Napoleon's letters to Bigot de Préameneu [1800-1815]
 
Napoleon's letters to Bigot : 1810 (June-December)


   [49] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 9 juin 1810
   [50] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 juin 1810
   [51] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 juin 1810
  

[52] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 juin 1810

   [53] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 juin 1810
   [54] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 27 juin 1810
   [55] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 12 juillet 1810
   [56] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 juillet 1810
   [57] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 juillet 1810
   [58] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 juillet 1810
   [59] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 7 août 1810
   [60] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 10 août 1810
   [61] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 août 1810
   [62] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 août 1810
   [63] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 28 août 1810
   [64] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 4 septembre 1810
   [65] Extrait d’une lettre adressée à S. M. l’Empereur sur le père Altieri
   [66] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 15 septembre 1810
   [67] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 septembre 1810
   [68] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 octobre 1810
   [69] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1810
   [70] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 29 novembre 1810
   [71] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 décembre 1810
   [72] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 décembre 1810
   [73] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 décembre 1810
   [74] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 décembre 1810




 [49] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 9 juin 1810 (1)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, j’ai reçu le compte que vous m’avez rendu sur les cardinaux. Vous ne devez point les presser davantage (2). Vous les ferez venir chez vous et vous leur ferez connaître que sur le refus qu’ils ont fait de prêter serment et de donner leur démission, j’ai pris le parti de supprimer leurs évêchés ; que je ne leur saurai aucun mauvais gré de leur conduite, mais qu’ils sont cause que leurs évêchés seront supprimés et réunis à d’autres. Je suppose que vous me porterez au Conseil de mercredi le projet de décret qui réunit les diocèses de ceux qui n’ont pas prêté serment et laisse subsister les autres. – Quant au cardinal Maury, si son évêché se trouvait supprimé (pour ne point faire de différence), je lui donnerais l’archevêché de Florence, qui est, je crois, d’un revenu supérieur à celui de Montefiascone (3). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 9 juin 1810
Napoléon


 [50] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 juin 1810 (4)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie votre travail, pour que vous rédigiez le projet de décret de suppression des évêchés. Le diocèse dont le Cardinal Antonelli est titulaire doit être supprimé (5); celui du nonce du Pape à Vienne doit l’être également (6). Quant à l’autre, il faut attendre les renseignements. Le considérant du décret doit être dans cette forme : Considérant que la population des deux départements de Rome et de Trasymène est de 800 000 âmes, ce qui est le terme moyen de la population d’un diocèse de France et que cependant, il existe 35 diocèses dans les deux départements que le résultat de la multiplicité des diocèses dans [laissé en blanc] est que le pays se trouve obéré et a une grande partie de son revenu attribué à l’entretien de prélats superflus et inutiles. Considérant que 19 évêques se sont mis d’ailleurs hors de notre protection, en refusant de prêter le serment qui nous est dû, nous avons décrété etc., etc. L’article 1er portera la suppression de ces 19 évêchés et leur réunion à ceux conservés. L’art 2e portera la suppression et réunion des autres. Un article portera que ceux des évêques conservés qui auront moins de 20 000 fr. de revenus recevront un supplément de notre trésor. Vous aurez soin de mettre un article qui dise que les biens des couvents, chapitres, abbayes, etc. supprimés sont réunis au domaine, que l’Enregistrement en prendra possession sans délai et en touchera les revenus à dater du 1er juillet 1811. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud le 16 juin 1810
Napoléon


 [51] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 juin 1810 (7)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, qu’est-ce que c’est que l’évêché de Fiesole dont l’évêque est un homme dangereux (8) ? Ne serait-il pas possible de supprimer cet évêché ? Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 18 juin 1810
Napoléon


 [52] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 juin 1810 (9)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je reçois vos différentes lettres. Il n’y a pas d’inconvénient à retarder d’[une quinzaine de jours] un mois, la prestation du serment des curés. Mais il faut partir du principe que je veux le serment sans restriction et sans modification (10). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 23 juin 1810
Napoléon


 [53] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 juin 1810 (11)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je désire que vous envoyez l’ordre à Plaisance que l’on y retienne les chanoines qui sont envoyés de Rome ; ils seront là commodément (12). Il sera nécessaire que l’évêque de Plaisance (13) retourne dans son diocèse pour contenir ces individus et les éclairer et correspondre avec vous, comme votre commissaire, pour le détail relatif à leur (14) subsistance, etc. J’entends par là ceux qui n’auraient pas de moyens de leurs familles. Ceux qui auraient dépassé Plaisance seraient à Asti, Alexandrie ou ailleurs, pour ne pas faire de mouvement rétrograde, vous les dirigerez sur Pignerol. Vous préviendrez de ces dispositions le Prince Borghèse, gouverneur général, afin qu’il prescrive les mesures de surveillance nécessaires à l’égard de ces individus. Conformément à mon décret, les collèges de Rome qui ont refusé de prêter serment seront supprimés et leurs biens doivent être confisqués. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 26 juin 1810
Napoléon


 [54] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 27 juin 1810 (15)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, parmi les chanoines qui ont refusé de prêter serment et qui ont été envoyés à Plaisance, il en est plusieurs qui ne sont pas nés dans les départements romains. Faites en faire le dépouillement et ordonnez que les étrangers soient renvoyés chez eux. Il doit y en avoir de Naples, de la Sicile, de la Sardaigne, de la Corse, de la Toscane, des Pays vénitiens et du Royaume d’Italie, de Gênes, de Piémont. Ceux qui appartiennent au Royaume d’Italie seront renvoyés dans leurs communes, les Gênois et Toscans chez eux ; vous en enverrez l’Etat au ministre de la Police. Les Napolitains et les Siciliens seront envoyés à Naples, et les autres dans leurs pays respectifs. Par ce moyen, le rassemblement de ces chanoines à Plaisance sera considérablement diminué. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 27 juin 1810
Note en bas de page
Remis directement par S.M. au Conseil du 27 juin 1810.


 [55] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 12 juillet 1810 (16)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, renouvellez [sic] aux préfets vos instructions sur la société de charité maternelle (17). Recommandez leur de vous envoyer la liste des personnes qui se font inscrire pour la mettre sous mes yeux. Ne leur laissez point négliger cette affaire. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Rambouillet, le 12 juillet 1810
Napoléon


 [56] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 juillet 1810 (18)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, j’ai lu avec attention votre rapport du 10 juillet et les pièces qui y sont jointes (19). Etablir des institutions pour 6 000 orphelines en France, c’est beaucoup trop. Que ferait-on de ce grand nombre de filles lorsqu’elles seraient arrivées à l’âge de 21 ans ? Il me paraît donc convenable d’établir seulement [quatre] 6 maisons dans le territoire de l’ancienne France dont l’une serait placée à Paris et serait le chef-lieu. Ces [4] 6 contiendraient [cinq cents] 600 orphelines, filles de militaires morts sur le champ de bataille, de membres de la légion d’honneur. Je payerais pour 250 élèves 400 francs, et pour les 250 autres, 200 francs, ce serait donc 250 000 francs qu’il en coûterait. J’affecterais cette dépense sur le domaine de la Légion d’Honneur qui payerait les pensions. Les quatre maisons seraient organisées de manière à avoir un égal nombre de pensionnaires payant, ce qui assurerait les moyens d’éducation de mille orphelines. J’ai modifié en conséquence le projet que vous m’avez présenté. Je mets ces maisons sous la protection de la même princesse protectrice des maisons d’Ecouen et de Saint-Denis (20), comme ayant quelque connexité avec ces établissements.
Après cela, je désire établir d’autres institutions de filles qui seraient régies par la règle des Ursulines, mais sous un autre titre, avec [comprenant] la réunion de la Hollande, on pourrait porter le nombre de ces établissements à cinquante recevant 5000 élèves. Pour 2500, je payerais 300 en demi-bourse et les parents paieraient 300 fr. , ce qui me ferait une dépense de 750 000 f. Pour les 2500 autres, je payerais 500 francs, ce qui me ferait en tout une dépense de deux millions. J’y pourvoierai partie des fonds de la Légion d’honneur, partie par des dotations.
On pourrait recevoir 5 000 pensionnaires payant, ce qui ferait 10 000 filles distribuées dans 50 ou 60 maisons. Présentez moi la semaine prochaine un projet de règlement sur ces bases. – Les maisons destinées à l’éducation des orphelines sont un établissement particulier à la Légion d’Honneur. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Rambouillet, le 13 juillet 1810.
Napoléon

Lettre de Bigot annotée par Napoléon du 16 juillet 1810 (21)
Votre Majesté a nommé le secrétaire général du ministère des Cultes commissaire pour se rendre dans les départements des Bouches du Rhin et des Bouches de l’Escaut et dans l’arrondissement de Bréda pour y préparer l’organisation des Cultes selon les règles communes à l’Empire. Il est au moment de revenir de cette mission. Je craindrois de manquer d’attention si, d’après la réunion de la Hollande à l’Empire et lorsqu’il en résulte pour l’organisation des Cultes dans ce pays des travaux préparatoires du même genre, je ne demandois pas à Votre Majesté ses intentions sur les ordres ultérieurs qu’elle pourroit avoir la volonté de donner. Je suis avec un profond respect
Sire
De votre majesté impériale et Royale
Le très humble, très fidèle et très dévoué serviteur et sujet,
Le Cte Bigot de Préameneu
Note de Bigot : je joins copie du Décret du 15 mai et de celui du 31 du même mois.
Note de Napoléon
Lui dire de se rendre à Paris où je prendrai connaissance de son rapport pour les deux nouveaux départements. Après quoi, il pourra se rendre en Hollande pour faire exécuter le décret que je prendrai pour l’organisation du Culte en Hollande.

Rambouillet le 16 juillet 1810


 [57] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 juillet 1810 (22)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je crois inutile de faire venir l’évêque de Foligno à Paris (23). [Envoyez] Retenez le à [Tarente] Plaisance ou à Asti où il séjournera jusqu’à nouvel ordre. Demandez au général Miollis un rapport sur le serment des curés et vicaires, et qu’il me mette sous les yeux ce qu’il y a pour et contre le serment (24). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Rambouillet, le 17 juillet 1810.
Napoléon


Résumé renvoyé au ministre des Cultes pour avis à l’adresse au Cardinal Spina. S. Cloud, le 31 juillet 1810 (25)
Résumé
Le préfet du Trasimène informe qu’il vient de faire arrêter le prêtre Ansidée et le prêtre Lesmi de San dejre. Ce dernier à cause de relations suspectes avec l’autre.
Ansidée était convenu avec d’autres prêtres de partir pour Savone afin de s’assurer auprès du Pape s’il persistait dans la défense qu’il avait faite en quittant Rome de prêter aucun serment.
Il s’est en effet rendu à Gênes où on lui a procuré une entrevue avec le Cal Spina. Le Cardal partant pour Savone avec le Cal Caselli s’est chargé de sa mission (26). Le lendemain, Ansidée reçut une lettre du Cal Spina qui lui disait :
“ J’ai vû le Pape et je n’ai point oublié votre affaire. J’en ai entretenu Sa Sainteté qui persiste absolument dans ses premiers sentiments. Tâchez de venir ici et de voir le Pape, peut-être qu’en écoutant vos raisons, vous en obtiendrez davantage. ”
Ansidée n’ayant pu obtenir de passeport pour Savone, est revenu à Perugia où la lettre du Cal Spina est devenue publique et va servir de règle pour la conduite future du clergé (27).
Lesmi et Ansidée sont en prison.
Leurs papiers seront soigneusement examinés.


 [58] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 juillet 1810 (28)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, j’ai signé un décret qui reçoit le compte que vous m’avez rendu du fonds extraordinaire mis à votre disposition pour les six derniers mois 1809. – Quant au même fonds pour 1810, j’en ai réglé l’emploi par un budget. Vous y verrez que j’ai ordonné diverses réductions de dépenses et de traitements. Ce que vous aurez payé dans les 6 premiers mois au delà de la proportion qui résulte du budget, vous devez le précompter sur ce qui vous reste à payer pour les 6 derniers mois (29). – J’ai réduit le traitement des dix généraux d’ordre à 400 f. par mois pour chacun (30). Mon intention est que dans le budget de 1811, si les choses durent ainsi, vous ne les portiez plus que pour 250 f. par mois. – faites-moi connaître ce que font les 11 agens [sic] de la daterie et de la pénitencerie ? – Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

St Cloud le 31 juillet 1810
Napoléon


 [59] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 7 août 1810 (31)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vois par une lettre du général Miollis que sur 16 curés qui sont à Viterbe, 8 ont prêté serment. Je pense que ces 8 curés suffisent à Viterbe. Il faut profiter du refus de prêter serment pour réduire les paroisses au nombre qui doit être conservé. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Trianon, le 7 août 1810.
Napoléon

Lettre de Bigot annotée par Napoléon du 7 août 1810 (32)
Demande d’appliquer aux Curés renvoyés des Etats romains pour refus de serment les décisions prises pour les chanoines.
Sire
Votre Majesté a fait mettre en marge du Rapport que j’ai eu l’honneur de lui présenter le 2 de ce mois, relativement aux curés renvoyés des Etats Romains par refus de Serment “ J’approuve que tous les curés soient retenus à Parme ”.
Ces expressions ne contenaient aucune autorisation de payement. J’ai l’honneur de faire observer àvotre majesté qu’elle a daigné accorder 50 F par mois aux chanoines envoyés à Plaisance et un franc par lieue lorsqu’il y a à leur tenir compte de frais de voyages.
Je supplie votre majesté de m’autoriser à appliquer aux curés les décisions prises pour les chanoines.
Je suis avec un profond respect
Sire
De votre majesté impériale et Royale
Le très humble, très dévoué et très fidèle sujet,
Le Cte Bigot de Préameneu
Paris le 7 août 1810
Note de Napoléon
On en laissera venir à Parme jusqu’à concurrence de 400. Quand le nombre passera 400, on les retiendra à Bologne.

Trianon, le 9 août 1810
Annule 40 ff par mois.
Napoléon


 [60] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 10 août 1810 (33)

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, il pourrait être utile d’envoyer le cardinal Antonelli à Savone (34), mais auparavant, il faudrait sonder le cardinal pour savoir son opinion, et lui faire connaître l’état de la question. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Trianon, le 10 août 1810
Napoléon


 [61] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 août 1810 (35)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoye votre décret sur l’institution d’une congrégation de femmes (36). Il n’y a rien sur la règle religieuse de cette congrégation. - Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

St Cloud, le 22 août 1810
Napoléon


 [62] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 22 août 1810 (37)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vois que vous avez 500 curés réfractaires à Parme. Ce sera peut-être trop de monde pour cette ville. On pourrait laisser 200 curés à Parme et en mettre 200 à Bologne où ils seraient très bien. Parlez de cela au Cte Aldini. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud le 22 août 1810
Napoléon


 [63] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 28 août 1810 (38)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, il paraît que le nombre de curés qui ont refusé de prêter serment dans les départements de Rome et de Trasymène est de 500, et que le nombre de ceux qui l’ont prêté est de 900 (39). Je crois qu’on pourrait réformer ces 500 curés sans inconvénient, et que les 900 curés assermentés seront plus que suffisants. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.
A St. Cloud, le 28 août 1810
Napoléon


 [64] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 4 septembre 1810 (40)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie une note que j’ai sur le Père Altieri (41), qui vous fera voir comment il se gouverne. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud le 4 7bre 1810


 [65] Extrait d’une lettre adressée à S. M. l’Empereur sur le père Altieri (42)

Extrait d’une lettre adressée à S. M. l’Empereur.
... Ce que je dois dire aujourd’hui, c’est que le père Altieri proposé pour une négociation auprès du Cardinal Antonelli est présenté dans toutes les notes comme un intrigant, ennemi très ardent de votre majesté et qui cependant a su prendre quelquefois les couleurs françaises toujours dans l’intention de nuire. Si je ne me trompe il s’est amusé pendant quelque temps à semer la division et la défiance entre le ministre Alquin et son secrétaire d’ambassade Lefebvre ; et il leur a fait faire à tous deux plus d’une fausse démarche. etc. etc.


 [66] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 15 septembre 1810 (43)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, il paraît que le traitement de 600 francs fait aux chanoines et aux curés de Plaisance est trop considérable, cela leur donne plus qu’ils n’avaient. Il est nécessaire 1° de diminuer ce traitement 2° de l’ôter à ceux qui étant âgés de plus de 60 ans sont retournés chez eux. Il faudrait aussi que les pensions accordées aux moines défroqués ne leur fussent payées qu’autant qu’ils prêteraient serment. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St Cloud, le 15 septembre 1810
N


 [67] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 septembre 1810 (44)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, on se plaint beaucoup du mauvais esprit du curé de Malmedy, département de l’Ourte (45). Faites-moi un rapport sur ce curé et proposez moi sa destitution. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 20 septembre 1810
N


 [68] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 octobre 1810 (46)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, la Grande Duchesse de Toscane demande que la pension des moines qui sont dans le Grand Duché soient promptement payée, vu la misère où se trouvent les individus. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Fontainebleau, le 8 octobre 1810
Napoléon


 [69] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 novembre 1810 (47)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, mon intention est que les archevêques et évêques que j’ai nommés aux différents sièges de mon Empire et qui m’ont prêté serment, prennent le titre de leur siège dans tous leurs actes, titre pour lequel il m’ont prêté serment (48). Je n’entends point qu’ils y mettent aucune modification. Je ne m’oppose point qu’ils se pourvoyent auprès de qui de droit ; mais j’entends qu’ils n’aient point la faiblesse d’adhérer aux prétentions des chapitres ni qu’ils prennent d’autres titres, comme je l’ai dit ci-dessus. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 16 novembre 1810
Napoléon


 [70] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 29 novembre 1810 (49)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, il serait nécessaire que l’archevêque de Florence se rendit sans délai dans son diocèse (50). Faites le lui connaître. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, le 29 novembre 1810


 [71] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 décembre 1810 (51)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, mettez-moi sous les yeux un mandement de l’évêque de Poitiers qu’on dit fait dans un très mauvais esprit (52). Sur ce, je prie dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris le 2 décembre 1810
Napoléon


 [72] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 23 décembre 1810 (53)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, depuis quelques jours, le préfet de Savone (54) écrit que le Pape est disposé à s’arranger et à faire le Pape où on voudra (55). C’est la première fois que j’entends ce langage. Si cet exposé est exact, et que le Pape soit sincère, comme je ne désire pas autre chose que d’entrer en arrangement, vous pouvez écrire au sieur Chabrol que j’ai appris par le Prince Borghèse et par le Ministre de la Police que dans une conférence qu’il a eue avec le Pape, le Pape avait dit qu’il ferait le pape où l’on voudrait, qu’il ne voulait qu’exercer le pouvoir spirituel sans gêner le pouvoir temporel, en un mot, qu’il désirerait en venir à un accommodement ; que cela étant, il doit lui dire que s’il désire un accommodement sur les affaires spirituelles, je le désire autant que lui ; mais que je ne veux faire aucune concession temporelle ; que si telle était sa pensée, il faudrait qu’il écrivît une lettre à l’Empereur pour lui faire connaître les maux de l’Eglise et lui exprimer le vœu, en mettant de côté toute prétention et tout intérêt autre que celui de la religion, d’entrer en arrangement pour concilier tous les intérêts. Cette lettre devrait être écrite sans fiel mais avec la charité de l’Evangile, ne faire aucune allusion et ne respirer que le pur désir du bien. Vous ajouterez qu’il n’est [sic] aucun doute que l’Empereur ne répondît à cette lettre d’une manière très favorable, mais qu’il faut que le préfet explique bien qu’il ne doit être question en aucune manière de temporel ; que les statuts de la France sont formels et irrévocables là dessus ; et qu’il ne peut être question que des intérêts spirituels. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris le 23 décembre 1810
Napoléon


 [73] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 décembre 1810 (56)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie un rapport qui m’est transmis par le gouverneur général à Turin. Vous recevrez un décret par lequel je supprime cinq canonicats du chapitre d’Asti dont je réunis les biens au domaine (57). Vous écrirez par l’estaffette de ce soir à l’évêque Dejean pour qu’il désigne au gouverneur général les seize canonicats à conserver. Vous écrirez au Gouverneur Général de faire réunir au Domaine les cinq canonicats supprimés. Ces cinq canonicats seront ceux occupés par les cinq chanoines qui se sont le plus mal comportés. Vous écrirez à l’archevêque de Turin (58) de témoigner au chapitre mon mécontentement, et de déclarer que s’il ne change pas de conduite, je supprimerai l’évêché d’Asti et réunirai ses biens au domaine, et que j’attends une réparation éclatante de cet acte de rébellion (59). Si cela est nécessaire, l’archevêque de Turin se transportera à Asti. Vous écrirez au Préfet à Savone pour lui faire connaître ces actes, en lui faisant remarquer que voilà où mènent les germes de rébellion que suscite le pape, que je suis décidé à réunir au domaine les biens des évêchés où les germes éclateraient et qu’ainsi le Pape sera cause que les évêques du Piémont et de l’Italie perdront leurs domaines. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, le 31 décembre 1810
Napoléon


 [74] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 31 décembre 1810 (60)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je revois votre lettre du 31 décembre. Ecrivez au préfet de Montenotte pour lui faire connaître la lettre que le pape a écrite au grand vicaire de Paris (61), afin d’éclairer ce fonctionnaire sur la mauvaise foi du Pape qui sous des apparences de conciliation et de charité, excite en secret la discorde et la rébellion (62). Donnez-lui l’ordre d’empêcher qu’aucun courrier ne soit reçu ou expédié avec des lettres pour le Pape ou sa suite, et pour que la poste ne fasse partir ni le lui remette aucune lettre. Il faudra pour cela qu’il soit sûr du Directeur de la poste. Vous lui ferez connaître que je fais venir l’évêque de Savone à Paris (63), afin d’ôter au Pape un canal de communication. Vous donnerez effectivement l’ordre à ce prélat de se rendre à Paris où je désire le voir.
Vous prescrirez au Sr Chabrol d’avoir, dans sa conversation, un ton plus ferme, de représenter au Pape qu’il fait du tort à la religion ; qu’il cherche à semer le trouble et la division, qu’il néglige la douceur et les bonnes manières qui auraient pu réussir auprès de moi, qu’il n’obtiendra rien par les moyens qu’il emploie, et que l’Eglise finira par perdre le reste de son temporel ; que ceux qui seront assez fols et assez ignorants de leurs devoirs pour l’écouter perdront leur place ; que ce sera par sa faute. Il faut que cela soit dit avec vigueur. Il doit voir également ceux qui entourent le pape et les éclairer sur les fâcheuses conséquences que tout cela aura pour eux.
Il est interdit que le pape écrive : moins il fera de besogne et mieux cela vaudra. Il est nécessaire 1° que le préfet envoie l’état des individus qui sont auprès du Pape, qu’il désigne les plus grands travailleurs, afin que je les renvoie, pour ôter au Pape des moyens de [nous] nuire et de répandre des poisons ; 2° que vous donniez ordre au Préfet de ne plus expédier les lettres du pape pour le royaume d’Italie, le royaume de Naples, la Toscane, le Piémont, la France et ne lui remettre aucune lettre, mais de les envoyer toutes ici. Vous en ferez le triage, et l’on ne donnera cours qu’aux lettres dont l’émission sera sans inconvénients. Faites-vous en conséquence envoyer toutes celles que le Pape écrivait et celle qui lui serait adressées. En général, moins ce qu’il écrit parviendra, et mieux cela vaudra (64).
Vous ferez connaître au Préfet et au Pce Borghèse que mon intention est que l’extérieur du Pape se ressente du mécontentement que j’ai de sa conduite ; et que l’état de sa maison soit règlé de manière à ne pas dépenser plus de 12 ou 15 000 francs par mois, les voitures qui avaient été mises à sa disposition à Savone pour lui et sa maison seront renvoyées à Turin.
Recommandez au Sr Chabrol de ne plus rien dire dans ses discours qui tende à faire croire au Pape que je désire un accommodement : mais son langage doit être, qu’après son excommunication et sa conduite à Rome, qu’il continue aujourd’hui à Savone, je dois m’attendre à tout de lui, que je m’embarrasse fort peu de ce qu’il peut faire ; que nous sommes trop éclairés aujourd’hui pour ne pas distinguer la doctrine de J.C. de celle de Grégoire VII.
Ecrivez à la Grande Duchesse de Toscane pour lui faire connaître ce que j’ai fait pour le chapitre d’Asti et pour lui recommander d’agir fermement et sans se permettre aucune faiblesse. Que les chanoines du chapitre de Florence sachent qu’à la moindre faute, ils perdront leur temporel pour toujours.
Enfin, je désire que vous me proposiez un évêque dans de bons principes qu’on pourrait nommer à l’archevêché d’Aix, afin de l’envoyer promptement là-bas. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, le 31 décembre 1810
Napoléon

 

         
 
1)
Correspondance, 20, p. 468, N° 16545 [retour]
 
2)
Après la foudre du mois d’avril, Napoléon cherche l’apaisement, au moment où il espère parvenir à un accord avec le pape à Savone. Fin mai, le diplomate autrichien, Louis de Lebzeltern a entamé une mission de bons offices en ce sens. [retour]
 
3)
Cet évêché était situé dans les Etats du pape. Mais depuis 1805, Maury est en fait à Paris. L’évêché de Montefiascone fait partie des treize évêchés conservés par le décret du 18 juin. [retour]
 
4)
Correspondance, 20, p. 483, N° 16564. [retour]
 
5)
Le cardinal Antonelli était évêque d'Ostie et Vellestri [retour]
 
6)
Il s’agit de Antonio-Gabriele Severoli, évêque de Viterbe et Toscanella depuis 1808.[retour]
 
7)
Inédit  [retour]
 
8)
L’évêque de Fiesole, diocèse situé en Toscane, était depuis 1776 Raynier Mancini, né en 1735. La grande duchesse, Elisa Bacciochi, le décrivait comme “ignorant, dévoué au pape, méconnaissant le gouvernement pour soutenir son opinion ". Bigot suggère effectivement la suppression de l’évêché, en arguant du fait que Fiesole n’est qu’une bourgade et que l’évêque réside à Florence, mais le projet n’est pas poursuivi (Rapport de Bigot du 18 juin 1810, AF IV/1047). En revanche l’évêque est invité à se rendre à Tours. [retour]
 
9)
Correspondance, 20, p. 493, N° 16576  [retour]
10)
Cette réponse fait suite à une lettre de Bigot du 18 juin 1810, dans laquelle il faisait état d’une demande de Gérando, membre de la Consulte romaine, suggérant qu’on attende que les évêques se soient prononcés avant d’exiger des curés un serment. Gérando signalait aussi que les curés voulaient ajouter au serment la formule “sauf les lois de Dieu et de l’Eglise”, restriction qui n’avait pas été admise pour les évêques. Napoléon sy oppose. [retour]
 
11)
Lecestre, 2, p. 43, N° 636. Haussonville, III, p. 516. [retour]
 
12)
Plaisance devient le lieu de concentration des prêtres assignés à résidence, avant leur transfert en France ou dans leur région d’origine. Le 6 juin par exemple, arrivent 424 chanoines. En tout, selon un état du 19 juin, 511 chanoines sur 1736 ont prêté serment ; les autres sont soumis à la déportation. Le nombre élevé de chanoines s’explique par la profusion des chapitres des cathédrales (35 diocèses) et des collégiales. [retour]
 
13)
Evêque français, Mgr Fallot de Beaumont, nommé à Plaisance en 1807, est un fidèle de Napoléon, d’où le choix de Plaisance pour acheminer les chanoines récalcitrants. [retour]
 
14)
Dans Lecestre “ leur ” remplacé par “ ces individus ”.[retour]
 
15)
Correspondance, 20, p. 508, N° 16595 [retour]
  16) Correspondance, 20, p. 537, N° 16637 [retour]
 
17)
Un décret du 5 mai 1810 avait réorganisé cette société, chargée d’apporter des secours aux mères en difficultés, afin d’éviter les abandons d’enfants. Il s’agissait d’une œuvre libre, même si elle était largement financée par des fonds publics. Le décret de 1810 lui donne un caractère institutionnel, en la plaçant sous la protection de l’impératrice et d’un conseil composé de dignitaires de l’Empire et en étendant son aire d’action à toutes les “ bonnes villes ” de l’Empire. Voir Catherine DUPRAT, Usages et pratiques de la philanthropie, Paris, Comité d’histoire pour la Sécurité sociale, 1997, p. 616. [retour]
 
18)
Lecestre, 2, p. 51, N° 655, d’après AF IV 884. Les chiffres donnés par Lecestre sont différents de ceux de l’original. [retour]
 
19)
Ce rapport (AF IV/1047) partait de l’idée que si des œuvres existaient pour les orphelines des milieux les plus pauvres, rien en revanche n’était prévu pour les filles des officiers ou des magistrats morts sans fortune. C’est pour y remédier que Bigot propose un vaste plan d’organisation que Napoléon corrige à la baisse.[retour]
20)
Napoléon fait allusion à sa mère, Letizia Bonaparte. [retour]
 
21)
Inédit [retour]
 
22)
Lecestre, 2, p. 55, N° 653. [retour]
 
23)
Marc-Antoine Moscardini (1749-1818), évêque de Foligno depuis 1796. [retour]
 
24)
Bigot transmet très régulièrement, au cours du mois d’août, les informations recueillies sur cette question auprès du général Miollis. [retour]
 
25)
Inédit [retour]
 
26)
En juillet, Napoléon envoie à Savone deux cardinaux, Spina et Caselli, qui avaient la particularité d’avoir participé aux négociations conduisant au Concordat, tout en ne faisant pas partie des “ cardinaux noirs ”. Caselli était en outre sénateur. [retour]
 
27)
Sommé de prêter serment à l’empereur, l’abbé Ansidei avait décidé d’aller s’assurer auprès du pape de la légalité de ce serment. Ne parvenant pas à atteindre Pie VII, il interroge le cardinal Spina, alors en mission auprès du pape qui répond à Anzidei que “le pape paraissait être dans le même esprit”, à propos des serments. Le gouvernement craint qu’il soit un élément de diffusion de la rébellion au serment, d’où son arrestation, que suit de peu celle du Père Lesmi, un ancien barnabite, qui avait relayé les propos de l’abbé Anzidei. [retour]
 
28)
Lecestre, 2, p. 58, N° 659. [retour]
 
29)
Avant “ J’ai réduit ”, le passage ne se trouve pas dans Lecestre. [retour]
30)
Par cette mesure, Napoléon confirme son souhait de voir disparaître les ordres religieux. [retour]
 
31)
Correspondance, 21, p. 32, N° 16 771. [retour]
 
32)
Inédit[retour]
  33) Lecestre, 2, p. 61, N° 606. [retour]
 
34)
Leonardo Antonelli (1730-1811), cardinal depuis 1775, avait accompagné Pie VII à Paris lors du sacre, avec le titre de prosecrétaire d’État. Evêque d’Ostie depuis 1807, il est devenu le doyen du Sacré Collège. Il est alors en résidence surveillée dans sa ville natale de Sinaglia et ne pourra effectuer, pour cause d’infirmités, le voyage de Savone en août 1810. Il meurt du reste quelques mois plus tard, le 29 janvier 1811. L’ouverture annoncée dans cette lettre par Napoléon suit la mission des cardinaux Spina et Caselli à Savone, qui a fait espérer à Napoléon une amélioration des relations avec le pape. Une lettre de Mgr Spina, rapportée par Bigot dans un rapport du 26 juillet, précisait en parlant du pape : “Quant à l’institution canonique des évêques, il s’est plus avancé qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent, en déclarant qu’il était personnellement disposé à la donner, mais que dans l’état des choses, il avait besoin d’un conseil de personnes en qui il ait confiance” (AF IV/1047). [retour]
 
35)
Correspondance, 21, p. 69, N° 16821. [retour]
 
36)
Bigot avait joint à son rapport du 10 juillet sur les orphelines un projet de décret concernant les statuts d’une congrégation destinée à s’occuper de ces orphelines, statuts inspirés de ceux de la congrégation des Ursulines. [retour]
 
37)
Lecestre, 2, p. 63, N° 670, d’après AF IV 885. [retour]
 
38)
Correspondance, 21, p. 86, N° 16841 [retour]
 
39)
Dans son rapport du 19 août 1810, Bigot avait fait état des chiffres suivants : dans le département de Rome 232 curés avaient prêté le serment, 302 étaient réfractaires et 98 absents ou malades sur un total de 632 curés ; dans le département de Trasimène, les chiffres étaient de 607 assermentés, 215 réfractaires et 25 malades ou absents sur 847 (AF IV/1047). Le total des curés réfractaires est donc de 517 et celui des assermentés de 839.[retour]
  
40)
Léonce de Brotonne, Dernières lettres inédites, T. 1, n° 1117, p. 507. [retour]
 
41)
Le Père Altieri, proche collaborateur du pape, est venu à Paris accompagner les archives du Vatican, transférées sur ordre de Napoléon. Il est particulièrement surveillé par la police. [retour]
 
42)
Inédit [retour]
 
43)
Correspondance, 21, p. 138, N° 16907 [retour]
 
44)
Inédit [retour]
 
45)
Le préfet de l’Ourthe avait en effet rapporté que le curé de Malmédy n’avait fait aucune allusion à l’empereur dans son discours prononcé le 15 août précédent. Voir Nicole Gotteri, La Police secrète du Premier Empire, Bulletin du 19 septembre 1810, T. 1, p. 375.[retour]
 
46)
Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 687, p. 282. [retour]
 
47)
Correspondance, 21, p. 325, N° 17139. [retour]
 
48)
Les évêques nommés par Napoléon depuis mai 1808 n’avaient pas reçu l’investiture canonique du pape. En conséquence ils ne s’étaient pas rendus dans leur diocèse. En novembre 1810, la mesure préconisée par Napoléon concerne Dufour de Pradt, nommé à l’archevêché de Malines en 1808, Jaubert, Dejean et Bragouse de Saint-Sauveur, nommés à Saint-Flour, Asti et Poitiers en 1809, et surtout Maury nommé archevêque de Paris le 14 octobre 1810, Osmond, nommé à Florence, Costaz, à Nancy, Camus à Aix-la-Chapelle et Lejeas à Liège, le 22 octobre 1810. [retour]
 
49)
Léonce de Brotonne, Dernières lettres inédites, T. 1, n° 1194, p. 542. [retour]
50)
Mgr d’Osmond, évêque de Nancy depuis 1802. Il s’agit du neveu de Madame de Boigne. [retour]
 
51)
Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 734, p. 299. [retour]
 
52)
Silvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur (1776-1825), nommé évêque de Poitiers le 31 mars 1809. Le mandement en question était consacré à la nécessité des quêtes pour l’entretien des séminaires. Il a été dénoncé par le préfet de la Vienne parce qu’il ne comportait aucune allusion aux efforts de l’empereur en faveur des séminaires . Voir Nicole Gotteri, op. cit., Bulletin du 1er décembre 1810, T. 1, p. 615-6.[retour]
53)
Correspondance, 21, p. 388, N° 17232. [retour]
  54) La formule revient souvent sous la plume de Napoléon ; il s’agit bien sûr du préfet de Montenotte, dont Savone est la préfecture, Chabrol, mais l’usage du terme “ Savone ” montre à quel point l’empereur l’associe à la surveillance du captif de Savone, Pie VII. [retour]
  55) Allusion à la lettre de Chabrol, en date du 8 décembre, dans laquelle le préfet de Montenotte précisait : “D’après les dispositions qu’il montre depuis quelque temps, il me paraît qu’il n’est plus retenu que par l’idée de pouvoir obtenir quelque chose dans une conférence avec Sa Majesté, mais il s’annonce déterminé à ne pas se rendre à Paris de plein gré, bien que dans mon opinion il ne paraisse pas très opposé à ce qu’il y soit conduit” (lettre citée par Bigot dans son rapport du 16 décembre 1810, AF IV/1047). [retour]
  56) Correspondance, 21, p. 404-405, N° 17255. [retour]
  57) Les chanoines d’Asti avaient refusé d’accorder les pouvoirs capitulaires à l’évêque nommé par Napoléon, Dejean, auquel le pape n’avait pas donné l’investiture canonique. [retour]
  58) Hyacinthe de La Tour (1747-1814), évêque de Sassari en 1790, puis évêque d’Acqui en 1797, il est archevêque de Turin depuis 1805. Il est également sénateur. [retour]
  59) Nommé évêque d’Asti le 9 février 1809, François-André Dejean, né en 1748, fait partie des prélats qui n’ont pas reçu l’investiture canonique du pape. Le chapitre d’Asti lui refuse de lui accorder les pouvoirs de vicaire capitulaire, suivant en cela les instructions du pape. [retour]
  60) Lecestre, 2, p. 94, N° 731, d’après AF IV 887. Haussonville, III, p. 520. [retour]
  61) L’abbé d’Astros (1772-1851), après avoir collaboré avec son oncle, Portalis, à la Direction des cultes, était devenu chanoine de Paris en 1802, puis vicaire général en 1805. Il est élu vicaire capitulaire à la mort du cardinal de Belloy, en 1808, et administre depuis le diocèse de Paris avec ses deux collègues, Lejeas et Jalabert. [retour]
  62) Allusion au bref du 18 décembre 1810, parvenu secrètement à l’abbé d’Astros, dans lequel Pie VII déclarait nuls tous les actes du cardinal Maury, nommé archevêque le 14 octobre 1810. Ce bref avait été retrouvé par le préfet de Montenotte au milieu de dispenses adressées par le pape au vicaire général de Paris, comme le rapporte Bigot dans une lettre à Napoléon du 31 décembre (AF IV/1047), qui va provoquer l’ire du souverain. Déjà, dans un bref du 5 novembre 1810, Pie VII déplorait que le cardinal Maury ait accepté le siège de Paris. [retour]
  63) Augustin-Vincent Maggioli (1752-1820), évêque de Sarzanne en 1795, est évêque de Savone depuis 1804. [retour]
  64) Napoléon cherche à isoler le pape, en le privant de moyens de communication, au moment où il s’est rendu compte qu’un vaste réseau de correspondance existait dans l’Empire, entre Savone et plusieurs villes, dont Paris.[retour]