CG7-14423.md

identifiantCG7-14423.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/02/27 00:00
titreNapoléon au maréchal Bernadotte, commandant le 1er corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14423. - </b>Au maréchal Bernadotte, commandant le 1<sup>er</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 27 février 1807, 5 heures et demie du soir</h2><p>Mon cousin, le général russe<sup>[^1]</sup> que le maréchal Ney a fait prisonnier hier à Peterswalde vient d’arriver. J’ai causé longtemps avec lui. Il en résulte que l’armée russe n’a point fait de mouvement et qu’elle est encore en arrière ; qu’elle est extrêmement fatiguée ; qu’ils ont eu 23 généraux tués et 900 officiers ; que les cinq régiments de chasseurs, formant dix bataillons, qu’il commandait, ne présentaient sous les armes que 1 500 hommes, 150 hommes par bataillon, 35 hommes par compagnie ; que le général Bagration était parti pour Saint-Pétersbourg il y a huit jours, avec une lettre au nom de tous les généraux, qui déclaraient qu’on ne pouvait reprendre l’offensive de longtemps, et qu’on ne pouvait plus faire la guerre ; qu’elle n’était conseillée que par quelques grands seigneurs achetés par l’Angleterre, ce sont ses propres mots ; que son opinion était que l’armée russe ne ferait aucun mouvement, et qu’elle prendrait ses quartiers aussitôt que nous prendrions les nôtres ; qu’il n’y avait devant nous que de l’infanterie légère et des Prussiens ; que, du reste, ils étaient dans la misère et n’avaient pas plus de pain que nous<sup>[^2]</sup>.</p><p>J’attends avec impatience le récit de l’affaire de Braunsberg. Demain j’aurai ici le maréchal Davout, et le maréchal Ney sera près de Liebstadt. Il faut nous maintenir dans la position où nous sommes, puisque c’est elle qui protège Dantzig, qui nous fournit des vivres d’Elbing et nous donne une position formidable, puisqu’elle conduira promptement à la paix. Si, par des raisons quelconques, Braunsberg avait été évacué, mon intention est de le reprendre. La division Oudinot et tous les cuirassiers se mettent aussi en mouvement. Le général Boivin, avec le 2<sup>e</sup> régiment d’infanterie légère, est à Marienburg. Si vous étiez pressé, vous pourriez lui envoyer l’ordre de venir vous joindre à Holland ; mais ne lui en envoyez l’ordre que dans un cas pressé. Vous pourrez y joindre le billet ci-joint<sup>[^3]</sup>, que vous lui enverriez. Je vois avec peine que vous n’avez pas assez d’artillerie. Faites venir votre réserve de Thorn ; ce n’est qu’avec du canon qu’on fait la guerre. J’ai dans ce moment 95 000 hommes dans la main.</p><p>Il est en vérité bien extraordinaire que cette canaille de Prussiens veuille lever le ton. On a entendu du canon aujourd’hui de votre côté ; je désire fort savoir ce que c’est. C’est une diversion que l’ennemi aura voulu faire en faveur de Braunsberg. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir là des forces suffisantes pour vous en imposer. Si les indices que vous avez sont conformes aux notions générales que j’ai, culbutez tout ce qui aurait passé la Passarge.</p><p>Je vois avec peine que vous êtes un peu malade ; j’espère que ce ne sera rien, et que la force de l’âme surmontera cette indisposition.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Le général Korff. [^2]: Cela confirme la dissension qui existe au sein de l’état-major russe et de l’hostilité de la majorité des généraux envers les plans d’offensive du général en chef Bennigsen. [^3]: Voir plus bas la lettre à Boivin. [^4]: <span></span> Expédition, Archives nationales de Suède, fonds Bernadotte. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 872, février 1807, n° 178) : « <i>à 6 h du soir, portée par l’aide de camp Baudry</i> ». Il s’agit de Bauduy.</body>