cambaceres_39

identifiantcambaceres_39
fait partie deCambacérès_Lebrun
est validéoui
date1812/10/24 00:00
titreCambacérès à Lebrun, gouverneur de Hollande
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CAMBACÉRÈS</i> - 39 - </b> L’ARCHICHANCELIER CAMBACÉRÈS, À LEBRUN, GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE HOLLANDE </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Paris, le 24 octobre 1812</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Prince, je m’empresse d’ajouter quelques détails à ceux que j’ai donnés hier à Votre Altesse Sérénissime, sur le complot qui venait d’éclater.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Malet, vêtu d’un habit de général, muni d’un sénatus-consulte qu’il avait fabriqué, et de proclamations dans lesquelles il annonçait la mort de Sa Majesté et l’établissement d’un gouvernement provisoire, s’est échappé d’une maison de santé où il était détenu, et s’est rendu chez le commandant de la 10e cohorte du premier ban. Celui-ci a mis à sa disposition cette cohorte avec laquelle il s’est transporté à 6 heures du matin à La Force d’où il a retiré Lahorie[^1] , Guidal[^2] , le général Faujas[^3] , les nommés Madier et Boccheciampe[^4] . Faujas et Madier sont revenus deux heures après se reconstituer prisonniers. Les autres, à la tête de divers détachements, ont été pour arrêter le ministre de la Police, le préfet de police et le général Hulin. Ils ont réussi sur les deux premiers points, et ont envoyé le ministre et le préfet à La Force ; le général Malet commandait l’expédition contre le général Hulin. Celui-ci ayant demandé à voir l’ordre en vertu duquel on l’arrêtait, Malet lui a tiré un coup de pistolet dans la tête, et l’a blessé fort dangereusement. Il s’est porté ensuite à l’état-major, pour arrêter le général Doucet. Celui-ci, aidé de l’adjudant Laborde, dont on ne peut trop louer la fermeté, est parvenu à se faire reconnaître de la troupe que commandait Malet, et l’a arrêté lui-même. Alors on s’est transporté au ministère de la Police, où Lahorie s’était déjà installé en qualité de ministre, et on l’a saisi. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Pendant que tout cela se passait, j’avais été averti du mouvement, et j’avais eu le temps, comme je l’ai mandé à Votre Altesse Sérénissime, de pourvoir à la sûreté de Saint-Cloud, et de faire prendre les armes à la Garde impériale. Cette brave troupe bien dirigée nous a tirés d’affaire. Le ministre, le préfet de police et Desmarets ont été dégagés. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">J’ai rassemblé les ministres, le matin aux Tuileries, et d’après leur avis, j’ai ordonné la formation d’une commission militaire, pour juger les coupables ; le soir on a entendu une partie des coupables, et les différents rapports. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Aujourd’hui tout est tranquille, et j’espère que sous 24 heures nous serons délivrés de ces scélérats. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il faut bénir le Ciel de ce que je n’ai point été arrêté, ainsi que le ministre de la Guerre. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Rien n’annonce que le complot ait des ramifications. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je renouvelle à Votre Altesse Sérénissime, l’hommage de mes sentiments.[^5] </p> <p style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Le prince archichancelier de l’Empire, </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Cambacérès </i></h3> [^1]: Victor-Claude-Alexandre Fanneau de Lahorie est fusillé à Paris le 28 octobre 1812. [^2]: Emmanuel-Maximilien-Joseph Guidal (1764-1812) est fusillé le 29 octobre 1812. [^3]: Alexandre-Balthazar Aymard de Faujas de Saint-Fond (1773-1832), détenu avec le général Madier de Lamartine (1774-1834). Les deux hommes sont en attente de jugement par le Haute-Cour impériale dans l’affaire de la reddition la Guadeloupe. [^4]: Joseph-Louis Boccheciampe, éphémère préfet de Paris, fusillé. [^5]: Archives familiales descendance Lebrun, LVI, n° 39.