CG7-14415.md

identifiantCG7-14415.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/02/26 00:00
titreNapoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14415. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Osterode, 26 février 1807</h2><p>Monsieur mon frère, j’ai reçu la lettre de Votre Majesté, en date du 17 février, qui m’a été remise par son aide de camp le colonel de Kleist. Je lui ai fait connaître ce que je pensais de la situation actuelle de nos affaires. Je désire mettre un terme aux malheurs de votre Maison et de vos peuples, et réorganiser promptement la monarchie prussienne, dont la puissance intermédiaire est nécessaire à la tranquillité de toute l’Europe.</p><p>Je désire la paix avec la Russie, et, si ce gouvernement n’a aucun projet sur la Turquie, il me semble qu’il serait possible de s’entendre. La paix avec l’Angleterre n’est pas moins nécessaire à tous les peuples ; et je n’aurais aucune difficulté à envoyer à Memel un plénipotentiaire pour assister à un congrès tenu entre la France, l’Angleterre, la Russie, la Prusse et la Porte.</p><p>Mais Votre Majesté comprendra, comme l’expérience des temps passés l’a prouvé, qu’il serait possible qu’un tel congrès restât plusieurs années en séance ; celui de Westphalie a, je crois, duré dix-huit ans. Cependant la situation de la Prusse ne permet pas cet état précaire et incertain pendant tout le temps qu’il faudrait pour discuter, commenter et concilier de pareils intérêts. Je pense donc que Votre Majesté me fera connaître bientôt qu’elle a adopté le parti le plus simple, le plus expéditif, celui qui est vraiment conforme au bien de ses peuples.</p><p>Ce que je prie Votre Majesté de tenir pour certain, c’est que je suis dans les dispositions les plus favorables pour le rétablissement de nos anciens rapports ; et même j’ajouterai que je désire un accommodement entre la Russie et l’Angleterre, si elles le veulent véritablement. J’aurais horreur de moi d’être la cause de l’effusion de tant de sang ; mais, si l’Angleterre croit cette effusion de sang utile à ses projets et à son monopole, qu’y puis-je ?<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span> Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1779. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 872, février 1807, n° 163) : « <i>portée par M. de Kleist, parti le 27 à la pointe du jour</i> ». </body>