CG1-0396.md

identifiantCG1-0396.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/01/10 00:00
titreNapoléon au général Berthier, chef de l’État-Major général de l’armée d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 396. - </b>Au général Berthier[^1], chef de l’État-Major général de l’armée d’Italie</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Paris, 20 nivôse an IV [10 janvier 1796]</h2><p><br/> </p><p>Vous ordonnerez aux adjudants généraux Charloc, Courveillère[^2], Lacroix et Solignac[^3] de se rendre à six heures précises, le premier au théâtre Louvois, le second au théâtre Feydeau, le troisième à l’opéra, le quatrième aux Italiens. Ils se placeront dans les loges destinées à l’état-major ; ils feront appeler l’adjudant de brigade de service et le chef des agents secrets de la police militaire, pour se concerter ensemble.</p><p>Vous donnerez les ordres pour qu’il y ait à la porte de ces quatre spectacles cinquante hommes du piquet de Saint-Roch. Vous ordonnerez à cinquante grenadiers de la Convention, à cent hommes du piquet de Saint-Roch et à cinquante dragons de se tenir prêts dans la cour de la Bibliothèque, où se tiendra le commandant de la place.</p><p>Vous ferez placer trois ordonnances à cheval à portée de chaque spectacle, afin de pouvoir être instruit de tout ce qui s’y passera.</p><p>Vous ordonnerez au citoyen Marné de se rendre au théâtre Feydeau avec six de ses agents les plus affidés, qui se répandront dans le parterre et dans les galeries et qui instruiront l’adjudant général, et désigneront les hommes qui par leur conduite turbulente seraient dans le cas d’être arrêtés. Il enverra également six de ces agents au théâtre des Italiens, dont un fera les fonctions de chef, et se présentera à la loge de l’adjudant général pour se faire reconnaître. Le citoyen Groisard se rendra à l’opéra avec les mêmes instructions ; il enverra six agents au théâtre de la République.</p><p>Les adjudants généraux commandant aux différents spectacles feront arrêter tout homme qui donnerait un acte d’improbation ou porterait quelque empêchement à l’exécution de l’arrêté du gouvernement ; ils placeront des sentinelles aux portes des loges d’où il serait parti des sifflets ou tout autre signe d’improbation tendant à empêcher l’exécution de l’ordre du gouvernement.</p><p>Si le bruit était tellement fort que l’acteur ne pût pas chanter et l’arrêté du gouvernement ne pas être exécuté, il ordonnerait au directeur de faire cesser la pièce, et ordonnerait aux spectateurs de se dissoudre. Ils préviendront le quartier général de tout ce qui pourrait se passer.</p><p>Le commandant de la place, avec le piquet de la Bibliothèque se portera partout où il sera nécessaire. Vous donnerez les ordres nécessaires à l’exécution du présent, et vous vous rendrez à six heures précises à l’état-major.</p><p>Vous ordonnerez à trente dragons de la garde du Directoire de seller et de se tenir prêts à brider.[^4]</p> [^1]: Louis Alexandre Berthier (1753-1815), ancien officier supérieur de l’armée royale, général de division en 1795, chef d’état-major de l’armée d’Italie, le 27 mars 1796. [^2]: Courveillère, adjudant général en Italie. [^3]: <span></span><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote22anc" name="sdfootnote22sym">0</a>Jean-Baptiste Solignac (1773-1850), il sert sous Bonaparte au 13 vendémiaire ce qui lui vaut d’être confirmé dans son grade d’adjudant général chef de brigade. Il rejoint l’armée d’Italie en septembre 1796 comme chef d’état major de Masséna. [^4]: <span></span>Georges Duruy,<i>Mémoires de Barras, membre du Directoire</i>, Hachette, 1895, t. 2, p. 27.</body>