| identifiant | CG6-13881.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/12/15 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13881. - </b>Au maréchal Soult</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Posen, 15 décembre 1806, 2 heures après midi.
</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Mon cousin, le 11 à 9 heures du matin, une division russe assez
considérable, avec douze pièces de canon, se porta au village de
Pomichowo, qu’elle attaqua. Le maréchal Davout<sup>[^1]</sup>
avait, au-delà de la Narew, du côté de la rive droite de la Wkra,
une tête de pont et les 25<sup>e</sup> et 85<sup>e</sup>. Quelque
supérieur que fût l’ennemi, il ne put rien faire. Il se contenta
de détruire la moitié du village avec des obus. Nous avons eu un
officier tué et vingt blessés. À deux heures après midi, l’ennemi
se retira. Le 12, une simple reconnaissance de quatre cents ennemis
vint au même village, et, après une légère fusillade, se retira.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Le 13, à midi, le pont sur la Vistule était terminé. Le pont sur
la Narew était également terminé. Le maréchal Augereau avait à
Utrata et Zakroczym quatre bataillons qui, depuis vingt-quatre
heures, travaillaient à se couvrir. Ils étaient en communication
avec ceux du maréchal Davout. Des bateaux et des radeaux étaient en
assez grand nombre pour espérer que le 14, dans la journée, le pont
serait construit là.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Le 14, le grand-duc de Berg<sup>[^2]</sup>
a dû passer la Narew avec une grande partie de sa réserve. Tous les
renseignements portaient que les deux routes de Grodno et Brzese<sup>[^3]</sup>
étaient couvertes de Russes qui marchaient dans le sens de la
Vistule. Ils paraissaient n’avoir qu’une avant-garde à Sierock.
Le 10, le quartier général d’un de leurs généraux était à
Pultusk. Voilà tous les renseignements.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Du côté du maréchal Ney<sup>[^4]</sup>,
l’ennemi était sur Strassburg, montrant une extrême
circonspection et beaucoup de cavalerie.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
J’ai donné l’ordre au maréchal Bessières<sup>[^5]</sup>,
qui, de sa personne, est arrivé à Thorn ce matin, d’exécuter le
mouvement que je lui ai prescrit. Tout me porte à penser que, le 17,
il aura des postes de cavalerie sur Rypin et Biezun.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
J’ai envoyé directement l’ordre au général Leval<sup>[^6]</sup>
de se porter, le 16, sur Thorn, et au maréchal Ney de partir, le 17
au matin, avec tout son corps d’armée, et de se diriger sur Rypin.
Ainsi donc, dans la journée du 17, vous vous trouverez avoir une
division à Thorn et deux à Brzese, sur la rive gauche de la
Vistule, et à Wloclawek.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Je donne ordre au maréchal Bernadotte<sup>[^7]</sup>
de se porter sur Thorn. Sa tête y arrivera le 18.</p><p>Pendant
la journée du 17, le général Leval aura envoyé une de ses
brigades de Gollub pour appuyer le maréchal Ney. Je suppose que, le
18, une partie de votre cavalerie légère et de votre infanterie
aura pu passer, et alors vous vous conduirez selon les circonstances.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Vous enverrez un officier au maréchal Bessières et au maréchal
Augereau<sup>[^8]</sup>
pour avoir des nouvelles.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Aussitôt que vous aurez mis le passage en train, il sera convenable
que vous vous portiez, de votre personne, sur la rive droite. Je ne
me flatte pas que vous trouviez des barques en suffisance pour
établir un pont, mais vous en trouverez assez pour passer une
division par jour. Du moment que votre cavalerie sera passée, elle
longera la Vistule sur la droite, pour avoir des nouvelles du
maréchal Augereau, à Zakroczym, et sur la rive gauche, pour le même
objet. C’est par là que vous parviendront mes ordres. Envoyez
quelqu’un au village de Plock pour qu’on sache toujours où vous
serez. Le maréchal Bessières avec toute sa cavalerie couvrira les
deux corps d’armée.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Le maréchal Ney tiendra constamment la gauche et vous la droite,
dont l’extrémité doit se réunir le plus tôt possible avec le
maréchal Augereau. Ces communications une fois faites, mes ordres
vous parviendront par là.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Votre parc et les autres objets qui ne pourraient pas passer,
dirigez-les sur le pont de Zakroczym, car les affaires auront lieu,
si l’ennemi ne s’en va pas, du côté de Pultusk. L’ennemi a le
plus grand intérêt à ne quitter Pultusk que le plus tard qu’il
pourra, car, si nous étions maîtres de Pultusk, nous nous
trouverions entre Brzese et Grodno.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Je serai de ma personne demain à Klodawa, où je coucherai ;
après, à Lowicz.<sup>[^9]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span></span> Commandant le 3<sup>e</sup> corps.
[^2]: Murat, commandant la réserve de cavalerie.
[^3]: Brest-Litovsk.
[^4]: <span></span> Commandant le 6<sup>e</sup> corps.
[^5]: <span></span> Commandant le 2<sup>e</sup> corps de la réserve de cavalerie.
[^6]: <span></span> Commandant la 2<sup>e</sup> division du 4<sup>e</sup> corps (Soult).
[^7]: <span></span> Commandant le 1<sup>er</sup> corps.
[^8]: <span></span> Commandant le 7<sup>e</sup> corps.
[^9]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11486, d’après le dépôt de la Guerre (en minute, Archives nationales, AF IV 871, décembre 1806, n° 176).</body> |
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