnement, de garder la rive droite de l’Alle
depuis Guttstadt jusqu’à Allenstein pour mon flanc droit, et
d’occuper Allenstein comme arrière-garde.</p><p>Le
maréchal Ney établira son quartier général entre Deppen et
Guttstadt, sans attacher d’importance à tout ce que l’ennemi
pourra faire sur ma droite. La retraite du maréchal Ney sera sur
Deppen. Lorsque ces dispositions seront exécutées, vous pourrez
placer ailleurs le général Saint-Hilaire.</p><p>Marienburg
se trouve être une place forte. Je viens d’ordonner qu’elle soit
armée. On travaille au pont. La ligne de communication de l’armée
sera par Marienburg, Dirschau et Stettin. Du moment que cette ligne
de communication sera établie et que j’y pourrai compter, ce qui
demande encore deux ou trois jours, mon intention est de placer le
maréchal Davout à Holland et de le charger de la garde des ponts de
Spanden et d’Alken. Le maréchal Bernadotte serait à Mühlhausen
et Braunsberg. Vous continuerez à vous nourrir par Marienwerder et
avec les ressources du pays. Le maréchal Davout se nourrira par
Marienburg. Les deux petites villes qu’occupe le général Dupont
ont des ressources. Elbing fournirait le supplément à tout le
monde. Thorn nourrirait le maréchal Ney. Établissez quelques fours
et une manutention à Mohrungen.</p><p>Il
est très convenable de remuer de la terre. C’est le cas des
redoutes et des fortifications de campagne qui ont, indépendamment
de leur valeur réelle, un avantage d’opinion. Je pense que tout le
monde sent l’importance du repos actuel, que les armes se réparent,
qu’on fait des appels rigoureux et qu’on rétablit un peu la
discipline. Faites-moi connaître positivement comment vous vivez. Il
serait important que vous ayez en réserve à Liebstadt et à
Mohrungen de quoi faire une ou deux distributions d’eau-de-vie à
votre corps.</p><p>Du
moment que la communication par l’île de Nogat sera établie, je
désignerai, sur la rive gauche, une petite ville pour le dépôt de
chaque corps.</p><p>L’ennemi
fait des mouvements très éloignés sur la rive droite de l’Alle ;
peut-être n’est-ce que pour vivre ; mais, si nous étions assez
heureux pour que ces mouvements fussent faits en force, nous serions
en position de l’écraser. C’est pour cela qu’il faut toujours
se tenir sur le qui-vive et prêt à reprendre l’offensive ; car,
pour peu que l’ennemi s’étende de deux marches, mon intention
est de lui tomber sur le corps.</p><p>Je
vous recommande de ne faire faire aucun service aux dragons de la
division Klein. Les Polonais et votre cavalerie doivent suffire. Ce
sont les divisions de réserve qui ne doivent être employées que
pour agir, et qui ont surtout besoin d’être reposées. Portez un
soin particulier à leur nourriture, et faites-leur faire des
distributions au moins aussi bien qu’à vos troupes, parce qu’il
ne faut pas qu’elles croient que ce sont des troupes de rebut dans
les corps d’armée. Les hommes sont ce qu’on veut qu’ils
soient.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><h4 style="line-height: 100%"><br/>
<br/>
</h4><p><br/>
</p><p><br/>
</p>
[^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11906, d’après le dépôt de la guerre (minute, Archives nationales, AF IV 872, février 1807, n° 190).</body> |
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