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[100]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 1er juin 1811 (1)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie la lettre de Savone, afin que vous ayez la collection.
Jattends que vous menvoyiez la lettre du pape au Cardinal
Fesch. Rapprochez cela de protestations qua faites le Pape,
et mettez moi cela sous les yeux. Je suppose que vous avez préparé
votre exposé et réuni toutes vos pièces. Sur
ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Alençon, le 1er juin 1811
Napoléon
[101]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 2 juin 1811 (2)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie la lettre de Savone, afin que vous ayez toujours la
collection complette [sic]. Jai chassé de chez moi lévêque
de Séez (3).
Jai fait arrêter et conduire à Paris un de ses
chanoines nommés Gallois, et jai fait mettre les scellés
sur ses papiers. Le Ministre secrétaire dEtat vous enverra
la démission de lévêque. Il est impossible
davoir eu plus mauvais esprit et tout allait mal dans ce diocèse.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Alençon, le 2 juin 1811
Napoléon
[102]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 18 juin 1811 (4)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
remettez au ministre Marescalchi (5)
le discours que vous devez prononcer demain à louverture
du Comité. Vous le lirez en français, et immédiatement
après, le Comte Marescalchi le lira en italien. Je vous renvoie
ce discours avec les changements que je consens à y faire.
A St. Cloud, le 18 juin 1811
Napoléon
[103]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 19 juin 1811 (6)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
je vous prie de vous rendre à S. Cloud aujourdhui à
7 heures du matin, avec le cardinal, les évêques de Nantes
et de Trêves et le Patriarche de Venise (7).
Je vous prie également de dire à ces MMrs dapporter
tout ce quils ont arrêté relativement à
ces affaires du Conseil, des cérémonial, etc. Sur ce
je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 19 juin 1811 à 5 hres du matin
Napoléon
[104]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 20 juin 1811 (8)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
jai toujours sur le cur ce serment prêté
au Pape, qui me paraît fort intempestif. Faites des recherches
pour savoir ce que veut dire ce serment, sil était dusage
et comment les Parlements voyaient cela (9).
Ayez soin de ne rien laisser imprimer que je ne lai vu. Le mandement
même ne doit pas être imprimé avant que vous me
layez fourni. Veillez à ce quil ny ait dans
lassemblée aucun folliculaire ni étranger. Il
faut quil ny ait que les évêques. Quant aux
prêtres quon propose dy admettre, jautoriserai
si cela est absolument nécessaire, lentrée dune
dizaine de prêtres dont vous me remettrez avant la liste avec
des renseignements sur chacun deux. Il faut que ce soit de bons
prêtres et non des réacteurs. Le rapport que vous faites
au Concile ne doit pas être imprimé (10).
Vous devez simplement le remettre après lavoir lu au
Comité du Concile. Ce Comité ne pourra faire imprimer
son rapport que quand je laurai approuvé, en ny
joignant que les pièces qui seront convenues (11).
Il est nécessaire que vous veniez souvent à mon lever
me rendre compte de ce qui se sera passé. Sur ce je prie Dieu
quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 20 juin 1811
Napoléon
[105]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 28 juin 1811 (12)
Monsieur le Comte Bigot-Préameneu,
faites moi connaître 1° Les changements quon a faits
à ladresse que le Concile doit me présenter, 2°
Si elle est signée par tous les évêques (13).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 28 juin 1811
P.S. Venez ce soir me rendre compte de cela
Napoléon
[106]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 21 juillet 1811 (14)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie le rapport de larchevêque de Tours où
jai effacé des choses qui mont paru inconvenantes (15).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Trianon, le 21 juillet 1811
Napoléon
[107]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 22 juillet 1811 (16)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
il est nécessaire que vous fassiez demander à Mgr larchevêque
de Tours et aux évêques de Nantes et de Trêves
les originaux des pouvoirs de chancellerie, et les originaux des instructions,
lettre de pouvoirs signée de moi, quils avaient pour
négocier avec le Pape (17).
Lusage est de remettre en pièces originales sans en tirer
copie. Sil en avait été tiré copie, il
faudrait indiquer dans quel lieu elle se trouverait.- Vous ferez connaître
en confidence à ces évêques que je désire
quils adhèrent comme les autres, afin de ne point se
séparer de la masse des évêques. Je suppose
que vous avez tous les procès-verbaux du Concile et le sceau,
sil y en a eu. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa
Sainte garde.
A Trianon, le 22 juillet 1811
Vous me rendrez compte de toutes les affaires mercredi
Napoléon
[108]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 25 juillet 1811 (18)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie des pièces que je reçois du Cardinal
Fesch, pour joindre à celle que vous avez. Je désire
que ce soir à quatre heures vous vous rendiez à S. Cloud
avec tous les papiers relatifs au Concile, toutes les lettres que
les évêques ont écrit aux Papes dans diverses
circonstances, tous les documents relatifs à ces affaires,
enfin avec tous les actes particuliers dadhésion que
vous avez reçus. Menez avec vous le Ministre des Cultes dItalie
qui portera les pièces quil a du Royaume dItalie.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud le 25 juillet 1811 à 11 heures du matin
Napoléon
[109]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 août 1811 (19)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
la députation qui se rendra à Savone sera composée (20)
de larchevêque de Tours (21),
du Patriarche de Venise (22),
de lévêque de Nantes (23),
de larchevêque de Malines (24)
de lévêque de Feltre (25)
et de lévêque de Plaisance (26).
Réunissez ces six évêques pour les prévenir
de se tenir prêts à partir. Discutez avec eux les questions :
1° Comment le pape doit-il donner son approbation au décret
du Concile ?
2° le décret du Concile comprendra tous les évêchés
de lEmpire, même lévêché de
Rome.
Toute réserve que le pape ferait pour lévêché
de Rome, je ne laccepterai ni ny mettrai dopposition,
mais pour tout évêché autre que celui de Rome,
je ne pourrais en admettre. Cela romprait lunité de mon
Empire. Bois-le-Duc, Munster, la Toscane, lIllyrie, tous les
évêchés environnant Rome doivent être compris
dans le décret, hors lévêché de Rome.
Mon intention nest pas davoir à Rome un beaucoup
plus grand nombre dévêchés que dans les
autres pays de mon Empire. Ainsi, non seulement je ne reviendrai pas
sur ceux qui sont supprimés mais je suis dans lintention
de mentendre avec le pape pour en supprimer dautres. En
France, il y a un évêque par 500 000 âmes. A Rome,
jaurai un évêque pour 100 000 âmes, ce qui
fera pour les deux départements, 6 ou 7 évêchés.
Le pape na rien à voir aux limites temporelles de mes
Etats : tout pays qui se trouverait réuni à la France
sera soumis au décret. LIllyrie et Corfou sont compris
dans ces principes. Si mes Etats acquéraient un accroissement
du côté de lEspagne ou dun autre côté,
les pays sy trouveraient compris de fait (27).
Ayez une conférence là dessus aujourdhui, et présentez-moi
demain un projet dinstruction daprès ces bases,
afin que la députation puisse partir au plus tard dans la journée
du 18. Il paraît que lon dénie que les évêques
partent avant les Cardinaux ou en même temps.
Je vous renvoie votre rapport pour que vous le lisiez aux évêques
Députés et que vous preniez leur opinion.
Envoyez au Conseil dEtat le projet de décret que vous
mavez fourni. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa
Sainte garde.
A St. Cloud, le 16 août 1811
Napoléon
[110]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 août 1811 (28)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
des vicaires apostoliques exercent dans différentes parties
de lEmpire, notamment à Bois le Duc (29).
Présentez-moi un projet de décret à rendre en
Conseil dEtat pour que ces vicaires aient à cesser sur
le champ toutes fonctions et même à séloigner.
Ils seront remplacés dans le gouvernement des catholiques de
ces pays par des vicaires nommés par moi. Consultez
là dessus les évêques qu Concile ; voyez quelle
est la manière légale darranger cette affaire,
et posez bien la question. Je ferais plutôt fermer les églises
dAmsterdam et du Brabant hollandais que de souffrir des vicaires
apostoliques (30).
Il me paraîtrait en effet préférable de navoir
pas de culte dans ces pays, à en avoir un dirigé par
des agents du pape sans lintermédiaire de lévêché.
Faites comprendre en même temps aux évêques de
quel scandale serait cette affaire dans des départemens protestants,
où tout récemment encore, le culte navait quun
exercice toléré (31).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St Cloud, le 16 août 1811
Napoléon
[111]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 17 août 1811 (32)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
pour rendre la députation qui se rend auprès du pape
plus solennelle, mon intention est denvoyer 9 évêques
au lieu de 6 (33).
A cet effet, les évêques de Pavie, de Trêves et
dEvreux se sont joints aux 6 autres (34).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 17 août 1811
Napoléon
[112]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 17 août 1811 (35)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
vous trouverez ci-joint linstruction signée de moi pour
les évêques qui vont à Savone. Vous la leur remettrez
en original et contresignée par vous, et vous en garderez une
copie.
Vous réunirez les cardinaux qui ont demandé à
se rendre à Savone et vous leur communiquerez les instructions
que je donne aux évêques (36).
Vous leur ferez connaître que sils sont de lopinion
que le Pape doive arranger toutes ces affaires, jautorise leur
voyage à Savone, et quils peuvent partir incontinent
; que je désire quarrivés à Savone, ils
nécrivent à qui que ce soit et ne soient lintermédiaire
daucune affaire auprès du Pape ; que si le Pape adhère
au décret du Concile, ils peuvent rester à Savone pour
lui servir de conseils dans les affaires ultérieures et les
arrangemens [sic] qui suivront ; que si le pape refuse son approbation,
ils doivent retourner à Paris. Mettez cela par écrit,
et remettez-le leur signé de vous. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 17 août 1811
Napoléon
[113]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 30 septembre 1811 (37)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie loriginal du Bref du pape (38).
Gardés le sans le communiquer à qui que ce soit jusquà
mon retour (39).
Mon ministre Secrétaire dEtat vous a fait connoître
mes intentions pour le renvoi des évêques dans leurs
diocèses afin de ne pas attendre la saison où des vieillards
ne sçauroient [sic] passer les Alpes sans de graves inconvénients (40).
Je vous ai également fait mander décrire aux évêques
députés à Savone de revenir en apportant avec
eux linstitution de tous les évêques nommés
aux sièges vacants (41).
Je désire quils se trouvent à Paris à mon
arrivée, afin de voir le parti quil y aura à prendre.
Il me semble que le meilleur seroit celui-ci : regarder le bref comme
non avenu, puisquil est adressé aux évêques,
cela ne me concerne pas, et publier comme loi de lEtat le premier
décret du concile national, par lequel il se déclare
compétent et le second, en ordonnant leur insertion au Bulletin
des lois, pour les rendre obligatoires. Quant au Bref, il serait envoyé
aux évêques pour leur gouverne, sans lui donner aucune
publicité.
Cependant un bref ne peut pas être envoyé sans avoir
été enregistré au Conseil dEtat. Il faut
donc que le Conseil enregistre celui-ci. Il fera, sil y a lieu,
les réserves nécessaires pour conserver les privilèges
de lEglise Gallicane. Mais puisque le pape, au lieu de ratifier
purement et simplement le décret du Concile, a fait un bref
comme il la voulu, il me semble que je dois y ajouter ce qui
me convient. Ainsi, je publie un décret rendu au Conseil dEtat
où sera rapporté mot pour mot le décret du Concile,
dans lequel on ne fera point mention quil doit être soumis
au Pape. Quant à lenquête à faire par le
métropolitain pour sassurer des bonnes murs et
de la foi de lévêque à instituer, on dira
que cette enquête sera faicte [sic] par le métropolitain,
mais quil ne pourra point lenvoyer à la Cour Pontificale
et que sil en résultoit que lindividu neut
point la foi ou les caractères nécessaires, le métropolitain
ne feroit son rapport au ministre des Cultes : quenfin
si le métropolitain, sans avoir rien à objecter contre
lindividu, se refusoit au bout de six mois à donner linstitution,
sous prétexte de défense secrettes [sic], ou pour tout
autre motif, il seroit traduit devant les tribunaux, comme rebelle
aux lois de lEtat et de lEglise, comme voulant mettre
le désordre dans la société en inquiétant
les consciences des citoyens, et condamné à la perte
de ses fonctions épiscopales, à la privation des droits
de citoyens et à la réclusion pour la vie. Sans ce moyen,
on ne sera sûr de rien, car les papes par des lettres secrettes
deffendront [sic]de donner linstitution aux évêques
nommés.
Il est aussi convenable que ces maximes sétendent à
tous les pays réunis à lempire et que le Pape,
par aucun acte patent ou secret ne puisse ne priver le métropolitain
de son droit, ni le dispenser de lobligation de conférer
linstitution.
Il est convenable que vous mécriviez sur ce projet. Surtout,
il faut le tenir secret et gagner du temps jusquà mon
arrivée. Jattends que le pape fasse des démarches
ultérieures. Vous pourriez cependant montrer le Bref à
la commission, après lui avoir fait jurer le secret ; afin
quelle puisse faire des recherches et préparer le travail.
Je pense quil est convenable de dire dans le considérant
que le pape a refusé deux fois de donner linstitution
canonique aux évêques, ainsi quil lavoit
fait en Allemagne, ce qui y a fait périr lépiscopat
; que nous étions résolus de revenir au droit commun
de lEglise qui accorde ce droit aux métropolitains et
aux synodes provinciaux ; mais que les prélats de notre
empire réunis en concile national ayant pris le décret
suivant, nous avons voulu, par amour pour la paix et dans lespérance
que ce décret mettroit un terme aux prétentions de la
cour pontificale de détruire lépiscopat pour gouverner
les diocèses par des vicaires apostoliques, ordonner la publication
de ce décret du concile et son exécution comme loi des
états : de là, toutes les modifications et précautions
prises pour maintenir les dispositions de ce décret.
Il faudrait aussi finir par déclarer que si jamais, pour quelque
cause que se puisse être, le décret ne produisoit pas
ce résultat efficace dassurer le remplacement des évêques
dans lespace dun an, nous entendons rentrer dans le droit
commun de lEglise, tel quil était avant lexistence
du Concordat.
Voilà les idées principales sur lesquelles vous aurés
[sic] à faire rédiger le projet. Sur ce je prie Dieu
quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Anvers, le 30 septembre 1811
Napoléon
[114]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 8 octobre 1811 (42)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je ne veux point de sulpiciens dans le séminaire de Paris (43).
Je vous lai dit cent fois, je vous le répète pour
la dernière, prenez des mesures telles que cette Congrégation
soit dissoute (44).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Utrecht, le 8 octobre 1811
Napoléon
[115]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 9 octobre 1811 (45)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
je vous renvoie vos lettres. Vous avez bien fait dexiger que
tous les évêques, même ceux qui navaient
pas de bulles rentrent à leurs diocèses, et que personne
ne reste à Paris. Renvoyez également mes aumôniers,
hormis le Cardinal et lEvêque de Versailles qui se trouve
près de son diocèse (46).
Envoyez-moi les lettres à signer pour les différents
sièges vacants, afin de voir si le Pape veut ou non donner
linstitution à mes évêques. Faites connaître
aux évêques députés que je ne répondrai
à aucune lettre, que je ne prendrai aucune décision
que lorsque mes évêques auront leurs bulles (47).
Je suis trop vieux et trop accoutumé aux murs italiennes
pour me laisser duper pas eux. Les évêques doivent insister
là dessus avec la plus grande force. Je ne recevrai même
pas la députation, si elle ne rapporte les bulles dinstitution
de tous mes évêques. Je ne renverrai le bref (48)
au Conseil dEtat, pour être communiqué aux évêques,
que lorsque tous les diocèses vacants auront leurs bulles.
Il faut que la députation des évêques vous envoie
un procès verbal constatant quils ont notifié
au Pape que le décret sapplique à tous les évêchés
de lEmpire dont les Etats de Rome font partie (49).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Sorcum le 6 octobre 1811
Napoléon
[116]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 13 octobre 1811 (50)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
jai reçu les différentes lettres au St Père
pour linstitution des évêchés. Je crois
quil faut faire lopération toute à la fois.
Présentez-moi des nominations pour tous les évêchés
vacants, pour Verceil<?>, Séez, etc. Le ministre des
cultes dItalie doit également me présenter des
nominations aux évêchés italiens vacants. Il faut
arranger les choses de manière quil y ait un évêque
des Etats de Rome, dItalie et un de France. Il faut également
comprendre dans ces présentations lévêché
de Bois le Duc. Par ce moyen, le Pape donnant des bulles à
tous les évêques, le décret du concile se trouve
bien ratifié, et ne laisse plus aucun prétexte pour
la suite. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Amsterdam le 13 octobre 1811
[117]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 22 octobre 1811 (51)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
jai vu dans votre dernier travail des demandes pour exempter
du service militaire 239 étudiants qui se destinent à
létat ecclésiastique et pour la nomination à
148 bourses dans les séminaires (52).
Jai rayé parmi ces demandes toutes celles qui étoient
relatives aux évêchés de Saint Brieuc, Bordeaux,
Gand, Tournai, Troyes et des Alpes Maritimes (53);
parce que je ne suis pas satisfait des principes que manifestent les
évêques de ces dioçèses. Mon intention
est que vous ne me proposiés [sic], pour ces arrondissements,
aucune exemption de service pour des conscrits, aucune nomination
à des bourses, à des cures, à des canonicats (54).
Vous me ferés [sic] un rapport sur les diocèses quil
seroit convenable de frapper de cette interdiction. Cette manière
dopérer doit être tenue très secrette. Quand
les évêques insisteront sur les nominations, vous leur
ferés [sic] connoitre que jai refusé mon approbation.
Désormais, vous serés [sic] responsable si vous me présentés
[sic] soit une bourse à donner, soit un conscrit à exempter,
dans un séminaire où les principes de lEglise
Gallicane ne soient pas soigneusement enseignés. Prenés
[sic] des mesures pour en être bien informé et commencés
[sic] par vous assurer de ce qui se passe auprès de vous dans
le diocèse de Paris. Sur ce je prie Dieu quil vous ait
en Sa Sainte garde.
A Amsterdam, le 22 octobre 1811
Napoléon
[118]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 22 octobre 1811 (55)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vois que les demandes en autorisation de chapelles domestiques
se multiplient. Désormais, ces permissions détablir
des oratoires deviennent un objet digne dattention. Je veux
bien en accorder pour les maisons de campagne, mais il faut y mettre
la condition quon sera obligé daller dans telle
circonstance à la paroisse. Il y a trop de ces chapelles à
Paris (56).
Je désire que vous me fassiés un rapport sur cet objet.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Amsterdam, le 22 octobre 1811
Napoléon
[119]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 23 octobre 1811 (57)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je reçois votre lettre et vos rapports du 20. Vous devez garder
tout ce que vous recevez de Savone, in statu quo. A mon arrivée
à Paris, toutes les affaires sarrangeront. En attendant,
il ne faut préjuger rien. Sur ce je prie Dieu quil vous
ait en Sa Sainte garde.
A Amsterdam, le 23 octobre 1811
[120]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 26 octobre 1811 (58)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je reçois votre lettre du 21 octobre avec le projet de décret
qui y est joint. Je pense que ce décret ne serait pas propre
à rétablir la paix et quil serait plus convenable
de publier les deux décrets du Concile comme lois de lEtat,
et de rejeter la publication du Bref, pour que les passages improuvés
en soient retranchés. Il faut, par un décret, partir
de lapprobation des décrets du Concile et les proclamer
comme lois de lEtat ; et en même temps émettre
en avis du Conseil dEtat portant que le Bref du Pape ne peut
être publié, comme contenant des articles contraires
à nos libertés, et que ce bref ne sera publié
quautant quon en supprimera les mots... Le bref sera ensuite
renvoyé au Pape avec une lettre de vous à un des cardinaux
ou même à Bertalozzi (59);
et il faudra bien que le pape en passe par là. Le Bref revenant
pur et simple, on le publiera alors purement et simplement. Cela donnera
la sanction à tout et lèvera toutes les difficultés.
Mais il serait maladroit de publier un bref avec des réserves.
Ce serait perpétuer les divisions. Le fait est que lEglise
est dans une crise ; que lon attende dix mois ou même
un an, il faut quelle en sorte. Il faut donc traiter la matière
dans cet esprit. Avant que le pape soit instruit de ces difficultés
et des empêchements que le Conseil met à la publication
du bref, on aura soin quil institue tous les évêchés
vacants. Dès ce moment, les décrets du Concile seront
publiés comme lois de lEtat, et les évêques
seront institués. Le Pape ne pourra obtenir larrangement
de ses affaires, passer outre ni exercer aucune juridiction spirituelle
quil nait approuvé les décrets du Concile ;
et sa position sera empirée, dautant plus quil
aura institué tous les évêques, quil verra
les décrets publiés et faisant loi, et que cela éloigne
nécessairement ses affaires de bien des années. Vous
voyez que dans ces matières, il faut marcher avec circonspection.
Je vous recommande le plus grand secret. Il faut ne rien dire au Cardinal
Fesch, aux évêques de la députation, ni à
qui que ce soit. Il sera même bon que le dénouement vienne
du Conseil dEtat et soit unanime. Il sera utile quil y
ait un mémoire bien fait là dessus distribué
au Conseil dEtat, qui dise quadmettre les prétentions
du Pape, cest détruire le droit commun, etc. Sur ce je
prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Rotterdam, le 26 octobre 1811
Napoléon
[121]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 26 octobre 1811 (60)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous ai prescrit de fair partir pour leur diocèse tous les
évêques indistinctement. Je vois cependant que plusieurs
sont encore à Paris, entre autre lévêque
de Saint-Flour auquel vous avez dit que vous aviez reçu des
bulles du Pape (61).
Je vous recommande encore de ne rien dire et de faire partir tout
le monde, jen excepte cependant les évêques de
la commission, de ne donner aucune bulle, et de garder le plus profond
secret sur toutes les affaires ecclésiastiques. Sur ce je prie
Dieu quil vous ait en sa Sainte garde.
A Rotterdam, le 26 octobre 1811
Napoléon
[122]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 1er novembre 1811 (62)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous renvoie les lettres de Savone, afin quil ne ségare
rien de la collection. Répondez vous-même au médecin
Sorta que vous avez mis sa lettre sous les yeux de lEmpereur,
que S. M. a mis en marge, dAmsterdam, que quelque discussion
quil y ait eu entre le Pape et S. M et quoiquelles aient
été plus ou moins vives, S.M. considérerait toujours
les services personnels rendus au Pape, comme sils avaient été
rendus à Elle-même ; que le médecin Porta
navait quà faire connaître ce quil
désirait, et que son traitement lui serait payé, comme
au temps où le Pape était à Rome ; quen
conséquence il lui était alloué un traitement
de douze mille francs depuis le moment quil avait quitté
Rome, lequel traitement lui serait continué, tant quil
demeurerait avec le Pape ; que vous allez lui envoyer une ordonnance
de payement, et quil vous fasse connaître depuis quand
il a cessé dêtre payé. Sur ce je prie Dieu
quil vous ait en Sa Sainte garde.
Wesel, le 1er 9bre 1811
Napoléon
[123]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 novembre 1811 (63)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous renvoie votre rapport. Apportez moi demain après la
messe la pièce relative à cette affaire, la bulle et
le rapport de la Commission, afin que cela puisse servir de matière
à une première lettre à la Députation.
A St. Cloud, le 16 novembre 1811
Napoléon
[124]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 novembre 1811 (64)
Monsieur le comte Bigot Préameneu,
je vous envoie un rapport de Bovara. Je désire que vous vous
concertiez avec le ministre pour faire un travail général
pour lItalie, pour Rome et la Toscane. Sil faut frapper,
il faut frapper convenablement, et par un système. Il ne faut
point souffrir que, dans cette contrée, il y ait des évêchés
qui aient moins de 100 000 âmes. Ce travail une fois
fait et approuvé, on verra à profiter dun moment
favorable pour le mettre à exécution. Sur ce je prie
Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 16 novembre 1811
Napoléon
[125]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 21 novembre 1811 (65)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous renvoie vos lettres. Il ne faut pas faire attention à
lincartade de larchevêque de Rouen. Le parti quil
a pris me paraît sage. Il faut le citer aux évêques
comme un exemple à suivre, puisque par là nous serons
débarrassés des Ecoles secondaires ecclésiastiques (66).
Du reste, vous ne devez pas lui répondre et ne pas faire attention
à ce quil a fait. Sur ce je prie Dieu quil vous
ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 21 novembre 1811
Napoléon
[126]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 22 novembre 1811 (67)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
faites moi connaître quels sont les séminaires qui sont
desservis par les Sulpiciens, afin de les éloigner également
de ces séminaires (68).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 22 novembre 1811
Napoléon
[127]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 30 novembre 1811 (69)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous renvoie les différentes lettres que vous mavez
communiquées.
Si les vicaires de Troyes ne sont pas chanoines, mon intention est
que jusquà ce que jen aie ordonné autrement,
ils conservent le traitement de vicaires généraux (70).
Sils sont chanoines, je nai rien à faire.
Vous me représenterez ce qui est relatif à lévêché
de Troyes, puisque ce diocèse nest plus interdit. Aussitôt
que les chapitres de Gand et de Tournay seront soumis, vous ferez
la même chose pour les deux diocèses. Dès lors,
les évêchés interdits ne seront plus que ceux
de Saint-Brieuc, de Bordeaux et des Alpes Maritimes. il est
indispensable que vous écriviez aux préfets de prendre
des renseignements, afin de bien vous assurer des principes quon
enseigne dans les séminaires de St Brieuc, de Bordeaux et des
Alpes Maritimes ayant lieu davoir peu de confiance dans les
évêques de ces diocèses. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 30 novembre 1811
[128]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 15 décembre 1811 (71)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous renvoie votre rapport sur la singulière prétention
de lévêque de Paderborn (72).
Ecrivez-lui par le canal de mon ministre à Cassel, et demandez
lui des lettres du vicaire apostolique, pour les faire passer au Conseil
dEtat. Peut-être découvrira-t-on dans ces lettres
quelque chose qui nous donnera des lumières utiles. Ces lettres
seront en effet présentées au Conseil dEtat et
serviront à faire émaner un décret sur cette
matière. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte
garde.
A Paris, le 15 décembre 1811
[129]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 23 décembre 1811 (73)
Monsieur le comte Bigot de Préameneu,
je vous envoie une note extraite du bulletin de police, relative au
voyage de treize ecclésiastiques pour aller demander les ordres
de lévêque de Munster. Témoignez votre mécontentement
au Préfet de la Roër de ce quil sest permis
de leur donner des passeports sans vous en référer avant.
Mon intention est quen général vous naccordiez
lautorisation de consacrer aucun ecclésiastique dans
les diocèses qui nont pas leur évêque. Sur
ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris, le 23 décembre 1811
Napoléon
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