CG7-13990.md

identifiantCG7-13990.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1807/01/08 00:00
titreNapoléon au général Lagrange, gouverneur de Hesse-Kassel
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG7</i> - 13990. - </b>Au général Lagrange, gouverneur de Hesse-Kassel</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Varsovie, 8 janvier 1807</h2><p>Je reçois vos lettres du 26 décembre. J’avais déjà appris très vaguement qu’il y avait eu une insurrection à Kassel. J’espère que je recevrai bientôt un rapport détaillé. On dit que les rebelles ont pris un convoi de vingt pièces de canon et se sont emparés des armes qui étaient déposées dans plusieurs maisons communes, entre autres dans la maison commune de Hersfeld. C’est une grande imprudence d’avoir laissé des fusils ; j’avais bien recommandé qu’on n’en laissât pas.</p><p>Le régiment de Paris, fort de 1 400 hommes, et celui des fusiliers de ma Garde, fort de 1 400 hommes, doivent avoir passé par Kassel. Un régiment italien doit y avoir également passé. Ces trois régiments forment plus de 5 000 hommes, et, avec ce que vous avez, doivent vous composer pas moins de 8 000 hommes. Je suppose que vous avez retenu ces troupes et que vous vous en serez servi pour venger l’affront fait à mes armes.</p><p>Mon intention est que le principal village où est née l’insurrection soit brûlé, et que trente des principaux chefs soient passés par les armes. Un exemple éclatant est nécessaire pour comprimer la haine de ces paysans et de cette soldatesque. Si vous n’avez fait aucun exemple, faites-en sans délai ; cela est nécessaire pour le reste de l’Allemagne, où il serait bien funeste qu’il passât en principe qu’on peut se révolter impunément.</p><p>Si vous avez laissé passer le régiment de Paris et les fusiliers de ma Garde, écrivez au maréchal Kellermann de vous envoyer les 5<sup>e</sup>, 6<sup>e</sup> et 7<sup>e</sup> régiments provisoires. Ils sont composés de conscrits, il est vrai, mais qui sont conduits par d’anciens officiers. Que le mois ne se passe pas que le principal village, bourg ou petite ville, qui a donné le signal de l’insurrection soit brûlé, et qu’un grand nombre d’individus aient été fusillés. Voilà l’ordre positif que je vous envoie par un aide de camp du gouverneur de Berlin<sup>[^1]</sup>. Je ne crains pas un mouvement de guerre à Kassel. J’y enverrai, s’il est nécessaire, des troupes de Magdeburg. Il faut que le pays soit persuadé que toute levée de boucliers sera sévèrement punie.</p><p>Faites-moi un rapport détaillé sur toute cette affaire ; ne me dissimulez rien. Je ne puis regarder une insurrection dans l’État de Kassel, au mois de janvier, que comme un évènement heureux. La haine que les souverains de ce pays ont toujours nourrie parmi les habitants contre la France devait la faire prévoir. Il vaut mieux qu’elle ait éclaté dans ce moment que lorsque les Anglais auraient pu faire une descente sur l’Elbe. Il faut bien saisir le moment actuel pour les désarmer et laisser des traces qui restent dans les cantons qui se sont révoltés. Toute autre manière de se conduire serait funeste : 30 des principaux coupables fusillés, 2 ou 300 envoyés dans les citadelles de France, et le bourg ou la petite ville, principal foyer de révolte, brûlé, sont des exemples nécessaires, et les actes de vigueur sont humains en ce qu’ils empêchent la renaissance de nouvelles séditions.<sup>[^2]</sup></p> [^1]: Un aide de camp de Clarke ; probablement son cousin le capitaine Shée. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 872, janvier 1807, n° 62.</body>