CG7-14202.md

identifiantCG7-14202.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/01/28 00:00
titreNapoléon à Jérôme, commandant du 9e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 14202. - </b>À Jérôme, commandant du 9<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Varsovie, 28 janvier 1807, minuit</h2><p>Mon Frère, je reçois votre lettre du [22]<sup>[^1]</sup> janvier. J’imagine que Bertrand<sup>[^2]</sup> est sur son retour ; qu’il se presse de revenir, j’ai besoin de lui.</p><p>J’ai vu avec plaisir que 11 000 quintaux de farine sont partis de Breslau. Expédiez-nous 500 bœufs. J’ai vu aussi avec plaisir que vous aviez expédié de l’eau-de-vie de vin. Je fais donner des ordres au gouvernement pour qu’il ne soit fait aucune excursion sur la Silésie, que vous occupez. Écrivez-en à Kalisz. Actuellement mon plus pressant besoin est les munitions de guerre. Faites partir, vingt-quatre heures après la réception de cette lettre, un million de cartouches pour Varsovie, et 500 000 propres aux fusils polonais, c’est-à-dire dont la balle est plus petite ; il doit y en avoir à Breslau et à Brieg, parce que les Prussiens avaient deux calibres. J’ai donné des fusils du petit calibre aux Polonais.</p><p>Faites partir aussi les cartouches à balles et à boulets, et les munitions de guerre qu’aurait demandées le général d’artillerie<sup>[^3]</sup>, pour approvisionner les quatre-vingts pièces de canon prises aux Russes. Vous pouvez expédier plus tard les canons qu’il a demandés. Mais ces 1 500 000 cartouches et 5 ou 6 000 coups de canon du calibre indiqué par le général d’artillerie me sont absolument nécessaires. Dirigez, de Brieg sur Varsovie, 500 000 cartouches et un ou deux milliers de coups de canon. Enfin faites faire sur-le-champ trois millions de cartouches à Breslau. Je crois avoir vu dans vos états que vous avez trois millions de balles. Faites-en faire un million à Brieg. Ces quatre millions de cartouches sont nécessaires pour réparer les pertes que l’on va faire ; car je passe cette nuit la Vistule, et j’entre en campagne. La bonne saison m’a décidé à en profiter pour culbuter l’ennemi, qui vient de recevoir un renfort de 40 000 hommes.</p><p>Le maréchal Duroc<sup>[^4]</sup> reste à Varsovie ; il vous écrira fréquemment. Il est bon que vous ayez à Varsovie un de vos aides de camp, qui viendra vous instruire des nouvelles qu’on y recevrait. Il faut préparer vos ordres, pour que, si les événements le rendaient nécessaire, la moitié de votre corps pût se porter promptement sur Varsovie. L’autre moitié restera pour garder Breslau et Brieg. J’espère, comme vous pensez bien, n’avoir pas besoin de cette ressource. Le 6<sup>e</sup> et le 14<sup>e</sup> régiment bavarois et le 5<sup>e</sup> bataillon d’infanterie légère bavarois doivent vous avoir joint.</p><p>Il s’est commis beaucoup de désordres dans l’envoi des prisonniers de la garnison de Breslau ; le quart n’a pas passé Glogau ; le reste s’est échappé. C’est un véritable malheur, parce qu’il est à craindre qu’un jour ou l’autre ces gens-là ne se lèvent contre nous.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: <span></span> Cette date est absente de l’expédition, elle est donnée par la <i>Correspondance</i> ( n° 11716). [^2]: Le général et aide de camp. [^3]: Songis. [^4]: Comprendre : maréchal du Palais, car Duroc n’est que général de division. [^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 95.</body>