Napoleon's letters to Bigot de Préameneu [1800-1815]
 
Napoleon's letters to Bigot : 1811 (June-December)


   [100] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er juin 1811
   [101] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 juin 1811
   [102] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 juin 1811
  

[103] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 19 juin 1811

   [104] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 juin 1811
   [105] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 28 juin 1811
  [106] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 juillet 1811

   [107] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 juillet 1811
   [108] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 25 juillet 1811
   [109] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 août 1811
   [110] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 août 1811
   [111] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 août 1811
   [112] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 août 1811
   [113] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 30 septembre 1811
   [114] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 octobre 1811
  

[115] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 9 octobre 1811

  

[116] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 octobre 1811

   [117] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 octobre 1811
   [118] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 octobre 1811
   [119] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 octobre 1811
   [120] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 octobre 1811
   [121] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 octobre 1811
   [122] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er novembre 1811
   [123] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1811
   [124] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1811
   [125] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 novembre 1811
   [126] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 novembre 1811
   [127] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 30 novembre 1811
   [128] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 15 décembre 1811
   [129] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 décembre 1811




 [100] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er juin 1811 (1)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie la lettre de Savone, afin que vous ayez la collection. J’attends que vous m’envoyiez la lettre du pape au Cardinal Fesch. Rapprochez cela de protestations qu’a faites le Pape, et mettez moi cela sous les yeux. Je suppose que vous avez préparé votre exposé et réuni toutes vos pièces. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Alençon, le 1er juin 1811
Napoléon


 [101] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 juin 1811 (2)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie la lettre de Savone, afin que vous ayez toujours la collection complette [sic]. J’ai chassé de chez moi l’évêque de Séez (3). J’ai fait arrêter et conduire à Paris un de ses chanoines nommés Gallois, et j’ai fait mettre les scellés sur ses papiers. Le Ministre secrétaire d’Etat vous enverra la démission de l’évêque. Il est impossible d’avoir eu plus mauvais esprit et tout allait mal dans ce diocèse. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Alençon, le 2 juin 1811
Napoléon


 [102] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 juin 1811 (4)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, remettez au ministre Marescalchi (5) le discours que vous devez prononcer demain à l’ouverture du Comité. Vous le lirez en français, et immédiatement après, le Comte Marescalchi le lira en italien. Je vous renvoie ce discours avec les changements que je consens à y faire.

A St. Cloud, le 18 juin 1811
Napoléon


 [103] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 19 juin 1811 (6)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous prie de vous rendre à S. Cloud aujourd’hui à 7 heures du matin, avec le cardinal, les évêques de Nantes et de Trêves et le Patriarche de Venise (7). Je vous prie également de dire à ces MMrs d’apporter tout ce qu’ils ont arrêté relativement à ces affaires du Conseil, des cérémonial, etc. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 19 juin 1811 à 5 hres du matin
Napoléon


 [104] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 juin 1811 (8)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, j’ai toujours sur le cœur ce serment prêté au Pape, qui me paraît fort intempestif. Faites des recherches pour savoir ce que veut dire ce serment, s’il était d’usage et comment les Parlements voyaient cela (9). Ayez soin de ne rien laisser imprimer que je ne l’ai vu. Le mandement même ne doit pas être imprimé avant que vous me l’ayez fourni. Veillez à ce qu’il n’y ait dans l’assemblée aucun folliculaire ni étranger. Il faut qu’il n’y ait que les évêques. Quant aux prêtres qu’on propose d’y admettre, j’autoriserai si cela est absolument nécessaire, l’entrée d’une dizaine de prêtres dont vous me remettrez avant la liste avec des renseignements sur chacun d’eux. Il faut que ce soit de bons prêtres et non des réacteurs. Le rapport que vous faites au Concile ne doit pas être imprimé (10). Vous devez simplement le remettre après l’avoir lu au Comité du Concile. Ce Comité ne pourra faire imprimer son rapport que quand je l’aurai approuvé, en n’y joignant que les pièces qui seront convenues (11). Il est nécessaire que vous veniez souvent à mon lever me rendre compte de ce qui se sera passé. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 20 juin 1811
Napoléon


 [105] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 28 juin 1811 (12)

Monsieur le Comte Bigot-Préameneu, faites moi connaître 1° Les changements qu’on a faits à l’adresse que le Concile doit me présenter, 2° Si elle est signée par tous les évêques (13). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 28 juin 1811
P.S. Venez ce soir me rendre compte de cela
Napoléon

 [106] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 juillet 1811 (14)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie le rapport de l’archevêque de Tours où j’ai effacé des choses qui m’ont paru inconvenantes (15). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Trianon, le 21 juillet 1811
Napoléon


 [107] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 juillet 1811 (16)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, il est nécessaire que vous fassiez demander à Mgr l’archevêque de Tours et aux évêques de Nantes et de Trêves les originaux des pouvoirs de chancellerie, et les originaux des instructions, lettre de pouvoirs signée de moi, qu’ils avaient pour négocier avec le Pape (17). L’usage est de remettre en pièces originales sans en tirer copie. S’il en avait été tiré copie, il faudrait indiquer dans quel lieu elle se trouverait.- Vous ferez connaître en confidence à ces évêques que je désire qu’ils adhèrent comme les autres, afin de ne point se séparer de la masse des évêques. – Je suppose que vous avez tous les procès-verbaux du Concile et le sceau, s’il y en a eu. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Trianon, le 22 juillet 1811
Vous me rendrez compte de toutes les affaires mercredi
Napoléon


 [108] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 25 juillet 1811 (18)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, je vous renvoie des pièces que je reçois du Cardinal Fesch, pour joindre à celle que vous avez. Je désire que ce soir à quatre heures vous vous rendiez à S. Cloud avec tous les papiers relatifs au Concile, toutes les lettres que les évêques ont écrit aux Papes dans diverses circonstances, tous les documents relatifs à ces affaires, enfin avec tous les actes particuliers d’adhésion que vous avez reçus. Menez avec vous le Ministre des Cultes d’Italie qui portera les pièces qu’il a du Royaume d’Italie.
Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud le 25 juillet 1811 à 11 heures du matin
Napoléon


 [109] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 août 1811 (19)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, la députation qui se rendra à Savone sera composée (20)
de l’archevêque de Tours 
(21),
du Patriarche de Venise 
(22),
de l’évêque de Nantes 
(23),
de l’archevêque de Malines 
(24)
de l’évêque de Feltre 
(25)
et de l’évêque de Plaisance 
(26).
Réunissez ces six évêques pour les prévenir de se tenir prêts à partir. Discutez avec eux les questions : 1° Comment le pape doit-il donner son approbation au décret du Concile ?
2° le décret du Concile comprendra tous les évêchés de l’Empire, même l’évêché de Rome.
Toute réserve que le pape ferait pour l’évêché de Rome, je ne l’accepterai ni n’y mettrai d’opposition, mais pour tout évêché autre que celui de Rome, je ne pourrais en admettre. Cela romprait l’unité de mon Empire. Bois-le-Duc, Munster, la Toscane, l’Illyrie, tous les évêchés environnant Rome doivent être compris dans le décret, hors l’évêché de Rome. Mon intention n’est pas d’avoir à Rome un beaucoup plus grand nombre d’évêchés que dans les autres pays de mon Empire. Ainsi, non seulement je ne reviendrai pas sur ceux qui sont supprimés mais je suis dans l’intention de m’entendre avec le pape pour en supprimer d’autres. En France, il y a un évêque par 500 000 âmes. A Rome, j’aurai un évêque pour 100 000 âmes, ce qui fera pour les deux départements, 6 ou 7 évêchés. Le pape n’a rien à voir aux limites temporelles de mes Etats : tout pays qui se trouverait réuni à la France sera soumis au décret. L’Illyrie et Corfou sont compris dans ces principes. Si mes Etats acquéraient un accroissement du côté de l’Espagne ou d’un autre côté, les pays s’y trouveraient compris de fait 
(27).
Ayez une conférence là dessus aujourd’hui, et présentez-moi demain un projet d’instruction d’après ces bases, afin que la députation puisse partir au plus tard dans la journée du 18. Il paraît que l’on dénie que les évêques partent avant les Cardinaux ou en même temps.
Je vous renvoie votre rapport pour que vous le lisiez aux évêques Députés et que vous preniez leur opinion.
Envoyez au Conseil d’Etat le projet de décret que vous m’avez fourni. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 16 août 1811
Napoléon


 [110] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 août 1811 (28)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, des vicaires apostoliques exercent dans différentes parties de l’Empire, notamment à Bois le Duc (29). Présentez-moi un projet de décret à rendre en Conseil d’Etat pour que ces vicaires aient à cesser sur le champ toutes fonctions et même à s’éloigner. Ils seront remplacés dans le gouvernement des catholiques de ces pays par des vicaires nommés par moi. – Consultez là dessus les évêques qu Concile ; voyez quelle est la manière légale d’arranger cette affaire, et posez bien la question. Je ferais plutôt fermer les églises d’Amsterdam et du Brabant hollandais que de souffrir des vicaires apostoliques (30). Il me paraîtrait en effet préférable de n’avoir pas de culte dans ces pays, à en avoir un dirigé par des agents du pape sans l’intermédiaire de l’évêché. Faites comprendre en même temps aux évêques de quel scandale serait cette affaire dans des départemens protestants, où tout récemment encore, le culte n’avait qu’un exercice toléré (31). – Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St Cloud, le 16 août 1811
Napoléon


 [111] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 août 1811 (32)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, pour rendre la députation qui se rend auprès du pape plus solennelle, mon intention est d’envoyer 9 évêques au lieu de 6 (33). A cet effet, les évêques de Pavie, de Trêves et d’Evreux se sont joints aux 6 autres (34). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 17 août 1811
Napoléon


 [112] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 août 1811 (35)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, vous trouverez ci-joint l’instruction signée de moi pour les évêques qui vont à Savone. Vous la leur remettrez en original et contresignée par vous, et vous en garderez une copie.
Vous réunirez les cardinaux qui ont demandé à se rendre à Savone et vous leur communiquerez les instructions que je donne aux évêques 
(36). Vous leur ferez connaître que s’ils sont de l’opinion que le Pape doive arranger toutes ces affaires, j’autorise leur voyage à Savone, et qu’ils peuvent partir incontinent ; que je désire qu’arrivés à Savone, ils n’écrivent à qui que ce soit et ne soient l’intermédiaire d’aucune affaire auprès du Pape ; que si le Pape adhère au décret du Concile, ils peuvent rester à Savone pour lui servir de conseils dans les affaires ultérieures et les arrangemens [sic] qui suivront ; que si le pape refuse son approbation, ils doivent retourner à Paris. Mettez cela par écrit, et remettez-le leur signé de vous. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 17 août 1811
Napoléon


 [113] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 30 septembre 1811 (37)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, je vous renvoie l’original du Bref du pape (38). Gardés le sans le communiquer à qui que ce soit jusqu’à mon retour (39). Mon ministre Secrétaire d’Etat vous a fait connoître mes intentions pour le renvoi des évêques dans leurs diocèses afin de ne pas attendre la saison où des vieillards ne sçauroient [sic] passer les Alpes sans de graves inconvénients (40).
Je vous ai également fait mander d’écrire aux évêques députés à Savone de revenir en apportant avec eux l’institution de tous les évêques nommés aux sièges vacants 
(41). Je désire qu’ils se trouvent à Paris à mon arrivée, afin de voir le parti qu’il y aura à prendre.
Il me semble que le meilleur seroit celui-ci : regarder le bref comme non avenu, puisqu’il est adressé aux évêques, cela ne me concerne pas, et publier comme loi de l’Etat le premier décret du concile national, par lequel il se déclare compétent et le second, en ordonnant leur insertion au Bulletin des lois, pour les rendre obligatoires. Quant au Bref, il serait envoyé aux évêques pour leur gouverne, sans lui donner aucune publicité.
Cependant un bref ne peut pas être envoyé sans avoir été enregistré au Conseil d’Etat. Il faut donc que le Conseil enregistre celui-ci. Il fera, s’il y a lieu, les réserves nécessaires pour conserver les privilèges de l’Eglise Gallicane. Mais puisque le pape, au lieu de ratifier purement et simplement le décret du Concile, a fait un bref comme il l’a voulu, il me semble que je dois y ajouter ce qui me convient. Ainsi, je publie un décret rendu au Conseil d’Etat où sera rapporté mot pour mot le décret du Concile, dans lequel on ne fera point mention qu’il doit être soumis au Pape. Quant à l’enquête à faire par le métropolitain pour s’assurer des bonnes mœurs et de la foi de l’évêque à instituer, on dira que cette enquête sera faicte [sic] par le métropolitain, mais qu’il ne pourra point l’envoyer à la Cour Pontificale et que s’il en résultoit que l’individu n’eut point la foi ou les caractères nécessaires, le métropolitain ne feroit son rapport au ministre des Cultes : qu’enfin si le métropolitain, sans avoir rien à objecter contre l’individu, se refusoit au bout de six mois à donner l’institution, sous prétexte de défense secrettes [sic], ou pour tout autre motif, il seroit traduit devant les tribunaux, comme rebelle aux lois de l’Etat et de l’Eglise, comme voulant mettre le désordre dans la société en inquiétant les consciences des citoyens, et condamné à la perte de ses fonctions épiscopales, à la privation des droits de citoyens et à la réclusion pour la vie. Sans ce moyen, on ne sera sûr de rien, car les papes par des lettres secrettes deffendront [sic]de donner l’institution aux évêques nommés.
Il est aussi convenable que ces maximes s’étendent à tous les pays réunis à l’empire et que le Pape, par aucun acte patent ou secret ne puisse ne priver le métropolitain de son droit, ni le dispenser de l’obligation de conférer l’institution.
Il est convenable que vous m’écriviez sur ce projet. Surtout, il faut le tenir secret et gagner du temps jusqu’à mon arrivée. J’attends que le pape fasse des démarches ultérieures. Vous pourriez cependant montrer le Bref à la commission, après lui avoir fait jurer le secret ; afin qu’elle puisse faire des recherches et préparer le travail.
Je pense qu’il est convenable de dire dans le considérant que le pape a refusé deux fois de donner l’institution canonique aux évêques, ainsi qu’il l’avoit fait en Allemagne, ce qui y a fait périr l’épiscopat ; que nous étions résolus de revenir au droit commun de l’Eglise qui accorde ce droit aux métropolitains et aux synodes provinciaux ; mais que les prélats de notre empire réunis en concile national ayant pris le décret suivant, nous avons voulu, par amour pour la paix et dans l’espérance que ce décret mettroit un terme aux prétentions de la cour pontificale de détruire l’épiscopat pour gouverner les diocèses par des vicaires apostoliques, ordonner la publication de ce décret du concile et son exécution comme loi des états : de là, toutes les modifications et précautions prises pour maintenir les dispositions de ce décret.
Il faudrait aussi finir par déclarer que si jamais, pour quelque cause que se puisse être, le décret ne produisoit pas ce résultat efficace d’assurer le remplacement des évêques dans l’espace d’un an, nous entendons rentrer dans le droit commun de l’Eglise, tel qu’il était avant l’existence du Concordat.
Voilà les idées principales sur lesquelles vous aurés [sic] à faire rédiger le projet. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Anvers, le 30 septembre 1811
Napoléon


 [114] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 octobre 1811 (42)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je ne veux point de sulpiciens dans le séminaire de Paris (43). Je vous l’ai dit cent fois, je vous le répète pour la dernière, prenez des mesures telles que cette Congrégation soit dissoute (44). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Utrecht, le 8 octobre 1811
Napoléon


 [115] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 9 octobre 1811 (45)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, je vous renvoie vos lettres. Vous avez bien fait d’exiger que tous les évêques, même ceux qui n’avaient pas de bulles rentrent à leurs diocèses, et que personne ne reste à Paris. Renvoyez également mes aumôniers, hormis le Cardinal et l’Evêque de Versailles qui se trouve près de son diocèse (46). – Envoyez-moi les lettres à signer pour les différents sièges vacants, afin de voir si le Pape veut ou non donner l’institution à mes évêques. Faites connaître aux évêques députés que je ne répondrai à aucune lettre, que je ne prendrai aucune décision que lorsque mes évêques auront leurs bulles (47). Je suis trop vieux et trop accoutumé aux mœurs italiennes pour me laisser duper pas eux. Les évêques doivent insister là dessus avec la plus grande force. Je ne recevrai même pas la députation, si elle ne rapporte les bulles d’institution de tous mes évêques. Je ne renverrai le bref (48) au Conseil d’Etat, pour être communiqué aux évêques, que lorsque tous les diocèses vacants auront leurs bulles. Il faut que la députation des évêques vous envoie un procès verbal constatant qu’ils ont notifié au Pape que le décret s’applique à tous les évêchés de l’Empire dont les Etats de Rome font partie (49). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Sorcum le 6 octobre 1811
Napoléon


 [116] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 octobre 1811 (50)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, j’ai reçu les différentes lettres au St Père pour l’institution des évêchés. Je crois qu’il faut faire l’opération toute à la fois. Présentez-moi des nominations pour tous les évêchés vacants, pour Verceil<?>, Séez, etc. Le ministre des cultes d’Italie doit également me présenter des nominations aux évêchés italiens vacants. Il faut arranger les choses de manière qu’il y ait un évêque des Etats de Rome, d’Italie et un de France. Il faut également comprendre dans ces présentations l’évêché de Bois le Duc. Par ce moyen, le Pape donnant des bulles à tous les évêques, le décret du concile se trouve bien ratifié, et ne laisse plus aucun prétexte pour la suite. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Amsterdam le 13 octobre 1811


 [117] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 octobre 1811 (51)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, j’ai vu dans votre dernier travail des demandes pour exempter du service militaire 239 étudiants qui se destinent à l’état ecclésiastique et pour la nomination à 148 bourses dans les séminaires (52). J’ai rayé parmi ces demandes toutes celles qui étoient relatives aux évêchés de Saint Brieuc, Bordeaux, Gand, Tournai, Troyes et des Alpes Maritimes (53); parce que je ne suis pas satisfait des principes que manifestent les évêques de ces dioçèses. Mon intention est que vous ne me proposiés [sic], pour ces arrondissements, aucune exemption de service pour des conscrits, aucune nomination à des bourses, à des cures, à des canonicats (54). Vous me ferés [sic] un rapport sur les diocèses qu’il seroit convenable de frapper de cette interdiction. Cette manière d’opérer doit être tenue très secrette. Quand les évêques insisteront sur les nominations, vous leur ferés [sic] connoitre que j’ai refusé mon approbation. Désormais, vous serés [sic] responsable si vous me présentés [sic] soit une bourse à donner, soit un conscrit à exempter, dans un séminaire où les principes de l’Eglise Gallicane ne soient pas soigneusement enseignés. Prenés [sic] des mesures pour en être bien informé et commencés [sic] par vous assurer de ce qui se passe auprès de vous dans le diocèse de Paris. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Amsterdam, le 22 octobre 1811
Napoléon


 [118] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 octobre 1811 (55)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vois que les demandes en autorisation de chapelles domestiques se multiplient. Désormais, ces permissions d’établir des oratoires deviennent un objet digne d’attention. Je veux bien en accorder pour les maisons de campagne, mais il faut y mettre la condition qu’on sera obligé d’aller dans telle circonstance à la paroisse. Il y a trop de ces chapelles à Paris (56). Je désire que vous me fassiés un rapport sur cet objet. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Amsterdam, le 22 octobre 1811
Napoléon


 [119] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 octobre 1811 (57)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je reçois votre lettre et vos rapports du 20. Vous devez garder tout ce que vous recevez de Savone, in statu quo. A mon arrivée à Paris, toutes les affaires s’arrangeront. En attendant, il ne faut préjuger rien. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Amsterdam, le 23 octobre 1811


 [120] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 octobre 1811 (58)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je reçois votre lettre du 21 octobre avec le projet de décret qui y est joint. Je pense que ce décret ne serait pas propre à rétablir la paix et qu’il serait plus convenable de publier les deux décrets du Concile comme lois de l’Etat, et de rejeter la publication du Bref, pour que les passages improuvés en soient retranchés. Il faut, par un décret, partir de l’approbation des décrets du Concile et les proclamer comme lois de l’Etat ; et en même temps émettre en avis du Conseil d’Etat portant que le Bref du Pape ne peut être publié, comme contenant des articles contraires à nos libertés, et que ce bref ne sera publié qu’autant qu’on en supprimera les mots... Le bref sera ensuite renvoyé au Pape avec une lettre de vous à un des cardinaux ou même à Bertalozzi (59); et il faudra bien que le pape en passe par là. Le Bref revenant pur et simple, on le publiera alors purement et simplement. Cela donnera la sanction à tout et lèvera toutes les difficultés. Mais il serait maladroit de publier un bref avec des réserves. Ce serait perpétuer les divisions. Le fait est que l’Eglise est dans une crise ; que l’on attende dix mois ou même un an, il faut qu’elle en sorte. Il faut donc traiter la matière dans cet esprit. – Avant que le pape soit instruit de ces difficultés et des empêchements que le Conseil met à la publication du bref, on aura soin qu’il institue tous les évêchés vacants. Dès ce moment, les décrets du Concile seront publiés comme lois de l’Etat, et les évêques seront institués. Le Pape ne pourra obtenir l’arrangement de ses affaires, passer outre ni exercer aucune juridiction spirituelle qu’il n’ait approuvé les décrets du Concile ; et sa position sera empirée, d’autant plus qu’il aura institué tous les évêques, qu’il verra les décrets publiés et faisant loi, et que cela éloigne nécessairement ses affaires de bien des années. Vous voyez que dans ces matières, il faut marcher avec circonspection. Je vous recommande le plus grand secret. Il faut ne rien dire au Cardinal Fesch, aux évêques de la députation, ni à qui que ce soit. Il sera même bon que le dénouement vienne du Conseil d’Etat et soit unanime. Il sera utile qu’il y ait un mémoire bien fait là dessus distribué au Conseil d’Etat, qui dise qu’admettre les prétentions du Pape, c’est détruire le droit commun, etc. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Rotterdam, le 26 octobre 1811
Napoléon


 [121] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 octobre 1811 (60)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous ai prescrit de fair partir pour leur diocèse tous les évêques indistinctement. Je vois cependant que plusieurs sont encore à Paris, entre autre l’évêque de Saint-Flour auquel vous avez dit que vous aviez reçu des bulles du Pape (61). Je vous recommande encore de ne rien dire et de faire partir tout le monde, j’en excepte cependant les évêques de la commission, de ne donner aucune bulle, et de garder le plus profond secret sur toutes les affaires ecclésiastiques. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa Sainte garde.

A Rotterdam, le 26 octobre 1811
Napoléon


 [122] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er novembre 1811 (62)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous renvoie les lettres de Savone, afin qu’il ne s’égare rien de la collection. – Répondez vous-même au médecin Sorta que vous avez mis sa lettre sous les yeux de l’Empereur, que S. M. a mis en marge, d’Amsterdam, que quelque discussion qu’il y ait eu entre le Pape et S. M et quoiqu’elles aient été plus ou moins vives, S.M. considérerait toujours les services personnels rendus au Pape, comme s’ils avaient été rendus à Elle-même ; que le médecin Porta n’avait qu’à faire connaître ce qu’il désirait, et que son traitement lui serait payé, comme au temps où le Pape était à Rome ; qu’en conséquence il lui était alloué un traitement de douze mille francs depuis le moment qu’il avait quitté Rome, lequel traitement lui serait continué, tant qu’il demeurerait avec le Pape ; que vous allez lui envoyer une ordonnance de payement, et qu’il vous fasse connaître depuis quand il a cessé d’être payé. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Wesel, le 1er 9bre 1811
Napoléon


 [123] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1811 (63)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous renvoie votre rapport. Apportez moi demain après la messe la pièce relative à cette affaire, la bulle et le rapport de la Commission, afin que cela puisse servir de matière à une première lettre à la Députation.

A St. Cloud, le 16 novembre 1811
Napoléon


 [124] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1811 (64)

Monsieur le comte Bigot Préameneu, je vous envoie un rapport de Bovara. Je désire que vous vous concertiez avec le ministre pour faire un travail général pour l’Italie, pour Rome et la Toscane. S’il faut frapper, il faut frapper convenablement, et par un système. Il ne faut point souffrir que, dans cette contrée, il y ait des évêchés qui aient moins de 100 000 âmes. Ce travail une fois fait et approuvé, on verra à profiter d’un moment favorable pour le mettre à exécution. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 16 novembre 1811
Napoléon


 [125] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 novembre 1811 (65)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous renvoie vos lettres. Il ne faut pas faire attention à l’incartade de l’archevêque de Rouen. Le parti qu’il a pris me paraît sage. Il faut le citer aux évêques comme un exemple à suivre, puisque par là nous serons débarrassés des Ecoles secondaires ecclésiastiques (66). Du reste, vous ne devez pas lui répondre et ne pas faire attention à ce qu’il a fait. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 21 novembre 1811
Napoléon


 [126] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 novembre 1811 (67)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, faites moi connaître quels sont les séminaires qui sont desservis par les Sulpiciens, afin de les éloigner également de ces séminaires (68). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 22 novembre 1811
Napoléon


 [127] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 30 novembre 1811 (69)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous renvoie les différentes lettres que vous m’avez communiquées.
Si les vicaires de Troyes ne sont pas chanoines, mon intention est que jusqu’à ce que j’en aie ordonné autrement, ils conservent le traitement de vicaires généraux 
(70). S’ils sont chanoines, je n’ai rien à faire. – Vous me représenterez ce qui est relatif à l’évêché de Troyes, puisque ce diocèse n’est plus interdit. Aussitôt que les chapitres de Gand et de Tournay seront soumis, vous ferez la même chose pour les deux diocèses. Dès lors, les évêchés interdits ne seront plus que ceux de Saint-Brieuc, de Bordeaux et des Alpes Maritimes. – il est indispensable que vous écriviez aux préfets de prendre des renseignements, afin de bien vous assurer des principes qu’on enseigne dans les séminaires de St Brieuc, de Bordeaux et des Alpes Maritimes ayant lieu d’avoir peu de confiance dans les évêques de ces diocèses. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 30 novembre 1811


 [128] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 15 décembre 1811 (71)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous renvoie votre rapport sur la singulière prétention de l’évêque de Paderborn (72). Ecrivez-lui par le canal de mon ministre à Cassel, et demandez lui des lettres du vicaire apostolique, pour les faire passer au Conseil d’Etat. Peut-être découvrira-t-on dans ces lettres quelque chose qui nous donnera des lumières utiles. Ces lettres seront en effet présentées au Conseil d’Etat et serviront à faire émaner un décret sur cette matière. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 15 décembre 1811


 [129] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 décembre 1811 (73)

Monsieur le comte Bigot de Préameneu, je vous envoie une note extraite du bulletin de police, relative au voyage de treize ecclésiastiques pour aller demander les ordres de l’évêque de Munster. Témoignez votre mécontentement au Préfet de la Roër de ce qu’il s’est permis de leur donner des passeports sans vous en référer avant. Mon intention est qu’en général vous n’accordiez l’autorisation de consacrer aucun ecclésiastique dans les diocèses qui n’ont pas leur évêque. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 23 décembre 1811
Napoléon

         
 
1)
Correspondance, 22, p. 231, N° 17739  [retour]
 
2)
Lecestre, 2, p. 137, N°831, d’après AF IV 891  [retour]
 
3)
Mgr Chevigné de Boischollet (11746-1812), évêque de Séez dans l’Orne depuis 1802, il est accusé d’avoir conservé des liens avec la chouannerie, et contraint à la démission par Napoléon lui-même, le 5 juin 1810, à l’occasion du voyage que l’Empereur effectue en Normandie. Il est assigné à résidence à Nantes où il meurt le 23 février 1812.  [retour]
 
4)
Correspondance, 22, p. 301, N° 17822. Discours imprimé édité page suivante.  [retour]
 
5)
Ferdinando Marescalchi (1764-1816), ministre des Relations extérieures du Royaume d’Italie, en résidence à Paris.  [retour]
 
6)
Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 750, p. 336.  [retour]
 
7)
Le cardinal Maury, Duvoisin, Mannay et Caselli.  [retour]
 
8)
Inédit  [retour]
 
9)
Le concile de 1811, dit aussi Concile national avait ouvert ses travaux, le 17 juin, en présence de 104 évêques, originaires de l’Empire, mais aussi du royaume d’Italie. Le cardinal Fesch qui préside le concile avait prêté serment, puis reçu des autres évêques le serment d’obéissance à l’Eglise et au pape, selon la tradition des conciles. Napoléon s’émeut de cette prestation de serment et critique vivement l’attitude de son oncle, qui se défend en arguant de la tradition des conciles, ce qui explique la demande de Napoléon d’effectuer des recherches en ce sens.  [retour]
10)
Ce rapport, que Bigot avait déjà soumis à la Commission ecclésiastique, était très sévère pour l’attitude du pape.  [retour]
 
11)
Napoléon entend laisser une très faible liberté de mouvement et de parole aux évêques réunis en concile.  [retour]
 
12)
Haussonville, IV, 418.  [retour]
 
13)
En réponse au rapport présenté par Bigot, les évêques devaient rédiger une adresse à Napoléon. Cette rédaction avait été confiée à Mgr Duvoisin, théologien réputé en même temps que très proche des idées de Napoléon. Or il provoqua de vives résistances parmi les évêques, notamment italiens, en incluant dans son texte une adhésion explicite aux quatre articles de 1682. L’adresse ne fut pas signée. Napoléon décommanda la réception des évêques, prévue à Saint-Cloud le 30 juin.  [retour]
 
14)
Lecestre, 2, p. 145, N°836, d’après AF IV 892. Haussonville, IV, 420.  [retour]
 
15)
Suspendu le 8 juillet 1811, le concile national reprend ses travaux le 2 août. Entre temps trois évêques qui avaient protesté contre les demandes formulées par Napoléon ont été emprisonnés. Mais fin juillet, Bigot a réussi à convaincre quatre-vingts évêques de poursuivre les discussions sur l’institution canonique.  [retour]
  16) Correspondance, 22, p. 399, N° 17939.  [retour]
 
17)
A Savone, en mai, Barral, Duvoisin et Mannay avaient fait admettre au pape le principe d’une investiture canonique confiée au métropolitain au bout de six mois de refus du pape. Pie VII était ensuite revenu sur cet accord.  [retour]
 
18)
Correspondance, 22, p. 402, N° 17944  [retour]
 
19)
Correspondance, 22, p. 478-479, N° 18036 [retour]
20)
Dans la séance du 5 août, le concile a adopté de nouvelles règles pour l’investiture canonique des évêques, conformes à ce que désirait Napoléon. Mais les évêques ont mis une réserve à leur adoption, à savoir que le pape souscrive à ce décret. C’est pour cette raison qu’une délégation est envoyée à Savone.  [retour]
 
21)
Barral  [retour]
 
22)
Etienne Bonsignore (1738-1826), évêque de Faenza depuis 1807, venait d’être nommé archevêque de Venise par Napoléon, le 9 février 1811. Il n’avait pas reçu l’investiture canonique du pape. En 1815 il réintègre son diocèse de Faenza.  [retour]
 
23)
Duvoisin  [retour]
 
24)
Dufour de Pradt  [retour]
 
25)
Bernard-Marie Carenzoni (1748-1811), évêque de Feltre depuis 1786, meurt à Paris quatre jours plus tard. Il n’a donc pas participé à la délégation envoyée à Savone.  [retour]
 
26)
Etienne-François Fallot de Beaumont (1750-1835), évêque de Vaison avant la Révolution, puis évêque de Gand en 1802, il est promu évêque de Plaisance en 1807.  [retour]
 
27)
Napoléon outrepasse, dans ses instructions, le cadre prévu par le concile national qui n’avait envisagé que le cadre de la France et du Royaume d’Italie. Se pose notamment le problème des Etats romains, hors Rome, dont le pape n’a jamais admis la perte et a fortiori la réorganisation. En outre, Napoléon précise son intention de remanier à sa guise la carte des diocèses, ce qui ne peut qu’irriter le pape.  [retour]
 
28)
Correspondance, 22, p. 479-480, N° 18036  [retour]
 
29)
Les Provinces-Unis, devenu Royaume de Hollande, peuplées majoritairement de protestants, étaient considérés par le Saint-Siège comme une terre de mission. Elles dépendaient donc directement de la Congrégation De Propaganda Fide, c’est pourquoi les catholiques étaient, en Hollande, sous la juridiction de vicaires apostoliques, nommés par le pape. Antoine van Alphen était vicaire apostolique à Bois-le-Duc depuis 1782. Napoléon paraît oublier qu’il a été arrêté et emprisonné en avril 1810. Le projet de création d’un diocèse à Bois-le-Duc, auquel il désirait nommer l’abbé de Pauw, vicaire général de Gand, ne semble pas avoir abouti. En revanche, après le rattachement de la Hollande à la France en 1810, Napoléon a créé de son propre chef deux autres évêchés, à Munster et Osnabruck, auxquels il nomme, en avril 1813, deux évêques, qui, pas plus qu’en France, n’obtiennent l’investiture canonique du pape.  [retour]
30)
Le rejet des vicaires apostoliques vient de ce qu’ils ne relèvent que du pape. Napoléon n’a aucun droit de regard sur leur nomination. Cette position est à rapprocher du rejet plus général des évêques in partibus.  [retour]
 
31)
Napoléon rappelle ici qu’il a introduit le principe de la liberté religieuse en Hollande et permis ainsi le développement du catholicisme, culte minoritaire dans ce pays.  [retour]
 
32)
Correspondance, 22, p. 486, N° 18044  [retour]
  33) En fait, elle n’en comprend que huit, du fait de la mort de Mgr Carenzoni.  [retour]
 
34)
Paul-Lambert d’Allègre (1751-1821) a été nommé évêque de Pavie par Napoléon en septembre 1807. Les évêques de Trèves et Evreux sont Mannay et Bourlier.  [retour]
 
35)
Correspondance, 22, p. 484, N° 18043  [retour]
 
36)
Lattier de Bayanne, Dugnani, Doria, Duffo et Roverella.  [retour]
 
37)
Correspondance, 22, p. 579, N° 18155  [retour]
 
38)
Pie VII avait accepté de souscrire au décret du concile national, mais en y apportant quelques modifications. Napoléon réserve sa réponse, mais la suite de la lettre montre qu’il entend déjà repousser le bref du pape et imposer le décret du concile comme loi de l’Empire, sans tenir compte des réserves du pape. La crise n’est donc pas réglée.  [retour]
 
39)
Napoléon visite alors la Belgique. Il est à Anvers le 30 septembre. [retour]
  
40)
Napoléon marque la clôture du concile, en renvoyant les évêques dans leur diocèse.  [retour]
 
41)
Au cours de la négociation, la délégation envoyée à Savone avait obtenu que Pie VII signe les bulles d’institution canonique des évêques nommés par Napoléon, mais cela ne régla pas la crise, car ces bulles ne furent pas enregistrées par le Conseil d’Etat.  [retour]
 
42)
Correspondance, 22, p. 589-590, N° 18168.  [retour]
 
43)
Menacés en février 1810, les sulpiciens avaient pu rester comme professeurs au séminaire. La reprise des tensions avec la papauté les condamne, car ils sont considérés comme favorables aux thèses du pape. Ils sont remplacés par des prêtres séculiers.  [retour]
 
44)
La Compagnie de Saint-Sulpice est dissoute le 26 octobre 1811. Les Sulpiciens doivent abandonner les douze séminaires qu’ils dirigent.  [retour]
 
45)
Correspondance, 22, p. 587, N° 18163. Lecestre, 2, p. 171, N°878, d’après AF IV 894. Haussonville, V, 423.  [retour]
 
46)
La mesure prise contre les aumôniers s’explique par le fait que deux d’entre eux, Boulogne et Broglie ont failli lors du concile. Napoléon ne conserve à ses côtés que le cardinal Fesch, mais la brouille n’est pas loin, et Mgr Charrier de La Roche (1738-1827), ancien évêque constitutionnel de Rouen, évêque de Versailles depuis 1802.  [retour]
 
47)
La députation à Savone est invitée à poursuivre ses négociations pour obtenir l’investiture des évêques déjà nommés.  [retour]
 
48)
Bref du 20 septembre sur le décret du concile.  [retour]
 
49)
C’est sur ce dernier point que la négociation achoppe, car le pape refuse de reconnaître le rattachement des Etats romains à la France. [retour]
50)
Correspondance, 22, p. 592, N° 18173  [retour]
 
51)
Lecestre, 2, p. 171, N°886, d’après AF IV 894. Haussonville, V, p. 146 et 433. [retour]
 
52)
Depuis 1808, l’Empire avait encouragé les vocations ecclésiastiques, en attribuant 8000 bourses aux divers grands séminaires du pays et en permettant aux séminaristes se destinant à l’état ecclésiastique d’échapper à l’armée.  [retour]
53)
Les mesures de rétorsion touchent les diocèses dont les évêques ont figuré dans l’opposition aux propositions de Napoléon au concile. Les évêques de Troyes, Tournai et Gand (Boulogne, Hirn et Broglie) sont en prison. Les autres, Caffarelli de Saint-Brieuc, Colonna d’Istria de Nice, Aviau du Bois de Sanzay de Bordeaux avaient animé la minorité hostile aux projets napoléoniens.  [retour]
  54) C’est-à-dire les fonctions ecclésiastiques soumises à l’approbation du gouvernement.  [retour]
  55) Lecestre, 2, p. 171-172, N°890, d’après AF IV 894  [retour]
  56) En particulier dans les hôtels particuliers. Napoléon se méfie de ces lieux de réunion privés où l’on peut comploter contre le régime.  [retour]
  57) Haussonville, V, p. 434-435.  [retour]
  58) Haussonville, V, p. 436-437.  [retour]
  59) Mgr Bertalozzi, ancien aumônier de Pie VII, archevêque in partibus d'Edesse, arrêté en juillet 1811 et emprisonné à Paris. [retour]
60) Correspondance, 22, p. 621, N° 18205.  [retour]
  61) Guillaume-Auguste Jaubert (1762-1825), vicaire général de Bordeaux, est nommé évêque de Saint-Flour le 25 février 1809. Le pape lui avait effectivement adressé des bulles datées du 13 octobre 1811, conformément aux négociations engagées par les émissaires du concile, mais le Conseil d’Etat avait refusé de les enregistrer.  [retour]
  62) Correspondance, 22, p. 635, N° 18222  [retour]
  63) Haussonville, V, p. 456.  [retour]
  64) Lecestre, 2, p. 176, N°897, d’après AF IV 895  [retour]
  65) Lecestre, 2, p. 119, N°898, d’après AF IV 895  [retour]
  66) A la suite du décret du 15 novembre 1811 réduisant à un par département le nombre de petits séminaires alors appelés écoles secondaires ecclésiastiques, le cardinal Cambacérès, archevêque de Rouen, avait décidé de fermer purement et simplement son séminaire. Il est vrai que, malgré ses liens avec l’archichancelier, il entretenait avec le gouvernement des relations houleuses depuis 1805, sans entrer cependant dans l’opposition.  [retour]
  67) Correspondance, 23, p. 34, N° 18280  [retour]
  68) Les séminaires dirigés par les sulpiciens sont les suivants [entre parenthèses figure le nombre de sulpiciens par séminaire, d’après un rapport de Bigot à Napoléon du 31 mai 1810] : Paris (7), Aix (2), Angers (1), Autun (3), Bourges (1), Clermont (2), Limoges (2), Lyon (5), Nantes (2), Saint-Flour (2), Toulouse (1, Viviers (1).  [retour]
  69) Lecestre, 2, p. 181, N°905, d’après AF IV 895. Première phrase absente dans Lecestre, mais publiée par Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 967, p. 306.  [retour]
70) La démission forcée de l’évêque de Troyes, Mgr de Boulogne, en novembre 1811, a permis de pourvoir à son remplacement provisoire. Ses vicaires généraux ayant été évincés par le gouvernement, deux vicaires capitulaires, qui étaient chanoines de Troyes, ont été élus par le chapitre ; ce sont les abbés Arvisenet et Tresfort.  [retour]
  71) Lecestre, 2, p. 186, N°914, d’après AF IV 889  [retour]
  72) François Egon von Fürstenberg (1737-1825), élu évêque coadjuteur par le chapitre de Paderborn le 12 juin 1786, nommé vicaire apostolique pour les missions du Nord en mai 1789.  [retour]
  73) Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 981, p. 391. [retour]