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<FILE FILENAME="den-precis.xml" FILEDATE="18042002" FILEPERS="AIS Berger-Levrault">
<PRECIS><COMMENT><TITRE><P>Précis de ce qui s'est passé</P><P>au Musée royal</P><P>depuis l'entrée des alliés à Paris.</P></TITRE><P>Des circonstances inouïes avaient élevé un monument immense, des circonstances non moins extraordinaires viennent de le renverser. Il avait fallu vaincre l'Europe pour former ce trophée, il a fallu que l'Europe se rassemblât pour le détruire. Le temps répare les maux de la guerre, des nations éparses se recomposent, mais une telle réunion, cette comparaison des efforts de l'esprit humain dans tous les siècles, cette chambre ardente où le talent était sans cesse jugé par le talent, cette lumière, enfin, qui jaillissait perpétuellement du frottement de tous les mérites vient de s'éteindre et de s'éteindre sans retour.</P><P>La destruction du musée est devenue un monument historique. J'ai regardé comme un des devoirs les plus importans et le plus douloureux que j'aie à remplir de donner au public, à qui ce musée a si complettement appartenu, le journal fidèle et les détails les plus exacts des opérations qui ont amené son démembrement.</P><P>Le 7 juillet 1815 (voir la lettre ci-après n° 1) M. de Ribbentrop me prévint qu'il avait des réclamations à faire. Je lui répondis que je ne pouvais entrer en négociation avant d'avoir reçu des ordres du gouvernement. Il me fit entendre que, n'y ayant pas de gouvernement, ce serait à moi qu'il s'adresserait.</P><P>Le 8 juillet, M. Jacobi, commissaire des guerres, m'apporta une lettre par laquelle je fus informé qu'il était nommé commissaire pour enlever les objets de Prusse et que «tout empêchement que je mettrais serait réprimé par des mesures militaires<ANOTE REFID="N1">(15)</ANOTE> ». Je lui dis que je pouvais lui faire voir les objets qui restaient par accord du traité de Paris. J'écrivis de suite à Son Altesse le prince de Talleyrand (voir la lettre ci-après n° 1 bis) pour lui donner connaissance de l'ordre que je recevais.</P></COMMENT><LETTER ID="DEN3476"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3476</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>8 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 252</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3476] N° 1 - <DATELINE>8 juillet 1815</DATELINE>, M. de Ribbentrop à M. <PERSNAME><PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop, intendant général des armées prussiennes, à M. le baron Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Le porteur de cette lettre, M. le commissaire des guerres Jacobi, est chargé de recueillir chez vous les renseignemens sur les objets d'arts qui ont été emmenés de la Prusse et qui se trouvent ici. Il a l'ordre d'en prendre incessamment possession et d'en soigner l'envoi en Prusse.</P><P>Je vous prie, Monsieur le Baron, de donner les renseignemens nécessaires à M. Jacobi et je compte d'autant plus sur votre sollicitude sur cet objet, puisque chaque empêchement doit être réprimé par des mesures militaires.</P><SIGNED>Signé RIBBENTROP</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N1"><NOTE-NUMBER><SUP>15</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Les très importantes restitutions faites à la Prusse en 1815 comprenaient 119 tableaux, 37 statues, 70 bustes ou bas-reliefs, 268 bronzes, 25 vases en matières précieuses et 22 en ivoire, 2 sculptures sur bois, 463 camées, 7 émaux et majoliques et 84 objets divers, cf. Boyer (Ferdinand), « Quelques considérations sur les conquêtes artistiques de Napoléon », dans Rivista italiana di studi napoleonici. 21 (octobre 1968), p. 199.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER>
<LETTER ID="DEN3477"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3477</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>8 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 252</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3477]N° 1 -<DATELINE> 8 juillet 1815</DATELINE>, M. Denon à M. <PERSNAME><PRENOM>de Talleyrand</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>Le directeur général du Musée royal à Son Altesse le prince de Talleyrand.</ADDRESS><P>Monseigneur</P><P>J'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse copie d'une lettre de M. de Ribbentrop, intendant géné-
[p. 253] ral de l'armée du prince Blücher.</P><P>M. de Ribbentrop, à son arrivée hier, vint me faire verbalement la même réclamation. J'ai eu l'honneur de lui représenter que tout ce qui se trouve placé au musée des propriétés de la Prusse y avait été laissé par suite du traité de Paris et que d'ailleurs, dépositaire de ces objets, je ne pouvais les lui remettre que sur un ordre de mon gouvernement.</P><P>Aujourd'hui, M. Jacobi, en me remettant la lettre de M. de Ribbentrop et présageant que je lui ferais les mêmes objections, m'a dit que la force me mettait à l'abri de tout reproche. Je lui répondis qu'il n'avait pas besoin de moi pour de tels moyens mais, pensant qu'il valait mieux temporiser, je lui ai proposé de lui faire voir les statues, tableaux et bas-reliefs qui restaient de ce qui avait appartenu à la Prusse. Il s'est contenté aujourd'hui de la note qu'il en a prise et, comme dans le même instant le Roi faisait son entrée, je lui ai fait observer qu'à dater de ce moment, il y avait un gouvernement auquel 
nous devions nous adresser à tous les deux<ANOTE REFID="N2">(16)</ANOTE>.</P><P>Je vous prie, Monseigneur, de vouloir bien me dicter ce que je dois faire et agréer, etc.</P><SIGNED>Signé DENON</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N2"><NOTE-NUMBER><SUP>16</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Louis XVIII arriva à Paris le 8 juillet et forma un gouvernement Talleyrand-Fouché.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Je reçu le 9 juillet une deuxième lettre de M. de Ribbentrop plus impérieuse encore, dans laquelle on m'ordonnait de remettre les dits objets dans la journée à M. Jacobi, faute de quoi on s'assurerait de ma personne. (Voyez la lettre n° 2)</P><P>Je répondis au porteur que ce n'était pas de ma personne qu'il s'agissait, mais de mon devoir. J'adressai de même copie de cette lettre à M. de Talleyrand pour avoir des ordres et, comme le Roi venait de faire son entrée, je représentai à M. Jacobi que son objection de la veille n'existait plus et que nous devions l'un et l'autre nous adresser aux autorités compétentes.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3478"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3478</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>9 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 252</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3478]<DATELINE>9 juillet 1815</DATELINE> N° 2 -M. de Ribbentrop à M. <PERSNAME><PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. le directeur général du musée.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Comme vous hésitez de remettre à la disposition de M. le commissaire Jacobi les chefs-d'&#339;uvre qui vous ont été réclamés, je vous fais savoir que, si, jusqu'à ce soir, vous n'obtempérez à la demande que je vous fis hier en remettant les dits chefs-d'&#339;uvre à M. Jacobi, je m'assurerai de votre personne. Je vous rends d'autant plus responsable de cette résistance que je me verrai forcé de faire prendre les propriétés prussiennes avec le secours de la force armée.</P><SIGNED>Signé RIBBENTROP</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3479"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3479</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>9 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 252</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3479] N° 2 bis - <DATELINE>9 juillet 1815</DATELINE>M. Denon à M. <PERSNAME><PRENOM>de Talleyrand</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>M. le directeur général à M. le prince de Talleyrand.</ADDRESS><P>Monseigneur,</P><P>M. le comte de Ribbentrop, depuis hier et après la lettre que j'ai eu l'honneur de vous communiquer, a envoyé deux fois pour me presser de lui livrer les objets d'art qui ont appartenu à la Prusse.</P><P>J'ai dit à M. Jacobi, chargé de cette commission, que j'avais fait part à Votre Altesse de la demande qu'il m'avait faite hier et que Votre Altesse n'avait pas encore répondu, qu'au surplus je lui garantissais la présence et la conservation des objets que je lui avais fait voir, jusqu'à décision et ordres supérieurs.</P><P>M. Jacobi m'a fait entendre que les meubles et effets de Saint-Cloud et de Compiègne seraient caution de la réquisition qu'il me fesait.</P> <P>Je savais d&#8217;ailleurs que cette menace n&#8217;était qu&#8217;une participation, puisque de grandes caisses avaient
été adressées à cette résidence pour y emballer.</P><P><PROV-NUMBER>[p. 254]</PROV-NUMBER> 
Je viens d'envoyer à Saint-Cloud pour m'informer si le fait est vrai et j'aurai l'honneur d'en prévenir Votre Altesse.</P><P>Je joins ici, Monseigneur, un ordre qu'il a remis en troisième visite; Votre Excellence verra qu'il est encore plus pressant.</P><P>Je vais, Monseigneur, pour calmer cette impétuosité militaire, proposer à M. Jacobi de lui laisser emballer les statues et bustes réclamés. Cette opération demandant plusieurs jours, Votre Altesse aura le tems de prendre une décision, que je sollicite cependant être la plus prompte possible.</P><P>Agréez, Monseigneur, etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Sur les 6 heures du soir, un jeune homme se présenta chez moi, réclamant de la part du prince Blücher les tableaux des provinces cédées au Roi de Prusse. Je lui demandai d'exhiber ses ordres; il n'en avait pas et sortit fort impétueusement.</P><P>Quoique cette demande me fût faite par un jeune homme, qu'elle fût intempestive, elle me parut cependant d'une effrayante importance. Elle ouvrait la porte à toutes sortes de violation pour le musée. Dans la première invasion, les alliés s'étaient fait une gloire de la conservation de cet établissement, l'Empereur de Russie l'avait protégé ouvertement, l'Empereur d'Autriche et le Roi de Prusse n'avaient réclamé de leur ancienne propriété que ce qui était resté dans les magasins. Si plus d'humeur faisait enlever cette fois par la force ce que la force avait pris, il y avait à opposer les conditions de la capitulation; mais enfreindre d'anciens traités sous prétexte de protéger des pays nouvellement acquis faisait entrevoir des projets dont le terme était la destruction du musée.</P><P>A 11 heures du soir du même jour, 9 juillet, je reçus une troisième lettre (voir n° 3) de M. de Ribbentrop, plus impérieuse encore que les deux premières, et qui me fut apportée par un officier et un poste de 25 hommes, dans laquelle lettre je suis menacé, si je n'ai pas remis les objets à midi, d'être arrêté et conduit dans la forteresse de Grandentz dans la Prusse occidentale.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3480"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3480</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>9 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 254]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3480] N°3 - <DATELINE>9 juillet 1815</DATELINE>, M. de Ribbentrop à M. <PERSNAME><PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. le baron Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>Comme vous n'avez pas satisfait à mon ordre pour la livraison des chefs-d'&#339;uvre enlevés pas les Français en 1806 à Berlin, Postdam etc., et que, jusqu'à présent, vous n'avez pas pris de mesures pour y satisfaire, je viens d'inviter M. le baron Müffling, gouverneur de cette ville, de vous envoyer un poste commandé par un officier et fort de 25 hommes.</P><P>En vous prévenant de cela, je vous observe en même tems que, si jusqu'à demain midi vous n'avez satisfait à ma demande, je vous ferai arrêter et conduire à la forteresse de Grandentz dans la Prusse occidentale.</P><SIGNED>Signé RIBBENTROP</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Cette lettre fut de même adressée à Son Excellence le prince de Talleyrand (voyez n° 3 bis) et je l'envoyai à M. le baron de Reinhard pour être sûr qu'elle serait remise au prince (voyez sa réponse n° 4).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3481"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3481</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>10 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 255</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3481]<DATELINE>10 juillet 1815</DATELINE> N° 3 bis -M. Denon à M.  <PERSNAME><PRENOM>de Talleyrand</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><ADDRESS>M. le baron Denon à M. le prince de Talleyrand.</ADDRESS><P>Monseigneur,</P><P>Depuis la lettre que j'ai eu l'honneur d'adresser hier à Votre Excellence, j'ai reçu encore une fois la visite de M. Jacobi, qui, sur le récit que je lui fis de tous les moyens inutiles que j'avais pris pour vous joindre, me dit qu'il attendrait jusqu'à 6 heures la réponse que je devais recevoir mais que, passé cette heure, il serait obligé de faire son rapport. Je lui fis observer encore avant de le quitter qu'ayant ici M. de Gotz, ambassadeur de Prusse, cette démarche faite par lui serait plus régulière et obtiendrait un résultat plus prompt et plus précis qu'avec moi qui ne suis que dépositaire. Il me répondit que, sur cela, il n'avait rien à me dire et qu'il prendrait des ordres supérieurs.</P><P>A une heure du matin, je reçus la lettre dont je joins copie, avec la garde qu'elle m'annonçait. L'officier chargé de la commission me dit que j'eusse à procéder de suite si je voulais éviter une exécution militaire.</P><P>Pour prévenir toute espèce de scandale au Musée royal, j'ai fait venir un emballeur afin de prendre la mesure des objets les plus considérables et, dès l'heure où le musée sera fermé, je vais faire transporter les statues et bustes dans le jardin où elles seront encaissées.</P><P>J'ose espérer, Monseigneur, que cependant que cette opération s'effectuera, vous voudrez bien me faire transmettre des ordres pour faire cesser l'état où je me trouve. Je vous fais instamment cette prière.</P><P>Je vous prie, Monseigneur, d'agréer etc.</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3482"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3482</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>10 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 255</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Reinhard</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3482]<DATELINE>10 juillet 1815</DATELINE> N° 4 -M. Reinhard à M. le <ETAT><LIBELLE-ETAT>baron Denon</LIBELLE-ETAT></ETAT>.</HEAD><BODY><P>Monsieur le Baron,</P><P>Je me suis empressé de mettre sous les yeux du prince la lettre que vous lui avez écrite. Son Altesse pense qu'il y a lieu d'espérer qu'au moyen des mesures que vous annoncez avoir prises vous n'aurez point à craindre de désagrémens ultérieurs.</P><P>Le moyen le plus prompt de faire parvenir les lettres au ministre est toujours de les lui adresser directement. Il les lui ouvre toutes lui-même et mes fonctions sont étrangères à celles de secrétaire général.</P><P>Agréez, je vous prie, Monsieur le Baron, etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A cette époque, indirectement informé que le duc de Richelieu venait d'être nommé ministre de la Maison du Roi, j'eus l'honneur de lui écrire le 10 juillet la lettre suivante.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3483"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3483</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>10 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 255</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3483]<DATELINE>10 juillet 1815</DATELINE> N° 4 bis -M. Denon à M. le <ETAT><LIBELLE-ETAT>duc de Richelieu</LIBELLE-ETAT></ETAT></HEAD><BODY><ADDRESS>M. le baron Denon à M. le duc de Richelieu.</ADDRESS><P>Monseigneur,</P><P>Je m'empresse, en apprenant la nomination de Votre Excellence au ministère de la Maison du Roi, de lui transmettre un exposé succinct de ce qui s'est passé au Musée royal.</P><P>Le 7 juillet, jour de l'entrée de l'armée prussienne dans la capitale, M. de Ribbentrop, intendant général de cette armée, vint me trouver pour réclamer les objets d'art provenant de Berlin et restés au Musée royal par suite du traité de Paris. J'eus l'honneur de lui représenter que, dépositaire de ces objets, je ne pouvais les remettre sans un ordre de mon gouvernement.</P><P>L e 8 au matin, je reçus la lettre (n° 1<SUP>er</SUP>). Je m'empressai de la communiquer à Son Altesse le prince de Talleyrand, et j'en adressai de même copie à M. le comte de Pradel pour le prier d'en parler à Son Altesse. Hier 9, M. de Ribbentrop m'écrivit de nouveau la lettre ci-après (n° 2). J'en transmis de même ampliation à Son Altesse avec la lettre suivante (n° 2 bis).</P><P><PROV-NUMBER>[p. 256]</PROV-NUMBER> Aujourd'hui 10, à une heure du matin, M. de Ribbentrop m'a fait remettre la lettre dont suit la copie par un officier prussien accompagné de la garde qu'elle annonçait (n° 3).</P><P>Je suivis la même marche, j'en donnai de suite connaissance à Son Altesse et la suppliai de vouloir bien faire cesser l'état où je me trouvais (voyez la lettre n° 3 bis).</P><P>Par cette lettre, Votre Excellence verra que, pour éviter toute mesure coercitive sur le Musée royal, je me suis déterminé à faire commencer cette opération.</P><P>Comme dorénavant je ne dois correspondre qu'avec Votre Excellence, je la supplie de vouloir bien m'indiquer la marche que je dois tenir et, chaque jour, j'aurai l'honneur de l'informer de ce qui aura été fait ou des demandes que cette remise pourra faire naître.</P><P>Agréez, Monseigneur, etc.</P><P><IT>Post scriptum</IT> : Permettez-moi, Monseigneur, de joindre à ce long rapport une simple réflexion, c'est que j'ai cru devoir m'abstenir de rien répondre à M. de Ribbentrop, organe de M. Blücher, dans la crainte de compromettre par une seule expression, soit le gouvernement, soit moi-même.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le même jour 10 à huit heures du soir, le jeune homme qui s'était présenté chez moi la veille vint au musée muni d'un ordre du prince Blücher (voyez le n° 5 suivant) par lequel il mettait à la disposition de cet officier toute la force armée pour enlever d'autorité tous les tableaux qu'il reconnaîtrait avoir appartenus aux villes dépendantes des nouvelles possessions prussiennes. Il déclara qu'il viendrait, si l'on ne mettait pas à sa disposition les ouvriers nécessaires, à 4 heures du matin avec un bataillon de Prussiens pour les enlever de force, quoiqu'il lui eût été déclaré que la porte de l'établissement ne s'ouvrait qu'à huit heures.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3484"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
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<LETTER-NUMBER>3484</LETTER-NUMBER><DOCDATE>10 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 256]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Blücher</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3484] N° 5 - <DATELINE>10 juillet 1815</DATELINE>, ordre du maréchal <PERSNAME><PRENOM>Blücher</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY> <TITRE><P>Ordre du maréchal Blücher</P></TITRE><P>Je, soussigné, fais savoir et reconnais par le présent que j'autorise M. Eberhard de Groote, officier volontaire prussien, et lui donne plein pouvoir de s'emparer aussitôt de tous les chefs-d'&#339;uvre qui se trouvent à Paris et qui avaient été enlevés et pillés par les Français dans les états prussiens et de les envoyer aux lieux où ils se trouvaient avant. En conséquence, toutes les autorités civiles et militaires sont invitées et requises non seulement de ne pas entraver l'exécution des mesures confiées à mon fondé de pouvoir, mais aussi de lui prêter aide et assistance par tout ce qui sera en leur pouvoir et même par exécution militaire.</P><P>Du reste, je promets de reconnaître pour bon et valable tout ce que le susdit mon fondé de pouvoir pourra faire relativement à sa mission.</P><P>En foi de quoi j'ai signé la présente procuration et y ai apposé le sceau de mes armes.</P><P>Donné à mon quartier général, Saint-Cloud, le 10 juillet 1815.</P><P>Le chargé par Sa Majesté prussienne général, feld-maréchal général en chef des armées prussiennes, chevalier de tous les grands ordres.</P><SIGNED>Signé BLUCHER</SIGNED><P>Pour copie conforme à l'original, le commissaire royal prussien.</P><SIGNED>Signé JACOBI.</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je me transportai de suite au poste du Louvre. Le commandant, non seulement me promit main-forte pour arrêter, mais fut encore s'assurer d'un renfort au poste des Tuileries où l'on 
<PROV-NUMBER>[p. 257]</PROV-NUMBER> s'engagea à mettre à sa disposition 60 hommes de la garde nationale.</P><P> Je fus de suite chez M. de Ribbentrop pour m'expliquer avec lui sur ce nouvel ordre. Il me dit qu'il croyait que c'était une erreur et me chargea de dire à son frère qui loge chez moi que toute personne qui se présenterait à une heure indue lui fut renvoyée pour viser ses pouvoirs.</P><P>Je remis l'ordre suivant (n° 6) au commandant du poste, M. Subert, négociant.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3485"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3485</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>10 juillet</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 257]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3485] N° 6 -<DATELINE>le 10 juillet</DATELINE>, 11 heures du soir.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. Subert.</ADDRESS><P>Le directeur du Musée royal invite M. le commandant du poste à déclarer aux personnes qui pourraient se présenter à cet établissement avant 8 heures du matin qu'elles aient à montrer leurs pouvoirs à M. de Ribbentrop, intendant des armées prussiennes, demeurant quai Voltaire, n° 5, chargé par son frère, intendant général, de vérifier les pouvoirs.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A mon retour chez moi, je trouvai un poste de garnissaires.</P><P>Sa Majesté, ayant été informée de la violence projetée, avait envoyé à Sa Majesté l'Empereur</P><P>Alexandre un officier de sa Maison pour le prévenir de cette inconvenance.</P><P>A trois heures du matin, il arriva au musée un officier envoyé par Sa Majesté le Roi de Prusse qui, par ordre verbal et dont on exigeait un reçu, annonçait un sursis à tout enlèvement d'objets d'arts.</P><P>A 4 heures du matin, on apporta au secrétaire du musée l'instruction suivante (n° 6 bis).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3486"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3486</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>11 juillet</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 257</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Cuiller de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3486] N° 6 bis - <DATELINE>11 juillet</DATELINE>, 4 heures du matin.</HEAD><BODY><ADDRESS></ADDRESS><P>Aussitôt que la voiture chargée de recevoir les objets sera rendue au musée, un homme qui y est employé se rendra de suite auprès du commandant de place M. le colonel de Pfhul où il recevra les instructions ultérieures.</P><P>Paris, le 11 juillet 1815.</P><SIGNED>Signé de CUILLER, lieutenant adjoint.</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N3"><NOTE-NUMBER><SUP>17</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Il s'agit de la salle où était exposé l'Apollon du Belvédère, au rez-de-chaussée du musée.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>A 6 heures, l'officier porteur de l'ordre du prince Blücher se présenta pour le mettre à exécution. On lui déclara qu'un ordre de son souverain arrivé à 3 heures du matin avait mis empêchement à tout enlèvement de tableaux. Il sortit et revint une demi-heure après avec le même officier, qui déclara que l'ordre verbal qu'il avait donné n'était que pour empêcher de travailler à une heure indue, ce qu'il vint me signifier chez moi.</P><P>J'allai chez M. le commandant de Pfuhl avec cet officier, qui me confirma que rien n'était changé à l'ordre du prince Blücher. En revenant au musée, je trouvai 200 hommes de troupe prussienne à la porte et six factionnaires dans le Grand Salon du musée.</P><P>De son côté, le secrétaire général du musée, d'après l'invitation de M. Champcenetz, qu'il avait été prévenir de ce qui s'était passé la nuit et de ce qui se passait dans le moment même, avait été chez Son Excellence M. Pozzo di Borgo, ministre de Sa Majesté l'Empereur de Russie, pour l'informer que, malgré l'intervention de son souverain, on persistait à vouloir enlever d'autorité les objets d'arts déposés au Musée royal.</P><P>Son Excellence invita le secrétaire général à se présenter chez M. de Müffling pour lui annoncer qu'à une heure du matin l'Empereur de Russie avait écrit à Sa Majesté le Roi de Prusse à ce sujet et pour l'inviter à suspendre toute opération.</P><P>Le secrétaire se présenta en effet chez M. de Müffling mais ne put parvenir jusqu'à lui et, en rentrant au musée, il trouva le directeur aux prises avec M. de Groote, officier <PROV-NUMBER>[p. 258]</PROV-NUMBER> volontaire 
 prussien et commissaire nommé par le prince Blücher. Cet officier ordonnait impérieusement aux gardiens du musée de descendre et d'emporter le tableau de Rubens représentant <TITLE>Le Crucifiement de saint Pierre</TITLE>.</P><P>Alors je donnai un ordre contraire aux dits gardiens; l'opération fut de fait suspendue pour le moment. Ce commissaire s'étant appuyé de la force armée, le tableau fut descendu ainsi que quelques autres réclamés par la Prusse et portés par ordre du dit commissaire dans la galerie d'Apollon, dont il prit la clef<ANOTE REFID="N3">(17)</ANOTE>.</P><P>M. de Groote ayant fait descendre du Grand Salon du musée un tableau de Jan van Eyck représentant <TITLE>Betsabée</TITLE>, on lui observa que jamais ce tableau n'était venu des Etats prussiens et ce n'est qu'après avoir lu la notice qu'il fut convaincu que ce tableau venait de la Bibliothèque ambrosienne à Milan.</P><P>80 hommes de la garde nationale étant arrivés, le commandant me déclara qu'il avait ordre de s'opposer à tout enlèvement et me prévint qu'il était autorisé à requérir d'autres forces.</P><P>Les deux commissaires voyant ces dispositions se concertèrent et voulurent envoyer un officier au général gouverneur Müffling.</P><P>L'instant devenant critique, je priai le commandant du poste de la garde nationale d'aller prendre un ordre par écrit et c'est à cet instant que je reçus de M. le comte de Pradel l'autorisation de laisser sortir librement les objets réclamés.</P></COMMENT>
<COMMENT></COMMENT><LETTER ID="DEN3487"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3487</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>11 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 258]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3487] N° 8 - <DATELINE>11 juillet 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><P>M. l'officier de la garde nationale commandant le poste placé au Musée royal voudra bien laisser librement passer les objets d'art remis aux commissaires prussiens par l'administration du musée qui donnera à cet effet les laissez-passer.</P><P>Paris, le 11 juillet 1815.</P><P>Pour le ministre de la Maison du Roi, le directeur général du ministère.</P><SIGNED>Signé COMTE DE PRADEL</SIGNED><P>Le chef de bataillon commandant le poste du palais donne l'ordre positif à M. le chef de poste du Louvre de se conformer à l'ordre ci-dessus de M. le directeur de la Maison du Roi.</P><SIGNED>Signé LE COMTE DE VAULGRENNAND</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Les deux commissaires demandèrent alors au commandant du poste français de leur donner des fusiliers pour accompagner les tableaux. Tous repoussèrent avec indignation cette proposition.</P><P>Ils enlevèrent ce jour même treize tableaux placés dans la Grande Galerie et qui proviennent de la Prusse, un venant de Cologne, un autre de Dantzick.</P><P>Ils apposèrent les scellés sur une armoire où sont les bronzes et, hier dans la journée, les commissaires ont été dans les églises chercher les tableaux qui leur avaient été donnés par le dernier gouvernement.</P><P>Au Musée royal, on s'occupait toujours du déplacement des statues, bustes et bas-reliefs.</P><P>J'écrivis le 12 juillet la lettre suivante (n° 9) à M. le marquis de Champcenetz, en lui transmettant le procès-verbal ci-dessus et le priant de vouloir bien les mettre sous les yeux de Sa Majesté.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3488"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3488</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>12 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 258]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3488] N° 9 - <DATELINE>12 juillet 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>Monsieur le Marquis,</ADDRESS><P> Pour vous mettre à même de connaître ce qui s'est passé au musée depuis que j'ai eu <PROV-NUMBER>[p. 259]</PROV-NUMBER> l'honneur de vous voir, je m'empresse de vous prévenir qu'à mon retour à l'établissement, je l'ai trouvé occupé par un poste de plus de 200 Prussiens qui, non seulement étaient en bataille devant la porte, mais ont poussé l'outrage jusqu'à placer dans une dépendance du palais du Roi six factionnaires aux trois portes du grand salon pour en garder les issues.</P><P> L'un des commissaires, M. de Groote, porteur de l'ordre (n° 5) exigeait impétueusement que les tableaux de Cologne et de Dantzick qu'il avait fait descendre avec autorité sortissent lorsqu'un piquet de 80hommes de la garde nationale arriva au musée avec ordre de ne rien laisser sortir. Sentant l'importance d'une pareille circonstance et pressentant que M. de Groote voudrait y mettre de la violence, je le pressais d'aller chercher un ordre par écrit. J'en parlai aux commissaires prussiens, MM. Jacobi et de Groote, que l'arrivée de cette garde avait paru animer davantage. Ils me répondirent qu'ils allaient s'adresser à M. le général Müffling. Ce fut dans cette crise pressante et à l'instant où ils se disposaient à y envoyer un officier que je reçus de M. le comte de Pradel l'ordre au commandant du poste de laisser sortir librement les objets provenant de la Prusse.</P><P>A quatre heures, les porteurs étant sur le point de sortir, les commissaires demandèrent au commandant du poste de la garde nationale de donner des fusiliers pour accompagner les porteurs. Tous repoussèrent avec indignation cette proposition.</P><P>Je continuerai, Monsieur le Marquis, à vous informer de la suite de cette affaire qui, j'espère, se passera maintenant sans scandale.</P><P>Agréez, Monsieur le Marquis, etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 13 juillet, j'écris à M. de Champcenetz une autre lettre dont la teneur suit (n° 10).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3489"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3489</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>13 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 259]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3489] N° 10 - <DATELINE>le 13 juillet 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS></ADDRESS><P>Monsieur le Marquis,</P><P> Depuis le rapport que j'ai eu l'honneur de vous faire hier, le déplacement des statues et bustes placés 
18 dans les salles du musée s'est fait paisiblement<ANOTE REFID="N4">(18)</ANOTE> et ils se trouvent déposés dans le jardin de l'Infante; l'encaissement n'en est pas encore commencé.</P><P>Hier soir, le neveu de M. le prince de Metternick, envoyé par son oncle, a demandé des détails sur les enlèvemens faits par les Prussiens. Etait-ce pour une disposition bénévole ou bien pour régulariser leurs propres demandes? Comme il s'est informé du lieu où avaient été transportés les tableaux déjà sortis, j'ai cru devoir donner l'ordre à M. Lavallée de ne livrer les petits bronzes qu'ils avaient reconnus et mis sous le scellé, et quelques médailles restées à la Monnaie des médailles que sur un reçu circonstancié de l'heure et du jour où ils leur seront remis.</P><P>Je suis informé indirectement qu'il a été envoyé de Paris et fait à Sèvres plusieurs caisses qui ont été portées à Saint-Cloud. Je crains bien qu'elles ne servent à dévaster la collection de ce palais.</P><P>Je viens de même d'apprendre, en causant avec le commissaire prussien logé chez moi, que des mal-intentionnés ont été dénoncer aux autorités militaires prussiennes des magasins immenses d'habits qui ont été de suite saisis. Quoique cela ne me concerne pas, j'ai cru de mon devoir d'en informer Votre Excellence.</P><P>Agréez, Monsieur le Marquis, etc.</P></BODY><NOTES><NOTE ID="N4"><NOTE-NUMBER><SUP>18</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Souligné dans le texte.</NOTE-TEXT></NOTE><NOTE ID="N5"><NOTE-NUMBER><SUP>19</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Deux cent soixante-et-onze tableaux et d'importantes quantités de sculptures, de dessins et de livres avaient été prélevés à Brunswick en 1806, une première restitution de 79 tableaux et autres objets avait été effectuée en 1814, cf. lettre 3152.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>L'opération de la Prusse se terminait lorsque M. de Munchkausen vint chez moi me prévenir qu'il était chargé de réclamer les tableaux et objets d'art qui avaient été enlevés des Etats de 
<PROV-NUMBER>[p. 260]</PROV-NUMBER> 
 Brunswick, disant qu'il désirait que cela se traitât amicalement<ANOTE REFID="N5">(19)</ANOTE>. Sur l'observation que je ne pouvais agir sans un ordre de ma cour, il m'écrivit une lettre que je communiquai à M. de Champcenetz, le priant de la mettre sous le yeux du Roi et le prévenant des dispositions amicales de M. de Munchkausen fondées sur notre ancienne liaison.</P><P>Je reçus la réponse de M. de Champcenetz (10 bis) ci-dessous. Toutes ces dispositions amicales finirent par une signification de M. de Ribbentrop (n° 11).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3490"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3490</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>21 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 260]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Champcenetz de </AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3490] N° 10 bis - <DATELINE>Tuileries, 21 juillet 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Champcenetz à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>Ayant rendu compte au Roi de la lettre que vous aviez reçue de M. de Munchkausen, Sa Majesté m'a autorisé de vous dire que, dans les circonstances présentes, il n'y avait pas d'autre instructions à vous donner que de faire pour le mieux.</P><P>J'ai l'honneur d'être très parfaitement, Monsieur, etc.</P><SIGNED>Signé LE MARQUIS DE CHAMPCENETZ.</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3491"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3491</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 260]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3491] N° 11 - <DATELINE>30 juillet 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. Denon.</ADDRESS><TITRE><P>Ordre de M. de Ribbentrop adressé au directeur du musée.</P></TITRE><P>Je vous prie, Monsieur le Baron, de permettre que les objets d'art que les Français enlevèrent dans les années antérieures aux Etats de Brunswick fussent remis sur quittance à MM. les commissaires premier chambellan comte de Munchkausen et à M. le commandant Manher.</P><P>Recevez de nouveau, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé: RIBBENTROP</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N6"><NOTE-NUMBER><SUP>20</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Deux cent neuf tableaux avaient été prélevés dans la galerie de Schwerin en 1807.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Nota bene: Il est à croire que M. de Munckhausen n'était pas spécialement chargé d'ordre, M. de Ribbentrop, brunswickois, passa outre, interposa son autorité et signifia l'ordre ci-dessus.</P><P>Le même jour 30 juillet, le directeur reçut un autre ordre (n° 12) de M. de Ribbentrop de remettre à M. le baron d'Oertzen, grand maréchal de la cour de Mecklembourg-Schwerin, les tableaux 
 apportés de cette résidence en 1807<ANOTE REFID="N6">(20)</ANOTE>.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3492"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3492</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 juillet 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 260]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3492] N° 12 - <DATELINE>30 juillet 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. Denon.</ADDRESS><TITRE><P>Traduction de la lettre de M. de Ribbentrop pour M. d'Oertzen.</P></TITRE><P>M. d'Oertzen, grand maréchal de Son Altesse Royale le grand-duc de Schwerin, a été chargé de réclamer les chefs-d'&#339;uvre qui ont été enlevés par les Français dans les Etats du susdit grand-duc, au mois de mars 1807.</P><P>Comme la restitution de ces chefs-d'&#339;uvre n'est sujette à aucune réflexion, je vous invite, Monsieur le Baron, à les lui faire remettre contre quittance le plutôt possible.</P><SIGNED>Signé : RIBBENTROP</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A ces deux intimations, je répondis que je ne pouvais y obtempérer qu'après avoir pris les ordres de ma cour. Je reçus le 5 août la lettre suivante (n° 13) de M. le comte de Pradel.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3493"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3493</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>5 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 260]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3493] N° 13 - <DATELINE>5 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. le comte de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>Je vous prie, Monsieur le Baron, en conséquence des ordres que j'ai reçus du Roi, de vouloir bien déposer entre les mains des personnes que Sa Majesté l'Empereur d'Autriche proposera à cet effet, les tableaux et objets d'art qui ont été enlevés à Vienne et en Autriche par les armées françaises. Vous prendrez la même mesure à l'égard des objets de même nature qui ont appartenu à Son Altesse Monseigneur le duc de Brunswick ainsi que Son Altesse Monseigneur le duc de Mecklenbourg-Schwerin, et que Sa Majesté désire leur faire remettre.</P><P>Recevez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N7"><NOTE-NUMBER><SUP>21</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Deux cent quatre-vingt-dix neuf tableaux avaient été prélevés dans les collections de Cassel, particulièrement riche en &#339;uvres de Rembrandt, et beaucoup d'entre eux avaient été présentés lors de l'exposition de 1807 (cf. G. Gronau, « Die Verlüste der Casseler Galerie in der Zeit der französischen Okkupation, 1806-1813 », dans Internationale Monatshefte, 1917.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Sur ces entrefaites, M. de Carlshausen se présenta chez moi pour réclamer les objets d'art enlevés à Cassel<ANOTE REFID="N7">(21)</ANOTE>. Sur les oppositions que je lui fis, je me trouvai dans le cas de voir qu'il sollicitait les secours de la Prusse pour appuyer ses réclamations. Je pus croire pendant quelques jours que la cour de Prusse n'ayant aucun intérêt commun avec la cour de Cassel, elle ne voudrait pas se charger <PROV-NUMBER>[p. 261]</PROV-NUMBER> de prêter la force à ses réclamations. J'ignorais que M. le prince Blücher était hessois et ami du prince électeur de Hesse, qu'il en avait reçu une lettre instante appuyée sur leur ancienne liaison.</P><P>Je reçus effectivement le 9 août de M. de Ribbentrop l'ordre impératif suivant (n° 14) de remettre à M. de Carlshausen les objets qu'il réclamait.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3494"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3494</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>9 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 261</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3494] N° 14 - <DATELINE>9 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai l'honneur de vous prévenir, Monsieur le Baron, que M. de Carlshausen, conseiller intime de Son Altesse Royale l'électeur de Hesse, président de la régence, chargé de sa cour de recevoir les objets d'art enlevés de la Hesse-Cassel en 1806, est arrivé ici pour recevoir le plutôt possible ce qui appartient à sa patrie. Je vous prie en conséquence de lui faire remettre aussitôt que possible, des objets qui font partie du musée ou des châteaux royaux et des collections de la ville, ceux qui sont enlevés de Hesse-Cassel et qui sont portés sur l'état que j'ai l'honneur de vous transmettre.</P><P>M. de Carlshausen viendra lui-même demander vos bons offices et je joins ma demande à la sienne pour que la remise soit faite avant mon départ.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : RIBBENTROP</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A cette époque, je fus prévenu que le maréchal Blücher allait évacuer sa résidence de Saint-Cloud et, informé que plusieurs tableaux qui n'appartenaient pas à la Prusse avaient été enlevés de ce château, j'écrivis de suite au concierge de cette maison pour qu'il me donnât un détail exact et circonstancié de tout ce qui s'était passé, ce qu'il fit en m'adressant un état dont je joins l'extrait.</P><P>Extrait des tableaux enlevés à Saint-Cloud</P><P>Dans la galerie</P><TABLE><TBODY><TR><TD><TITLE>Le Prisonnier en colère</TITLE>, par Rembrand</TD><TD>Ce tableau appartenait à la Prusse et a été enlevé par ordre du prince Blücher</TD></TR>
<TR><TD><TITLE>Le Porte-drapeau</TITLE>, de Wouvermans Ce tableau a été retrouvé chez M. de Ribbentrop et restitué à Cassel.</TD><TD>Enlevé par ordre de Blücher; on a donné reçu de ces deux tableaux</TD></TR><TR><TD><TITLE>La Vierge</TITLE>, de Léonard de Vinci</TD><TD>Ces quatre tableaux ont été enlevés la nuit, on a forcé le grillage extérieur d'une croisée et ouvert la croisée.</TD></TR><TR><TD><TITLE>L'Adoration des Mages</TITLE>, par Dietrich</TD><TD></TD></TR><TR><TD><TITLE>L'Arrivée à l'hôtellerie</TITLE>, par Einguelbach</TD><TD></TD></TR><TR><TD><TITLE>La Visitation</TITLE>, de Lievens</TD><TD></TD></TR></TBODY></TABLE><P>Dans l'appartement du rez-de-chaussée</P><TABLE><TBODY><TR><TD>Une <TITLE>Vierge</TITLE>, par Sasso Ferrata</TD><TD>Enlevé par ordre du prince Blücher. L'officier en a donné un reçu.</TD></TR>
<TR><TD>Un <TITLE>Intérieur d'église</TITLE>, de Peters Neef</TD><TD>On s'est apperçu de l'enlèvement de ces trois tableaux après le départ du quartier général.</TD></TR><TR><TD>Un autre <TITLE>Intérieur d'église</TITLE>, par Peters Neef</TD><TD></TD></TR><TR><TD>Une <TITLE>Vue de Venise</TITLE>, par Canaletti</TD><TD></TD></TR></TBODY></TABLE>
<P>Dans l'appartement sur la cour d'honneur</P><TABLE><TBODY><TR><TD><TITLE>La Toilette</TITLE>, de Cerburg</TD><TD>Enlevé.</TD></TR></TBODY></TABLE><P>Dans la galerie</P><TABLE><TBODY><TR><TD>Une <TITLE>Cléopâtre</TITLE>, en marbre blanc</TD><TD>Enlevé sur reçu par ordre du prince Blücher.</TD></TR>
<TR><TD>Le portrait de <TITLE>Bonaparte</TITLE>, par David</TD><TD>Enlevé sur reçu par ordre du prince Blücher.</TD></TR><TR><TD>Sept tableaux de la famille de Bonaparte</TD><TD></TD></TR></TBODY></TABLE></COMMENT><COMMENT> <P><PROV-NUMBER>[p. 262]</PROV-NUMBER> Un des gardiens a trouvé dans l'appartement du rez-de-chaussée le tableau de Bilcoq, <TITLE>Le Chimiste en méditation</TITLE>, détaché de son châssis avec un instrument tranchant; ce tableau est très maltraité; il paraît qu'après l'avoir ployé, on a marché dessus.</P><P>Les tableaux ci-dessus sont les seuls que, jusqu'à ce moment, je me sois apperçu avoir été enlevés. Le quartier général n'a été levé qu'hier et je vais faire un nouveau recensement sur le catalogue de la galerie de Saint-Cloud.</P><P>J'adressai le 27 juillet à M. de Champcenetz une copie de cet état.</P><P>Aussitôt que j'eus reçu l'ordre de M. de Ribbentrop, qui ordonnait la remise à M. de Carlshausen de tous les objets d'art qui venaient des Etats de l'électeur de Hesse-Cassel, j'écrivis à M. le comte de Pradel que j'avais eu l'honneur de prévenir précédemment sur le danger d'obtempérer aux demandes de la Hesse en lui observant que cette restitution ferait disparaître la majeure partie des petits tableaux, les plus gracieux de l'Ecole hollandaise. M. le comte de Pradel fit effectivement attendre plusieurs jours l'ordre qu'on sollicitait de lui et ce ne fut qu'après une nouvelle intimation accompagnée de menaces de la part de M. de Ribbentrop qu'il m'écrivit la lettre (n° 15) et me transmit l'ordre (n° 16).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3495"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3495</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>16 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 262]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3495] N° 15 - <DATELINE>le 16 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>Je vous préviens, Monsieur le Baron Denon, que j'ai adressé à M. le baron de Carlshausen, conseiller intime de Son Altesse l'électeur de Hesse, un ordre qui vous est relatif et qui vous autorise à remettre en ses mains les tableaux et autres objets d'art qui proviennent de la Hesse. En conséquence, vous voudrez bien prendre les mesures nécessaires pour que cette remise soit faite dans le plus bref délai, en ayant soin de prendre des récépissés des objets restitués dont vous m'enverrez copie. M. de Ribbentrop, quoique je lui eusse annoncé que cet ordre serait prochainement donné, vient de m'adresser à ce sujet une nouvelle intimation accompagnée de menaces qui devaient s'exécuter aujourd'hui. Je vous invite à prendre des mesures pour éviter l'état fâcheux qui résulterait des moyens de force que l'on pourrait employer.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3496"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3496</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>16 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 262]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3496] N° 16 - <DATELINE>le 16 août 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>Le même au même.</ADDRESS><P>J'autorise le directeur du musée à faire remettre à M. le baron de Carlshausen, conseiller intime de Son Altesse Royale l'électeur de Hesse, les tableaux et autres objets d'art qui ont été enlevés dans la Hesse. Il aura soin d'en prendre des récépissés dont il nous transmettra copie. Etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>C'est à dater de cette restitution que commença le désastre du musée puisqu'il perdit 150 tableaux exposés dans la galerie et plusieurs antiquités célèbres.</P><P>M. le comte de Pradel ayant autorisé la remise à la cour d'Autriche des tableaux pris en 1809 à Vienne [Venise ms.], M. Rosa, conservateur de cette galerie, fut envoyé comme commissaire et l'administration n'eut qu'à se louer de la manière mesurée qu'il mit à remplir sa mission (voyez n° 13)</P><P>Ce fut à cette époque que je demandai au Roi la permission de voir M. de Metternich, pour savoir qu'elles étaient les intentions ultérieures de la cour d'Autriche relativement aux tableaux enlevés de ses nouvelles possessions en Italie et la protection qu'elle était disposée à apporter aux réclamations du prince Albani.</P><P>D'après les conversations que j'eus avec le prince de Metternich, je devais penser qu'il n'y avait encore rien de décidé au Congrès relativement à ces objets et, avec l'autorisation que j'en avais reçue du Roi, je lui exprimai combien Sa Majesté serait reconnaissante de ses bons offices à cet égard et qu'il savait que son intention était de la lui témoigner par la cession de plusieurs tableaux de l'école française que sa Majesté savait manquer à la collection de Vienne.</P><P>Le prince me pressentit des difficultés qu'il trouverait à cette négociation par les demandes <PROV-NUMBER>[p. 263]</PROV-NUMBER> appuyées du prince Borghèse et du prince Albani. Je crus devoir lui dire que j'aurais l'honneur de lui adresser une note qui pourrait écarter les prétentions de ces deux princes et je la lui remis effectivement, celle relative aux antiquités Albani (voyez n° 17 ci-dessous).</P><P>Je fis observer à M. de Metternich combien les prétentions du prince Borghèse étaient illusoires puisque la possession française était le résultat d'un marché volontaire dont les conditions étaient respectivement remplies. M. de Metternich convint qu'il me verrait volontiers tout en me prévenant que ce qu'il me dirait dans nos conversations n'étant pas des engagemens ne pourrait ni m'engager, ni me compromettre.</P></COMMENT>
<COMMENT><TITRE><P>Antiquités Albani.</P></TITRE></COMMENT><LETTER ID="DEN3497"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3497</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE></DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 263]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3497] N° 17 - Antiquités Albani.</HEAD><BODY><ADDRESS></ADDRESS><P>L'armée française, après l'insulte faite à l'ambassadeur de France près la cour de Rome dans la personne du général Duphot, entra dans les états du Pape. Elle s'empara des propriétés du Saint-Siège et des cardinaux et princes romains qui paraissaient avoir été les instigateurs des mauvais traitemens qu'avaient éprouvés les Français dans cette ville. Les cardinaux Albani et prince Braschi furent spécialement désignés et le séquestre fut apposé sur leurs biens. On fit encaisser de suite toutes les antiquités qui leur appartenait et le tout fut transporté dans les magasins de Ripa Grande pour y être embarqué sur le Tibre, conduit à Cività Vecchia et, de là, en France.</P><P>Sur ces entrefaites, la cour de Naples, aidée des Anglais, obligea les Français d'évacuer Rome. Le cardinal Albani réclama de suite toutes les caisses qui étaient encore en dépôt à Ripa Grande, mais les deux puissances refusèrent de les lui remettre, sous prétexte qu'elles avaient été déclarées propriété française. La cour de Naples se disposait à les faire emporter toutes, et en avait déjà fait partir pour Naples le tiers des caisses, lorsque, sur l'intervention d'une puissance que l'on présume être l'Autriche, ce qui restait fut arrêté à Rome.</P><P>Les Napolitains, outre ce qui appartenait au cardinal, avaient de même emporté des propriétés françaises, telles que la Palla[s] de Velletri et autres objets acquis par la France.</P><P>Par l'article 8 du traité de Florence, il fut convenu que la cour de Naples restituerait à la France tout ce qu'elle avait emporté de Rome et déclaré propriété de ce gouvernement. C'est donc par suite de ce traité que la France se trouve en possession d'une partie des antiquités (à la vérité la moins importante) qui composaient la collection Albani.</P><P>Les objets de cette collection qui étaient restés à Rome déjà encaissés restèrent à la disposition du gouvernement français. Le Pape n'avait pas osé après la bataille de Marengo les rendre à la maison Albani.</P><P> A l'époque du traité de Lunéville<ANOTE REFID="N8">(22)</ANOTE>, sur l'intervention de la cour d'Autriche, la France les fit rendre au prince Albani, et ce qui avait déjà été remis à la France fut reconnu comme propriété française, même [de] l'aveu de l'ancien propriétaire.</P></BODY><NOTES><NOTE ID="N8"><NOTE-NUMBER><SUP>22</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Traité de Lunéville du 9 février 1801.</NOTE-TEXT></NOTE><NOTE ID="N9"><NOTE-NUMBER><SUP>23</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Les négociations avec le royaume des Pays-Bas ne s'achevèrent qu'en 1818: les Pays-Bas conservèrent la collection formée par le roi Louis Bonaparte à Amsterdam, ainsi que les tableaux envoyés à Bruxelles en 1803 et 1811, tandis que les tableaux provenant de la collection du Stathouder restaient à la France. Sur ce sujet, cf. Piot (Charles), Rapport à M. Le Ministre de l'Intérieur sur les tableaux enlevés à la Belgique en 1794 et restitués en 1815, Bruxelles, 1883; Boyer (Ferdinand), « Une conquête de la Convention: les tableaux du Stathouder (1795) », dans BSHAF, 1970, p. 149-157, qui publie l'inventaire des tableaux de cette collection à leur arrivée à Paris.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Le bruit s'étant répandu à cette époque que des commissaires belges et hollandais avaient été nommés par Sa Majesté le Roi des Pays-Bas pour venir reprendre les tableaux conquis par les Français en 1793 dans la province Belgique, en 1794 en Hollande, je revis pour la deuxième fois M. de Metternich, lui observai que ces objets n'avaient rien de commun avec la guerre actuelle puisque ces tableaux avaient été acquis par la France dans un tems où Bonaparte n'était pour rien dans le gouvernement de la France et que la propriété en avait été constatée par tous les 
 traités<ANOTE REFID="N9">(23)</ANOTE>.</P><P>Il fut remis dans ce tems là aux divers plénipotentiaires, de la part de la direction, les notes suivantes (n° 18).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3498"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3498</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE></DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 263]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3498] N° 18 - Tableaux de la Belgique.</HEAD><BODY><TITRE>Tableaux de la Belgique</TITRE> <P>En 1793, les Français ayant conquis la majeure partie des Pays-Bas apportèrent à Paris comme trophée de leurs victoires quelques précieux tableaux de l'Ecole flamande qui décoraient les cathédrales et principalement les monastères qui, par les lois de la Constituante, se trouvaient supprimés. <PROV-NUMBER>[p. 264]</PROV-NUMBER> Les soins que l'on apporta à cette opération difficile et dispendieuse furent tels que ces monumens arrivèrent dans le meilleur ordre. La Belgique, par suite des divers traités avec l'Autriche, ayant été cédée à la France, le gouvernement français chercha à indemniser ses nouveaux départemens en fondant à Bruxelles un musée superbe, où il envoya plusieurs tableaux de Rubens, van Dyck, Crayer etc. et il y joignit même pour y répandre l'instruction des arts plusieurs tableaux d'Italie notamment un beau Raphaël, des Guide, des Guerchins, des Paul Véronèse, des Procaccini, dont le nombre monte à près de 80 tableaux. Il y envoya même à Anvers le tableau de la sépulture de Rubens et son morceau de réception à l'académie.</P><P>Si l'on veut considérer que la plupart de ces tableaux venant des monastères supprimés eussent été vendus, qu'ils n'existeraient peut-être plus dans aucune collection de l'Europe, si l'on peut se rappeler ce qui se passa sous l'Empereur Joseph II lorsqu'il détruisit quelques couvens de la Belgique dont il fit emporter les plus beaux tableaux à Vienne, on saurait gré à la France d'avoir sauvé ces monumens, de les avoir remis dans le meilleur ordre et de les avoir exposés avec une magnificence tout à fait royale.</P><P>De 200 tableaux qui furent apportés de la Belgique, 30 au plus se trouvent au musée de Paris, les autres se trouvent disséminés dans les 18 principales villes du royaume où le gouvernement a établi des musées et tous, avant de sortir de Paris, furent réparés avec le plus grand soin.</P><P>Le gouvernement français, par les énormes dépenses qu'il a versées dans le port d'Anvers, est plus que quitte envers cette ville des tableaux qu'elle réclame en ce moment et, si les puissances alliées, après un si long laps de tems, voulaient priver la France de ces tableaux, il faudrait donc que le musée de Bruxelles restituât tout ce qui lui a été donné et que l'on dépouillât de même les 17 villes de France où la majeure partie de ces tableaux a été envoyée, ce qui serait une véritable dévastation, tandis que celle que l'on reproche à la France a tourné au contraire au profit et à l'instruction publique de toute l'Europe.</P><TITRE><P>Collection de la Haye.</P></TITRE><P>Les Français, sous le commandement du général Pichegru, ayant conquis la Hollande, s'emparèrent des propriétés du Stathouder, ses collections de tableaux furent envoyées à Paris. La Hollande étant devenue un royaume, Louis Bonaparte monta sur ce trône et, comme il aimait passionnément les arts, il forma à l'Hôtel de Ville d'Amsterdam un musée beaucoup plus considérable et plus important en valeur que celui qui avait été saisi sur le Statouder. Il serait donc de toute justice, si l'on restitue au roi des Pays-Bas les tableaux de la Haye, que la collection formée par Louis Bonaparte et qu'il paya de ses deniers fut restituée à la France puisque, par suite de son abdication, la Hollande ayant été réunie à la France, cette collection était devenue propriété française. Napoléon l'a laissé à la ville d'Amsterdam, et se disposait même à l'augmenter de tableaux de l'Ecole française, lorsque le colossal Empire s'écroula.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le musée resta l'espace de 8 ou 10 jours à faire ses restitutions. Pendant ce tems, il reçut la lettre 
er ci-jointe (n° 19) en date du 1<SUP>er</SUP> août.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3499"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3499</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>1er août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 264]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Ribbentrop</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3499] N° 19 - <DATELINE>1er août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Ribbentrop à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>L'emballage des statues et bustes était à peu près achevé, je vous préviens, Monsieur, que les 10 colonnes de marbre provenant d'Aix-la-Chapelle doivent être descendues incessamment. Si vous êtes embarrassé pour avoir des ouvriers pour ce travail là, je vous enverrai des pionniers prussiens qui se connaissent à des ouvrages de cette manière.</P><P>J'espère que vous satisferez à cette demande aussitôt que possible et j'ai l'honneur etc.</P><SIGNED>Signé: RIBBENTROP</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P><PROV-NUMBER>[p. 265]</PROV-NUMBER> J'écrivis la lettre suivante (n° 20) en date du 1 août à M. de Pradel pour lui faire observer combien la proposition de mettre des pionniers à démolir dans le palais du Roi était inconvenante et lui adressai en même tems copie de cette demande.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3500"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3500</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>1er août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 265]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3500]N° 20 - <DATELINE>1er août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>J'ai reçu hier en vous quittant la lettre ci-jointe de M. de Ribbentrop relative aux objets d'art apportés de Schwerin. J'ai répondu de vive voix à l'officier qui me l'a remise que j'allais avoir l'honneur de vous communiquer cette lettre et que j'attendrai des ordres du gouvernement.</P><P>Aujourd'hui je reçois une autre lettre de M. de Ribbentrop, dont je joins de même copie, par laquelle vous verrez, Monsieur le Comte, que l'on redemande dix colonnes apportées d'Aix-la-Chapelle il y a 22 ans. Huit de ces colonnes sont employées à la construction des salles du musée et portent la voûte de la galerie d'Apollon.</P><P>Une telle demande faite dans de pareils termes est si outrageante et si contraire à toute convention que je crois qu'elle mérite toutes sortes d'observations de la part de Sa Majesté.</P><P>A supposer que ce soit la ville d'Aix-la-Chapelle qui réclame les dites colonnes, il y a, Monsieur le Comte, à lui représenter qu'elle a demandé et obtenu comme indemnité de Napoléon son portrait en 
24 pied et celui de son épouse Joséphine, somptueusement encadrés<ANOTE REFID="N10">(24)</ANOTE>.</P><P>La proposition de se charger de les faire enlever par des pionniers prussiens est si indécente qu'elle n'est admissible sous aucun rapport, à moins qu'on ne voulût les convaincre d'hostilité, d'autant que la sûreté du bâtiment serait compromise et qu'on ne pourrait faire une pareille opération que dans l'espace d'un mois.</P><P>Je vous prie, Monsieur le Comte, de vouloir bien prendre les ordres de Sa Majesté et de me les transmettre.</P><P>Agréez, etc.</P></BODY><NOTES><NOTE ID="N10"><NOTE-NUMBER><SUP>24</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>24 Par Bouchet et Lefèvre.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Je fis les mêmes réflexions à M. de Ribbentrop par la lettre suivante, en date du 1<SUP>er</SUP> août, que je lui écrivis (20 bis).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3501"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3501</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>1er août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 265]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3501] N° 20 bis - <DATELINE>1er août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Ribbentrop.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>C'est avec la plus vive peine que j'ai lu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire aujourd'hui 1<SUP>er</SUP> août relativement à des colonnes apportées il y a 23 ans d'Aix-la-Chapelle et employées depuis ce tems à soutenir la voûte de la galerie d'Apollon.</P><P>Malgré le désir que j'ai d'obtempérer à vos ordres, je ne puis, Monsieur le Comte, m'empêcher de vous représenter que l'enlèvement de ces colonnes (dont la valeur intrinsèque est très peu de chose) causerait un scandale dont tout Paris retentirait; qu'il obligerait d'établir des étages pour supporter la voûte et que cette opération nécessiterait la clôture du musée pendant plus d'un mois que demanderait cette opération, si l'on veut préalablement mettre à l'abri de tout accident les statues antiques qui décorent les salles où ses colonnes sont placées et celles même adjacentes.</P><P>Je dois vous représenter, Monsieur le Comte, que, si c'est la ville d'Aix-la-Chapelle qui réclame ces colonnes, on peut lui observer que, sous le dernier gouvernement, elle a demandé à l'Empereur et reçu 
 de lui comme indemnité son portrait en pied et celui de son épouse magnifiquement encadrés<ANOTE REFID="N11">(25)</ANOTE>. Cet acte me fait supposer que ce sont des officieux qui se chargent de cette demande, qui tourmentent le prince Blücher et lui arrachent des ordres que, mieux informé, il n'eût jamais donnés.</P><P>L'enlèvement de ces colonnes, Monsieur le Comte, est contre toute convention et entraînera, je ne puis vous le dissimuler, de graves inconvénient. Je vous préviens donc que je dois attendre l'ordre de mon gouvernement pour me déterminer à cette opération.</P><P>Agréez, Monsieur le Comte, l'hommage etc.</P><SIGNED>DENON Signé :</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N11"><NOTE-NUMBER><SUP>25</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Par Bouchet et Lefèvre.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>M. le comte de Pradel me répondit la lettre suivante n° 21 en date du 4 août.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3502"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3502</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>Le 4 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 265]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3502] N° 21 - <DATELINE>Le 4 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS></ADDRESS><P>J'ai reçu, Monsieur le Baron, la lettre que vous m'avez écrite le premier de ce mois, en m'envoyant copie <PROV-NUMBER>[p. 266]</PROV-NUMBER> de celle que M. l'intendant général des armées prussiennes vous a adressés pour demander qu'on lui délivrât dix colonnes de marbre provenant d'Aix-la-Chapelle, dont 8 sont employées à la construction des salles du musée en supportent la voûte de la galerie d'Apollon.</P><P> Aussitôt la réception de votre lettre, je me suis empressé d'écrire à M. de Ribbentrop pour réclamer contre cette demande et je vous ferai part de sa réponse dès qu'elle me sera parvenue.</P><P>Agréez, etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>I l y a apparence que les observations faites par M. le comte de Pradel et par moi à M. de Ribbentrop lui firent abandonner le projet d'enlever ces colonnes et je croyais cette affaire terminée lorsque je reçus de M. de Lamprecht après le départ de M. de Ribbentrop la lettre ci-après (n° 22) sans date.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3503"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3503</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>Sans date</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 266]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Lamprecht de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3503] N° 22 - <DATELINE>Sans date</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Lamprecht à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Je reçois les ordres les plus réitérés et les plus sévères de demander le plutôt possible la remise des 40 colonnes de granit, porphire et marbre provenant de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. En conséquence, je vous prie, Monsieur le Baron, de désigner les colonnes en question à MM. les commissaires chargés de ces réclamations et de me faire savoir le plutôt possible si vous voulez en arranger la descente vous-même et quel jour vous destinez à la remise, ou si vous voulez que MM. les commissaires doivent ordonner ce travail.</P><P>Comme je dois faire le rapport sur cette affaire dans trois jours, je vous prie de faire parvenir votre réponse dans deux jours, mais je vous répète encore que la remise de ces colonnes est irrévocablement ordonnée.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : DE LAMPRECHT</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Cette nouvelle instance confirmait ce que j'avais observé à M. de Ribbentrop que le maréchal cédait à des instances particulières sans considérer l'indécence de demandes faites pour des objets de si peu d'importance et si étrangère aux intérêts du Roi de Prusse.</P><P>Je ne répondis point à M. de Lamprecht, mais je pris la liberté de m'adresser au Roi de Prusse et lui écrivis la lettre suivante n° 23, en date du 21 août 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3504"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3504</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>21 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 266]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3504] N° 23 - <DATELINE>21 août 1815</DATELINE>, M. <PERSNAME>Denon</PERSNAME> au <ETAT><LIBELLE-ETAT>Roi de Prusse</LIBELLE-ETAT>.</ETAT></HEAD><BODY><ADDRESS>A Sa Majesté le Roi de Prusse.</ADDRESS><P>Sire,</P><P>Je prends la respectueuse liberté de m'adresser à Votre Majesté pour la supplier de s'opposer à ce qu'il soit commis au Musée royal un acte de violence qui compromettrait la sûreté du bâtiment et obligerait de fermer cet établissement aux étrangers qui sont maintenant à Paris.</P><P>Le 1<SUP>er</SUP> août, je reçus de M. de Ribbentrop un ordre de faire descendre de la galerie des antiques dix colonnes de granit enlevés il y a près de 24 ans d'Aix-la-Chapelle, dont huit supportent la partie de cette galerie où sont les statues des hommes illustres et deux flanquent la niche où est exposée la statue d'Apollon. On me mandait que, si j'étais embarrassé pour ce travail, on m'enverrait des pionniers prussiens se connaissant à des ouvrages de cette nature.</P><P>Je m'empressai, Sire, de voir M. de Ribbentrop, je lui expliquai les inconvéniens qui résulteraient de cette opération. Il les apprécia et ordonna de surseoir à l'ordre qu'il avait donné et que je dus présumer annulé, puisque je n'entendis plus parler de cette affaire jusqu'à son départ.</P><P>Le sieur de Groote, de Bonn, officier volontaire dans les troupes de Votre Majesté, qui officieusement avait sollicité le premier ordre, jeune homme dont la tête ardente le fait parfois sortir des bornes de la prudence, semble avoir profité de l'absence de M. l'intendant général pour faire renouveler cette demande.</P><P><PROV-NUMBER>[p. 267]</PROV-NUMBER> Un ordre sans date de M. de Lamprecht, qui m'est arrivé le 15 août, me demande non seule ment ces dix colonnes, mais de plus trente-deux colonnes de marbre de diverses couleurs. M. Schober, commissaire prussien qui vint à ce sujet au musée et à qui je représentai l'impossibilité de remettre ces colonnes, fut voir avec le secrétaire du musée dans le magasin des marbres les colonnes provenant d'Aix-la-Chapelle qui existent encore. Il convint que l'on remettrait huit ou dix de ces colonnes les moins fatiguées et de plus un tombeau antique présumé avoir contenu autrefois les cendres de Char-lemagne, il n'insista pas sur l'enlèvement des colonnes employées dans le musée.</P><P>Aujourd'hui, Sire, je reçois un nouvel ordre où l'on me demande 40 colonnes, dans lesquelles se trouvent comprises celles qui supportent la galerie d'Apollon. J'ai cru qu'il était de mon devoir auparavant de faire entreprendre une opération de cette importance, d'en prévenir Votre Majesté et de lui exposer que cette démolition dans le palais du Roi pourrait être vue défavorablement, qu'elle exigerait une dépense bien au-dessus de la valeur des colonnes employées, dont les gorges et astragales ne sont que de petites pièces de rapport et qui intrinsèquement ne valent pas chacune cent écus.</P><P>Cette opération aura de plus l'inconvénient de mettre en danger la voûte qu'elles supportent et de m'obliger de fermer aux étrangers le musée.</P><P>Veuillez, Sire, donner des ordres pour que M. Schober, dont la direction n'a eu qu'à se louer, soit seul chargé de cette affaire et que la proposition qui lui fut faite de lui remettre dix de ces colonnes non employées, les moins fatiguées et les mieux appareillées, ainsi que le tombeau antique soit acceptée.</P><P> Je suis etc.</P><SIGNED> Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>M. de Lamprecht, impatient de ne pas recevoir de réponse, m'écrivit le 23 août (n° 23 bis) pour me prévenir qu'il regardait mon silence comme un assentiment à ce que les colonnes fussent descendues par les hommes de MM. les commissaires de Groote et Schober.</P><P>Dans cette même lettre qui me fut apportée par le sieur de Groote et un officier volontaire de Düsseldorf, M. de Lamprecht me demande 22 tableaux qu'il désigne et autres qu'il prétend avoir été enlevés de la galerie de Düsseldorf.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3505"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3505</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 267]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Lamprecht de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3505] N° 23 bis <DATELINE>23 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Lamprecht à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Vous ne m'avez pas fait l'honneur de répondre à ma lettre datée du 20 de ce mois, et il me faut croire ainsi que vous consentez à ce que la descente des colonnes provenant d'Aix-la-Chapelle doit être arrangée par MM. les commissaires de Groote et Schober. Je leur ai ainsi écrit à cet objet et ils vont commencer le travail le plutôt possible.</P><P>Puis, j'ai encore à réclamer pour Sa Majesté le Roi de Prusse les statues suivantes, étant enlevées de Berlin :</P><TABLE><TBODY>
<TR><TD>statue</TD><TD>de <TITLE>Julia, fille d'Auguste</TITLE></TD><TD>6 pieds 2 pouces de hauteur</TD></TR>
<TR><TD></TD><TD>de <TITLE>Mercure</TITLE></TD><TD>5</TD></TR>
<TR><TD></TD><TD>de <TITLE>Vertumnus</TITLE> (n° 205)</TD><TD>5</TD></TR>
</TBODY></TABLE>
<P>Et je vous prie, Monsieur le Baron, de faire savoir à MM. les commissaires quand ils pourront recevoir ces statues. Enfin, je viens de recevoir la réclamation de plusieurs tableaux qui font partie de la galerie de Düsseldorf, ci-devant grand-duché de Berg. Comme cette galerie, propriété des Etats de Berg, n'a été déposée à Munich que pour être sauvée pendant les tems de guerre, rien n'obsiste à la remise au duché de Berg de tout ce qui se trouve de cette galerie à Paris. Voici l'état de ces tableaux<ANOTE REFID="N12">(26)</ANOTE>:</P><TABLE><TBODY><TR><TD>1°<TITLE> Le Combat des Amazones</TITLE></TD><TD>par Rubens</TD></TR><TR><TD>2° <TITLE>Diogène, la lanterne à la main</TITLE> (n° 604)</TD><TD>id.</TD></TR><TR><TD>3° <TITLE>L'Arc-en-ciel</TITLE> (n° 603)</TD><TD>id.</TD></TR></TBODY></TABLE><P><PROV-NUMBER>[p. 268]</PROV-NUMBER></P><TABLE><TBODY><TR><TD>4°<TITLE> L'Assomption de la Vierge</TITLE> (n° 598)</TD><TD>par Rubens</TD></TR><TR><TD>5°<TITLE> Le Roi boit</TITLE> (n° 384)</TD><TD>par Jordaens</TD></TR><TR><TD>6° <TITLE>Le Satyre à table avec les paysans</TITLE> (n° 387)</TD><TD>id.</TD></TR><TR><TD>7° <TITLE>Les Vierges prudentes et imprudentes</TITLE></TD><TD>par Schalken</TD></TR><TR><TD>8° <TITLE>La Madeleine</TITLE> (n° 622)</TD><TD>id</TD></TR><TR><TD>9° <TITLE>Le Christ mort</TITLE> (n° 282)</TD><TD>par Antoine van Dyck</TD></TR><TR><TD>10° Antoine van Dyck- <TITLE>Portrait</TITLE>.</TD><TD>par Antoine van Dyck</TD></TR><TR><TD>11° <TITLE>Jésus mort </TITLE> (n° 281)</TD><TD>id.</TD></TR><TR><TD>12° <TITLE>Portrait</TITLE> de Rembrand (n° 523)</TD><TD>par Rembrand van Ryn</TD></TR><TR><TD>13° <TITLE>Le Christ porté au tombeau</TITLE> (n° 552)</TD><TD>id.</TD></TR><TR><TD>14° <TITLE>Un Médecin tâte le pouls d'une jeune femme</TITLE> (n° 641)</TD><TD>par Jan Steen</TD></TR><TR><TD>15° <TITLE>Les Anges aux bergers</TITLE> (n° 702)</TD><TD>par Andriaan Van Der Werf</TD></TR></TBODY></TABLE><P><IT>Nota</IT> : Il faut qu'il y ait plusieurs tableaux de ce maître provenant de la galerie de Düsseldorf</P><TABLE><TBODY>
<TR><TD>16° <TITLE>La Chasse au faucon</TITLE> (n° 721)</TD><TD>par Wouvermans</TD></TR>
<TR><TD>17° <TITLE>Une Sainte Famille</TITLE></TD><TD>par Raphaël</TD></TR>
<TR><TD>18° <TITLE>Une Sainte Famille</TITLE></TD><TD>par Carlo Dolci</TD></TR>
<TR><TD>19° <TITLE>La Vierge et l'Enfant-Jésus</TITLE> (n° 787)</TD><TD>par Vanucchi</TD></TR>
<TR><TD>20° <TITLE>Portrait d'un homme</TITLE> (n° 1189)</TD><TD>par Titien</TD></TR>
<TR><TD>21° <TITLE>Portrait d'un homme vêtu en noir</TITLE> (n° 1192)</TD><TD>par id.</TD></TR>
<TR><TD>22° <TITLE>Madeleine en méditation</TITLE> (n° 1035)</TD><TD>par Benedetto Luti</TD></TR>
</TBODY></TABLE>
<P>Il est probable qu'il y ait encore d'autres tableaux de la même cathégorie soit au musée, soit aux châteaux du Roi. Pour le moment, je ne sais vous communiquer que l'état de ceux que voici, mais notre droit de réclamation étant aussi bien fondé pour ces tableaux que pour tout ce que vous aviez déjà la complaisance de nous faire remettre, je vous prie, Monsieur le Baron, de me faire délivrer en même tems tous les tableaux qui, d'après vos états, se trouveront comme ayant fait partie de la galerie de Düsseldorf.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>Signé : DE LAMPRECHT </SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N12"><NOTE-NUMBER><SUP>26</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Ces tableaux avaient en fait été portés à Munich (cf. lettre 3507).</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Je venais de recevoir à l'instant même la lettre de Sa Majesté le Roi de Prusse (n° 24), datée du 23 août, qui s'opposait à l'enlèvement des dites colonnes et qui chargeait le sieur Schober d'accepter 10 colonnes non employées encore qui lui avaient été offertes.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3506"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3506</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 268]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Frédéric-Guillaume</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3506] N° 24 - <DATELINE>23 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>Sa Majesté le Roi de Prusse à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai reçu, Monsieur, la réclamation que vous m'avez adressée en date du 21 du courant. Si l'honneur national et l'intérêt que je prends au progrès des arts dans mes Etats m'ont engagé à redemander ce qui avait été enlevé par la force des armes, il est également dans mes principes d'empêcher tout ce qui pourrait tendre à la dégradation d'un édifice qui renferme ce que l'Antiquité nous a transmis de plus précieux. Je donnerai des ordres pour qu'on ne réclame aucune des colonnes qui soutiennent les voûtes de l'édifice et, tout en rendant justice au zèle et à la loyauté avec laquelle vous avez surveillé la conservation et la restitution des objets d'art, je fais charger le commissaire Schober d'accepter les 10 colonnes non employées et le tombeau antique d'après la proposition que vous avez faite.</P><SIGNED>FRÉDÉRIC 
-GUILLAUME 
.</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Aussitôt la réception de cette lettre, je répondis à M. de Lamprecht par la lettre en date du 25 août (n° 25).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3507"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3507</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>25 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 268]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3507] N° 25 - <DATELINE>25 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Lamprecht.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire relativement aux colonnes d'Aix-la-Chapelle était <PROV-NUMBER>[p. 269]</PROV-NUMBER> de nature à exiger de moi des présentations sur une dévastation du palais du Roi et je me suis empressé de les transmettre à votre souverain et à mon gouvernement. J'ai reçu en réponse une note d'un des chambellans de Sa Majesté le Roi de Prusse qui m'annonce qu'elles ont été appréciées et que je dois me reposer sur l'assurance qui m'a été donnée que ce que j'ai eu l'honneur de proposer a été accepté.</P><P>Relativement aux 22 tableaux que par votre lettre de ce jour vous me demandez, je dois vous déclarer, Monsieur, que vous avez été trompé par les personnes qui vous ont donné les désignations que vous me transmettez. Jamais il n'est entré dans le musée de Paris un seul des tableaux que vous m'indiquez et la collection entière de Düsseldorf a été porté à Munich.</P><P>Si le sieur de Groote doute de la véracité de cette déclaration, il peut aller faire ses enquêtes auprès de Son Altesse royale le prince de Bavière qui pourra lui en donner la confirmation. Quant à moi, je dois vous prévenir, Monsieur, que cette réclamation m'a moins surpris qu'affligé. Je me suis accoutumé aux demandes inconsidérées de ce jeune homme et sa conduite au musée le jour de l'enlèvement du tableau du <TITLE>Martyre de saint Pierre</TITLE>, par Rubens, m'a appris ce que je devais en attendre.</P><P>J'ai supplié Sa Majesté le Roi de Prusse de vouloir bien charger M. Schober, dont les procédés, la décence ont acquis toute mon estime, seul commissaire pour les restitutions qui pourraient encore être faites. Les personnes honnêtes s'entendent facilement et jamais la direction n'aura de contestations avec lui. C'est un service que je vous demande, Monsieur, et j'ose espérer que vous voudrez bien me le rendre.</P><P>Je suis avec etc.</P><SIGNED>Signé : 
DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le même jour, je reçus la lettre suivante (n° 26) de M. de Groote, qui, dans sa colère d'avoir été déçu du projet de faire un nouvel outrage au musée, m'annonçait qu'il espérait avoir sa revanche lorsque son protecteur serait revenu de Rambouillet. Elle porte la date du 25 août.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3508"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3508</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>Le 25 août 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 269]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>De Groote</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3508] N° 26 - <DATELINE>Le 25 août 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. De Groote à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>L'accusation que vous portez contre moi par votre lettre à Sa Majesté le Roi de Prusse relativement à la conduite que j'ai tenue au musée est de nature à me faire un éternel honneur aux yeux de mes camarades allemands.</P><P>Cependant, je dois être étonné de ce qu'elle vient de vous, qui, pendant si longtems, en qualité de trop fidèle serviteur de Napoléon, avez agi dans ce sens, mais sans aucun droit, tandis que ma conduite est fondée sur des droits et sur la justice. Mais je ne demande ni justification ni satisfaction pour cette dernière, je la trouve assez dans votre plainte.</P><P>Cependant, il faut que je vous observe qu'en vertu des pouvoirs que je vous ai montrés, le premier jour de mon entrée au musée, que je continue à être chargé de la réclamation des chefs-d'&#339;uvre allemands qui se trouvent ici, et que, malgré que je sois forcé de laisser les candélabres qui ont été pris du mausolée de Charles le Grand, je trouverai incessamment l'occasion de faire valoir la dite procuration.</P><SIGNED>EV. GROOTE, Signé : de Cologne, volontaire prussien chargé de la réclamation etc.</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 2 septembre, je reçus de M. Fragel, ministre du Roi des Pays-Bas, une lettre en date de ce jour (voyez n° 17) par laquelle il me mande que d'après les ordres très positifs de sa cour, il vient de charger M. Apostool de recevoir de moi les tableaux de la collection de la famille d'Orange à La Haye.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3509"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3509</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 269]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Fragel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3509] N° 27 - <DATELINE>2 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Fragel à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Conformément aux ordres très positifs de ma cour, j'ai l'honneur de vous adresser et de vous présenter par la présente M. Apostool, membre de l'Institut des Pays-Bas, envoyé par le Roi, mon maître, pour recevoir les tableaux et objets d'art appartenant à ce qui formait autrefois le cabinet de tableaux de la famille d'Orange dont il était la propriété particulière. Vous voudrez bien, Monsieur le Baron, favoriser les arrangemens que M. Apostool se trouve appelé à prendre pour la translation des objets sus mentionnés des endroits où ils se trouvent, afin d'éviter par là toute intervention étrangère.</P><P>J'ai l'honneur etc.</P><SIGNED> Signé : FRAGEL</SIGNED><P><PROV-NUMBER>[p. 270]</PROV-NUMBER></P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A cette lettre était jointe celle de M. Apostool (n° 28), qui me mandait qu'étant indisposé il chargeait M. Thuret, consul de Hollande à Paris, et son secrétaire, de recevoir le lendemain 3 septembre les dits tableaux.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3510"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3510</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 270]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Apostool</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3510] N° 28 - <DATELINE>2 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Apostool à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Chargé par Sa Majesté mon souverain de prendre possession des tableaux appartenant au Roi, mon maître, et déposés au musée, j'ai l'honneur de vous faire remettre à cet égard une lettre de Son Excellence le général Fragel pour M. Thuret, notre consul général, et M. Sandra nommé par Sa Majesté pour m'assister comme secrétaire, vu une indisposition momentanée qui me prive de l'honneur beaucoup désiré de ma part de me présenter en personne et de vous témoigner mes respects.</P><P>Il me ferait plaisir de pouvoir prendre selon mes ordres d'abord possession des dits objets, à commencer de lundi prochain. Veuillez donc, Monsieur le Baron, vous arranger avec M. Thuret et mon secrétaire concernant la décharge que vous trouverez nécessaire à cet égard. Rien ne me sera plus flatteur que de faire la connaissance d'un homme aussi distingué que vous, Monsieur.</P><P> En attendant, j'ai l'honneur d'être etc.</P><SIGNED>Signé : APOSTOOL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je répondis à ces deux lettres le même jour 2 septembre les lettres suivantes à M. Fragel (n° 29), à M. Apostool (n° 30).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3511"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3511</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 270]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3511] N° 29 - <DATELINE>2 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Fragel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Votre Excellence me fait trop d'honneur en s'adressant à moi, je ne puis y répondre qu'en lui faisant savoir que cette participation devient inutile et que je ne puis recevoir d'ordres que de mon gouvernement pour de pareils objets.</P><P>Je vous prie de recevoir l'hommage etc.</P><P>Signé DENON</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3512"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3512</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 270]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3512] N° 30 - <DATELINE>2 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. Apostool.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire et dans laquelle vous m'annoncez une visite de votre part aussitôt que vous serez en meilleure santé. Je serai très empressé de faire votre connaissance du moment que vous serez rétabli. Quant au reste du contenu de votre lettre, vous me permettrez de ne pas vous répondre parce que je ne dois en être instruit que par mon gouvernement.</P><P>Recevez, Monsieur, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON </SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'écrivis à M. le comte de Pradel la lettre (n° 31) pour lui faire connaître l'importance de cette demande. Je lui adressai une ampliation des notes (n° 18) sur les tableaux de La Haye et de la Belgique et le priai de vouloir bien les envoyer à M. de Talleyrand pour s'opposer auprès du Congrès à une pareille restitution.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3513"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3513</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>Point de date</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 270]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3513]  N° 31 - <DATELINE>Point de date</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>J'ai reçu ce matin la visite des commissaires du Roi de Hollande qui, pour ne pas perdre de tems, malgré la maladie du commissaire principal M. Apostool, me sollicitent ainsi que vous pourrez le voir par la lettre ci-jointe, de commencer demain lundi la restitution des tableaux venus de La Haye.</P><P>J'ai trouvé, Monsieur le Comte, leur demande si irrégulière quant à la forme, que j'ai répondu au ministre de Hollande et à M. Apostool, dont vous trouverez ci-jointes les lettres, que je ne devais et ne pouvais agir sans les ordres de mon gouvernement.</P><P>J'ai l'honneur de vous adresser deux notes que j'ai communiquées à M. le duc Dalberg qui me les avait fait demander. J'en ai de même donné une copie à M. le prince de Metternich.</P><P>J'appelle, Monsieur le Comte, toute votre attention sur cette importante affaire. La remise à Cassel a peut-être été trop précipitée et tout me porte à croire que, si Sa Majesté prussienne eût été informée des vives demandes qui vous furent faites à cet égard, elle y eut mis obstacle. Cette restitution est une perte irréparable. Celle des tableaux de La Haye et de la Belgique anéantirait le musée.</P><P>Veuillez, je vous prie, Monsieur le Comte, remettre les notes que j'ai l'honneur de vous transmettre à Son <PROV-NUMBER>[p. 271]</PROV-NUMBER> Altesse le prince de Bénévent. Je crois qu'il a été fait plusieurs traités avec les états de 
 Hollande depuis l'enlèvement des tableaux de La Haye et qu'il n'a jamais été question de restituer cette collection.</P><P>Agréez l'hommage etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 5 septembre, j'écrivis à M. de Pradel la lettre suivante (n° 32) pour lui faire part des demandes de diverses cours d'Allemagne relativement aux tableaux envoyés dans plusieurs musées du royaume.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3514"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3514</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>5 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 271]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3514] N° 32 - <DATELINE>5 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Les commissaires des puissances alliées me redemandent les tableaux qui ont été envoyés dans les divers musées du royaume et au palais royal de Strasbourg et qui proviennent des galeries de Vienne, Berlin, Brunswick, Cassel et Schwerin.</P><P>Je vous prie, Monsieur le Comte, de prendre les ordres de Sa Majesté pour m'autoriser à écrire aux divers préfets des villes où ces tableaux ont été envoyés, afin qu'ils me les expédient et que je puisse les remettre aux fondés de pouvoirs que les puissances alliées laisseraient à Paris pour les recevoir.</P><P>J'ai déjà remis plus de 1 200 tableaux depuis un mois; il en reste environ 120 dans les villes de Dijon, Toulouse, Grenoble, Caen, Lyon, Strasbourg et Bruxelles. Relativement à cette dernière ville, j'ai remis des notes aux divers commissaires pour qu'ils puissent revendiquer les tableaux qui peuvent leur appartenir auprès de Sa Majesté le Roi des Pays-Bas.</P><P>Indépendamment des tableaux, j'ai de même délivré toutes les antiquités venues de Berlin, Cassel, et une immense quantité d'objets d'art précieux en camées, pierres gravées, ivoires, ambres, vases de pierre dure et polie etc. etc. qui étaient au Musée royal. Je vais, Monsieur le Comte, faire faire des copies des reconnaissances que les commissaires des diverses puissances m'ont délivrées et je m'empresserai de vous les transmettre.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 6 au matin, il se présenta au musée un officier prussien pour établir, par ordre du gouverneur Müffling, une garde prussienne au musée. Sur l'observation qui lui fut faite qu'il n'y avait point d'autre corps de garde que celui occupé par la garde nationale, il déclara qu'il allait faire construire une baraque. J'en fus informé par la lettre (n° 33) en date du 6 septembre du secrétaire de l'établissement.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3515"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3515</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>6 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 271]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Lavallée</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3515] N° 33 - <DATELINE>6 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Lavallée à M. Denon.</ADDRESS><P>Mon cher Directeur,</P><P>Il vient de se présenter au musée un officier prussien pour établir, par ordre du gouverneur Müffling, un poste de troupes prussiennes au musée. Je lui ai déclaré qu'il n'y avait point de place pour le recevoir et l'ai invité à vouloir bien s'adresser à M. Auger, adjudant commandant du palais des Tuileries. Il s'est retiré et va probablement aller prendre de nouveaux ordres du gouverneur.</P><P>Veuillez, je vous prie, en prévenir M. de Pradel et l'informer qu'il y a déjà au musée un poste plus que suffisant pour la garde de ce monument.</P><P>Agréez, Mon cher Directeur, etc.</P><SIGNED> Signé : LAVALLEE</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'écrivis de suite à M. de Pradel pour l'informer de cette nouvelle mesure que je croyais alors inutile et dont j'étais loin de prévoir les suites funestes.</P><P> Je reçus de M. de Pradel la lettre suivante (n° 34) en date du 7 septembre 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3516"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3516</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>7 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 271]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3516] N° 34 - <DATELINE>7 septembre 1815.</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai reçu, Monsieur le Baron, la lettre par laquelle vous m'annoncez la tentative faite pour établir un poste prussien au musée et je vais écrire au général Müffling pour lui demander des ordres contraires.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>COMTE DE PRADEL.</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 13 septembre, je fus informé qu'on avait donné une consigne à ce poste prussien de ne laisser sortir aucun tableau et autres objets d'art de l'établissement. J'écrivis à M. de Müffling (voyez n° 35) pour lui adresser des observations circonstanciées sur l'inconvenance de cette consigne et, le lendemain, elle fut levée.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3517"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3517</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>13 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 271]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3517] N° 35 -<DATELINE>13 septembre 1815.</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Müffling.</ADDRESS><P>Monsieur le Gouverneur,</P><P>On m'a donné ce matin une consigne au poste de la garde prussienne barraquée <PROV-NUMBER>[p. 272]</PROV-NUMBER> à la porte du 
 Musée royal de ne laisser sortir aucun tableau et autres objets d'art de cet établissement. J'ignore quelle peut-être la cause d'une telle mesure, mais je dois vous représenter que le service de l'établissement et les restitutions que la direction fait en ce moment aux autorités prussiennes, à la cour de Vienne, à celles de Cassel, Brunswick, Mecklembourg-Schwerin exigent que l'on puisse à tout moment sortir les objets qui sont délivrés à ces diverses puissances.</P><P>J'ajouterai que les artistes qui travaillent journellement dans l'établissement emportent tous les soirs leurs études et qu'aujourd'hui même un de ces artistes n'a pu sortir une copie qu'il venait de faire au musée.</P><P>Je vous prie donc, Monsieur le Gouverneur, de donner des ordres pour que cette consigne soit levée, ou de me faire connaître les motifs qui ont pu vous déterminer à cette mesure, puisque lors du dernier poste prussien placé au musée le 7 juillet, une consigne aussi sévère ne fut pas établie.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Informé indirectement que Son Altesse le prince de Talleyrand avait défendu dans l'assemblée des plénipotentiaires les intérêts du musée, j'eus l'honneur de lui écrire la lettre ci-jointe (n° 36) sous la date du 15 septembre et qui, comme les autres, ne fut suivie d'aucune réponse.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3518"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3518</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>15 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 272]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3518] N° 36 -<DATELINE>15 septembre 1815.</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Talleyrand.</ADDRESS><P>Monseigneur,</P><P>J'ai su l'intérêt que vous avez mis pour la conservation du musée et combien Votre Altesse s'est élevée contre les prétentions de l'Italie. Je lui en fais des remercîmens au nom de tous les amis des arts. Nous avons déjà fait de grandes pertes, Monseigneur, mais, avec le tems, on pourrait espérer de les réparer. Les lacunes qui existent se rempliraient à la longue; celles que laisserait la remise des objets dont on demande aujourd'hui la restitution ne sauraient jamais être remplies. Il faut des siècles pour rassembler ce que le musée possède encore, et ce qui le distingue éminemment de toutes les autres collections de l'Europe.</P><P>En cédant maintenant aux prétentions de la Hollande et de la Belgique, on ôtera au Musée royal un de ses grands mérites, celui d'offrir une suite d'excellens coloristes. Je dis plus, on fera perdre à l'Ecole l'heureuse direction qu'elle commençait à prendre pour la couleur. Mais, si l'on ne maintient pas le traité de Tolentino, si on laisse reprendre les statues antiques et les tableaux de l'Italie, c'en est fait et du Musée royal et de l'Ecole française.</P><P>En jetant un coup d'&#339;il sur la position des puissances relativement au musée, je vois 1° que la Russie n'a aucune prétention hostile, 2° que l'Autriche, à qui l'on a tout rendu, ne conserve aucune mauvaise humeur, 3° que la Prusse, qui a obtenu une restitution plus que complète, est dans l'intention de ne plus rien réclamer.</P><P>Il reste donc l'Angleterre, qui, à la vérité, n'a rien à prétendre, mais qui, parce qu'elle vient d'acheter les bas-reliefs dont Lord Elgin a dépouillé le temple d'Athènes, croit déjà pouvoir entrer en rivalité avec le Musée royal et voudrait voir disperser celui-ci, afin d'en pouvoir rassembler chez elle les débris. C'est, imbu de ces principes et tout à fait dans ce sens, que M. le chevalier Hamilton écrit au Congrès.</P><P>Mais ce qui ne laisse surtout aucun doute sur les intentions de l'Angleterre, ce sont les démarches de M. Canova. Cet artiste est venu en France sous prétexte de faire le buste de l'Empereur Alexandre, mais avec la mission secrète d'intéresser la Russie dans les prétentions de la cour de Rome et de promettre pour reconnaissance d'un tel appui, quelque chef-d'&#339;uvre d'antiquité.</P><P>Cette négociation ayant été sans succès, M. Canova est parti pour l'Angleterre, où il se flatte de trouver des esprits mieux disposés.</P><P>Je ne rapporterai pas tous les mauvais raisonnemens que M. Canova accumule pour faire croire que l'intérêt même des arts exige la restitution des objets cédés par le traité de Tolentino. Un des plus forts, selon lui, peut donner la mesure des autres. Il prétend que le musée étant placé si près du Palais-Royal<ANOTE REFID="N13">(27)</ANOTE>, <PROV-NUMBER>[p. 273]</PROV-NUMBER> l'Ecole française ne saurait jamais apprécier la pureté des objets qu'il renferme. La 
 conscience timorée de M. Canova est bien ingrate. Il ne sait donc pas que ses productions sont bien plus remarquables par la volupté que par la pureté des formes.</P><P>Mais il ne s'agit point ici du talent ni de la moralité de M. Canova. J'ai voulu seulement rappeler à Votre Altesse toute l'importance dont le musée est pour la prospérité de l'Ecole française et la gloire de la France. La libération avec laquelle étrangers et Français en ont la jouissance feront toujours de la capitale le centre du bon goût. Le musée est utile dans ce sens que le public, étant accoutumé à voir des chefs-d'&#339;uvre en tous genres, ne peut supporter de la part des artistes modernes de médiocres productions et arrête ainsi la décadence de l'Ecole, qui, sans cet établissement, ne tarderait pas à se faire sentir.</P><P>C'est à Votre Altesse, Monseigneur, qu'il appartient d'appuyer ces considérations de tous les droits politiques; personne ne saurait les faire valoir, pour toutes sortes de raisons, avec plus de force et d'intérêt.</P><P>Comme c'est pour vous seul que j'écris, Monseigneur, j'ai pris la liberté d'adresser la lettre à vous seul.</P><P>Je prie Votre Altesse d'agréer etc</P><SIGNED> Signé: DENON</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N13"><NOTE-NUMBER><SUP>27</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Le Palais-Royal était alors un des hauts lieux de la vie galante.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Le 17, il se présenta chez moi un officier en uniforme anglais, se disant aide de camp de Lord Wellington, qui me dit de sa part que j'eusse à rendre sans nul délai les tableaux du Statouder et ceux de la Belgique. Embarassé de mes observations et de l'inconvenance de s'adresser à moi comme à celui qui pouvait disposer de ces objets, il me dit qu'il allait en faire part à son général.</P><P>Un quart d'heure après, il rentra chez moi, me disant que le hazard lui avait fait rencontrer Lord Wellington, qui lui avait dit de me signifier qu'on employerait dès le lendemain la force armée pour agir contre le musée et contre ma personne. Je lui répondis qu'il pouvait assurer son général que ces menaces ne m'effrayaient nullement et je le priai de lui dire de ma part que je n'avais jamais balancé à lui accorder toute espèce de gloire, mais que je ne devais pas m'attendre qu'il voulût rivaliser envers moi de procédés avec le général Blücher.</P><P>J'écrivis à M. de Pradel la lettre (n° 37) en date du 17 septembre 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3519"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3519</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>17 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 273]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3519]N° 37 -<DATELINE>17 septembre 1815.</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Il est venu ce matin chez moi, un officier en uniforme anglais, se disant aide de camp de Lord Wellington, qui m'a dit de sa part que j'eusse à rendre demain les tableaux du stathouder et ceux de la Belgique. J'ai pris la liberté de dire à monsieur l'officier que j'étais bien étonné d'une pareille mission de la part de Lord Wellington dont le caractère réservé était si connu qu'il m'était impossible d'obtempérer à une participation aussi irrégulière, que je n'étais qu'un dépositaire, et que je ne pouvais me dessaisir que d'après les ordres de son souverain. L'officier a paru sentir la justesse de mes observations et s'est retiré. Un quart d'heure après, il est revenu, et m'a dit qu'il venait de rencontrer par hazard Lord Wellington, qui l'avait chargé de me dire qu'il enverrait demain la force armée pour se saisir des tableaux de la Belgique et de La Haye.</P><P>Je lui ai répondu, Monsieur le Comte, que je ne pensai pas que Lord Wellington fût ici en état de guerre, qu'en surplus ce n'était pas à moi à savoir ce qu'il pouvait faire; mais que, dût-il donner l'assaut au musée, cela ne changerait rien à ma situation, et que cette seconde participation ne me ferait faire aucune démarche ni aucune provocation auprès de mon gouvernement.</P><P>Cet officier s'est retiré de nouveau en me déclarant qu'il allait trouver M. de Talleyrand et que j'aurais des ordres.</P><P>Veuillez, Monsieur le Comte, faire part à Sa Majesté de cette nouvelle infraction au traité et remettre sous ses yeux les notes que j'ai eu l'honneur de vous adresser à cet égard. A gréez, Monsieur le Comte, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 18 à deux heures du matin, on me remit à ma rentrée chez moi les trois lettres (sous le n° 38) itératives de <PROV-NUMBER>[p. 274]</PROV-NUMBER> 
M. de Vitrolles, dans la dernière desquelles il m'annonçait avoir un ordre du Roi à me communiquer et qu'il m'attendait.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3520"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3520</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>17 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 274]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Vitrolles de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3520] N° 38 - <DATELINE>17 septembre 1815.</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Vitrolles à M. Denon.</ADDRESS><P>Le baron de Vitrolles prie Monsieur Denon de vouloir bien passer chez lui demain à 9 heures précises. Il désire l'entretenir par ordre du Roi.</P><P>Paris, le 17 septembre 1815.</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3521"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3521</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>17 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 274]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Vitrolles de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3521] N°38  -<DATELINE>17 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Vitrolles à M. Denon.</ADDRESS><P>Le baron de Vitrolles a l'honneur de prévenir Monsieur Denon qu'il désire l'entretenir dans la journée par ordre du Roi. Il prie en conséquence Monsieur Denon de passer chez lui, où il se trouvera de ce moment jusqu'à 6 heures et depuis 10 heures jusqu'à 11 du soir.</P><P>Paris, le 17 septembre 1815.</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3522"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3522</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 274]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Vitrolles de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3522]     N°38 -<DATELINE>18 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Vitrolles à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai reçu l'ordre du Roi de vous voir aujourd'hui, Monsieur, pour un objet très important et très pressé. Il paraît que la lettre que je vous ai adressée n'a pas pu vous parvenir. Je crois nécessaire de vous entretenir le plutôt possible et vous attends chez moi tout de suite.</P><P>Recevez etc.</P><SIGNED>VITROLLES.</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N14"><NOTE-NUMBER><SUP>28</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Souligné dans le texte.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Cet ordre était de me rendre au musée, de le faire fermer et d'y attendre la violence. Effectivement 
 je m'y rendis de bonne heure et fis mettre un avis que le musée était fermé par ordre<ANOTE REFID="N14">(28)</ANOTE>.</P><P>A midi et demie un officier prussien, le sieur Vulcherest, aide de camp du gouverneur Müffling, se présenta pour entrer au musée et la porte lui fut refusée. Il était accompagné de Lord Hill et d'un autre officier supérieur anglais qui avait amené le consul belge, des commissaires et des porteurs.</P><P>L'officier prussien insista pour entrer seul de sa personne. Informé de sa demande accompagnée d'une menace de forcer la porte, je donnai des ordres pour le laisser entrer particulièrement (voyez le procès-verbal ci-après).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3523"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3523</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 274]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3523] n° 39 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, procès-verbal de la journée.</HEAD><BODY><TITRE><P>Procès-verbal de la journée de ce qui s'est passé au musée le 18 septembre 1815</P></TITRE><P>Le directeur général du Musée royal, d'après les menaces qui lui avaient été faites la veille; s'est rendu le 18 septembre au matin à l'établissement. Il a pensé que, pour plus de régularité, il devait commencer par faire fermer le musée.</P><P>A midi se sont présentés des porteurs envoyés par le consul de Hollande, qui a fait annoncer sa venue. Le directeur ne les a pas laissés entrer dans l'établissement. A midi et demie il est arrivé un aide de camp du général Müffling, qui a annoncé au directeur, de la part du gouverneur, qu'il fallait rendre les tableaux de la Belgique. Il a répondu à cette sommation qu'il n'avait aucun ordre de son souverain et qu'il ne pouvait disposer de rien sans son autorisation. L'aide de camp a menacé le directeur de la force armée. Celui-ci, ayant répondu qu'il n'avait rien à entendre sur cela, les menaces se sont alors tournées sur sa personne. Il a répondu que tout ce qui lui était personnel ne changeait rien à l'exécution de ses devoirs, et l'aide de camp lui a signifié que, dès ce moment, il était en arrestation.</P><P>Au même instant, sont arrivés le commandant du poste et un adjudant du palais. Ce dernier a déclaré au directeur qu'il venait, de la part de M. de Champcenetz, lui dire de remettre les tableaux. Il a répondu à l'adjudant en présence de ces messieurs qu'il lui fallait un ordre par écrit, et que, sans cette formalité, il ne délivrerait rien.</P><P>A cet instant, on a annoncé au directeur qu'il y avait à la porte deux généraux anglais envoyés par Lord Wellington, accompagnés de commissaires belges. Le directeur a dit aux Anglais, qui lui ont paru très réservés dans leurs manières, qu'il ne ferait rien sans des ordres et qu'il les attendait.</P><P>Ne sachant que faire de ces messieurs, le directeur les a invités à entrer au musée. L'officier prussien lui a déclaré qu'il était sous sa garde et qu'il lui demandait sa parole de ne pas s'y soustraire. Il lui a répondu qu'il était chez le Roi son maître et qu'il ne pouvait être mieux nulle part.</P><P>L'adjudant du palais est revenu apporter au directeur un ordre écrit de M. le marquis de Champcenetz (voyez le n° 40 ci-après).</P></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3524"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3524</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Champcenetz de </AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3524] n° 40 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, M. <PERSNAME><NAME>de Champcenetz</NAME> à M. <PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><P>Monsieur le directeur du musée laissera enlever les tableaux qui lui sont demandés par les commissaires de la Belgique sur la liste qui en sera dressée et après avoir reconnu que ces tableaux appartenaient autrefois aux provinces formant actuellement le royaume des Pays-Bas. Le gouverneur du palais des Tuileries.</P><SIGNED>Signé: MARQUIS DE CHAMPCENETZ</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'avais reçu à 10 heures du matin la lettre de M. de Pradel (n° 41) ci-après, en date du 18 septembre.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3525"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3525</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3525]n° 41 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, M. <PERSNAME><NAME>de Pradel</NAME> à M. <PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><P>Je me suis empressé, Monsieur le Baron, de prendre les ordres du Roi au sujet de la sommation qui vous a été faite hier au nom de M. le duc de Wellington. Il n'est que trop vrai qu'une mission de cette nature a été donnée à un officier anglais et que, probablement, il vous sera fait une seconde intimation. L'intention du Roi est que vous cédiez à la force majeure, mais sans rien céder en son nom volontairement de ce que plusieurs traités successifs et notamment celui de Paris avaient invariablement garanti à la France.</P><P>Je vous prie, Monsieur, dans le cas où une force armée se présenterait au musée, de veiller autant que possible à la conservation de ce qui n'a jamais appartenu à la Hollande ou à la Belgique, et de ne concourir en rien à l'enlèvement du reste.</P><P>Recevez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : LE COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'écrivis le même jour la lettre (n° 42) à M. de Pradel et je lui adressai ampliation du procès- verbal (n° 39) de la scène qui venait de se passer au Musée royal et, comme la lettre (n° 40) de M. de Champcenetz était contradictoire avec celle que j'avais reçue le matin à 10 heures, je le priai de vouloir bien expliquer ce nouvel ordre qui m'était transmis au nom du Roi.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3526"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3526</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3526] n° 42 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, M. <PERSNAME><PRENOM>Denon</PRENOM> à M. <NAME>de Pradel</NAME>.</PERSNAME></HEAD><BODY><P>Monsieur le Comte,</P><P>Je joins ici le récit de ce qui s'est passé ce matin au musée jusqu'au moment où je viens de recevoir la lettre ci-jointe (n° 40) de M. de Champcenetz. Comme elle est contradictoire avec celle que j'ai reçue de vous ce matin et qu'elle ne porte pas un ordre formel de Sa Majesté, j'ai cru devoir dire à l'officier prussien et aux généraux anglais qu'ils pourraient faire faire par MM. les commissaires belges l'état des tableaux qu'ils réclament et que je ne livrerais qu'après des ordres positifs.</P><P>L'officier prussien m'a dit qu'il allait sur cela prendre des ordres ultérieurs et qu'il me les communiquerait tout à l'heure. Dites-moi, Monsieur le Comte, quelles sont les intentions de Sa Majesté et quelle doit être ma conduite.</P><P>Agréez, etc.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je reçus effectivement la lettre en date du 18 septembre (n° 43) à laquelle était joint l'ordre (n° 44) de la même date.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3527"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3527</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3527] n° 43 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, M. <PERSNAME><NAME>de Pradel</NAME> à M. <PRENOM>Denon</PRENOM>.</PERSNAME></HEAD><BODY><P>D'après ce que j'ai eu l'honneur de vous mander, Monsieur le Baron, ce matin, et conformément aux ordres du Roi, je vous invite à ne point opposer de résistance inutile à l'enlèvement des tableaux qui vous seront demandés. Je regrette que vous vous soyez laissé mettre en état d'arrestation. Il suffisait de laisser agir les généraux anglais et les commissaires belges sans faire une cession volontaire. Maintenant qu'ils sont au musée, il convient de leur laisser emporter eux-mêmes les tableaux en évitant tout ce qui pourrait exciter au dehors une fâcheuse fermentation. Je vous envoye en conséquence un ordre motivé qui vous servira de règle.</P><P>Recevez etc.</P><SIGNED>LE COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3528"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3528</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>18 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3528] n° 44 - <DATELINE>18 septembre</DATELINE>, M. <PERSNAME><NAME>de Pradel</NAME> à M <NAME>Denon</NAME></PERSNAME>.</HEAD><BODY><P>D'après les mesures adoptées par ordre de M. le duc de Wellington pour exiger la remise des objets d'art provenant des provinces belgiques, M. le directeur du Musée royal doit s'interdire toute résistance et les laisser enlever par les personnes munies des ordres donnés par les généraux alliés.</P><P>Le directeur général etc.</P><SIGNED>LE COMTE DE 
PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'avais écrit à M. de Humbolt pendant la scène un billet dans lequel je lui témoignais ma surprise de voir toujours les Prussiens comme exécuteurs des hautes &#339;uvres de tous les méfaits des puissances contre le musée, tandis que je m'étais trouvé dans le cas de connaître et d'apprécier les intentions bénévoles de Sa Majesté prussienne.</P><P>Le 19 au matin, je reçus des délégués de Sa Majesté le Roi des Pays-Bas le billet n° 44 bis sans signature.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3529"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3529</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>19 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 275</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Délégués du Roi des Pays-Bas</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3529] n° 44 bis - <DATELINE>19 septembre</DATELINE> au matin.</HEAD><BODY><ADDRESS>Les délégués du Roi des Pays-Bas à M. Denon.</ADDRESS><P>Les délégués de Sa Majesté le Roi des Pays-Bas ont l'honneur de présenter leurs civilités à Monsieur le Chevalier Denon et l'informer qu'en conséquence d'ordres supérieurs ils sont rassemblés 
<PROV-NUMBER>[p. 276]</PROV-NUMBER> au musée pour recevoir les tableaux dont la vérification a été faite hier avec Monsieur Denon, et ils l'invitent à vouloir bien se réunir à eux ou à vouloir se faire remplacer pour cet objet.</P></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je répondis de suite à leur invitation par la lettre n° 44 bis. A cette époque je continuai de recevoir toute correspondance et d'y répondre, mais je cessai toute communication avec les commissaires des puissances.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3530"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3530</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>19 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 276]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3530] n° 44 ter - <DATELINE>19 septembre</DATELINE> au matin.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon aux délégués du Roi des Pays-Bas.</ADDRESS><P>Messieurs les Délégués,</P><P>Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez écrite par laquelle vous m'invitez à me joindre à vous pour opérer l'enlèvement des tableaux réclamés par le Roi des Pays-Bas. Je suis sensible comme je dois à la proposition amicale que vous me faites : vous m'avez, avant-hier, fait menacer de violence par un officier anglais. Un officier prussien est venu pour le même objet me mettre aux arrêts dans le palais de Sa Majesté. J'ai cédé à la force, les objets réclamés ont été vérifiés, le musée vous est ouvert. Vous pouvez donc dès ce moment opérer vous-même les enlèvemens dont vous êtes chargé.</P><SIGNED>Signé: DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le musée était resté fermé le 19 et le 20 afin de laisser aux commissaires belges le tems d'opérer avec plus de décence la descente d'énormes tableaux de l'Ecole flamande et de ne pas rendre le public témoin d'une telle dévastation, lorsque le 20 à 3 heures après-midi, M. le colonel Phufl, commandant la place de Paris, se présenta à la porte de l'établissement suivi d'un nombreux état-major.</P><P>Sur l'observation que la sentinelle française lui fit que l'on n'entrait pas, il s'emporta et demanda avec violence qui est-ce qui avait donné l'ordre de fermer le musée sans sa permission. Le portier, effrayé, lui ayant ouvert, il entra dans l'établissement et demanda avec colère « où était monsieur Denon». M. Lavallée, qui était dans la cour du musée, s'approcha pour lui dire que M. Denon était absent et que, s'il avait quelque chose à lui demander, il était là pour lui répondre. M. de Phufl ayant demandé pourquoi le musée était fermé, il lui répondit que c'était « par ordre du Roi ». « Personne », a-t-il ajouté, « ne peut donner d'ordre que moi dans mon gouvernement ». - « Nous n'en connaissons pourtant pas d'autres ici que ceux du Roi », lui fut-il répondu. A ces mots, il appela deux de ses aides de camp, qui furent chercher le poste prussien baraqué à la porte du musée, et fit occuper militairement la porte d'entrée, en la faisant ouvrir au public.</P><P>De retour chez lui, il m'écrivit la lettre suivante (n° 45) en date du 20 septembre 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3531"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3531</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>20 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 276]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Phufl</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3531] n° 45 - <DATELINE>20 septembre</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Phufl à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>J'ai l'honneur de vous avertir que, dans une ville occupée militairement, personne n'a le droit de changer la consigne d'un poste militaire à l'insçu du commandant de place. C'est pour cette raison que je vous invite à retirer celle que vous avez donnée nouvellement au poste devant le Musée des arts. S'il y a des raisons à restreindre la liberté de l'entrée, c'est à moi, Monsieur, à en juger et à donner des ordres en conséquence.</P><P>Agréez, Monsieur, l'assurance etc.</P><SIGNED>Signé: PHUFL, colonel</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A cette lettre je répondis celle suivante sous la même date:</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3532"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3532</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>20 septembre</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 276]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3532] n° 46 - <DATELINE>20 septembre</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. Phufl.</ADDRESS><P>Monsieur le Commandant,</P><P>J'ai l'honneur de vous observer que le musée est une dépendance du palais du Roi, que c'est par ordre supérieur et pour la décence d'opérations intérieures qu'il a été fermé hier. S'il y a eu erreur dans tout cela, vous y avez remédié.</P><P>Agréez, Monsieur le Commandant, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT><P>Je donnai en même tems connaissance de ces deux lettres par celle (n° 47) à M. de Pradel sous la date du même jour.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3533"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3533</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>20 septembre.</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 276]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3533] n° 47 - <DATELINE>20 septembre</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>J'ai l'honneur de vous adresser copie d'une lettre que je viens de recevoir de M. le commandant Phufl. Je joins aussi copie de la réponse que j'ai faite et qu'on me demandait de suite. J'aurais pu lui faire observer que la première des inconvenances est qu'il existe une garde prussienne <PROV-NUMBER>[p. 277]</PROV-NUMBER> à la porte du musée, établissement qui fait partie du palais du Roi.</P><P>Lorsqu'on n'a pas tenu compte des justes et décentes réclamations que vous avez faites, Monsieur le Comte, j'ai auguré que cette garde, qui n'avait pour consigne que d'empêcher la sortie des objets d'art, annonçait le projet qu'ont les alliés de détruire le musée et la crainte qu'il en fût soustrait quelques objets.</P><P>Les articles que l'on met dans les journaux, malgré leurs récriminations, sont d'autres indices de destruction. J'avais obtenu du ministre de la Police que l'on ne parlerait ni en bien ni en mal du musée dans les journaux. Le ministre n'a pu apparemment tenir sa promesse et, dans le <IT>Journal de Paris</IT>, il y avait encore hier que le Pape faisait présent au prince régent de l'Apollon.</P><P>Les choses sont si avancées maintenant qu'un pareille défense devient inutile et le mal est si grand qu'il vaut autant exciter l'indignation sur ceux qui commettent de pareilles actions avec violence et outrages.</P><P>Je n'ai plus d'ordre de police à donner au musée et je n'exerce plus qu'une espèce de douane que j'ai établie pour la sortie des tableaux enlevés de force par les commissaires de la Belgique.</P><P>Agréez etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>M. de Pradel me répondit celle (n° 48) en date du 20 septembre 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3534"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3534</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>20 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 277]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3534] n° 48 - <DATELINE>20 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>Je suis d'autant plus surpris, Monsieur le Baron, de la mesure prise par M. de Müffling que Sa Majesté le Roi de Prusse paraissait, d'après ce que m'a dit hier M. de Humbolt, avoir donné des ordres tout à fait contraires.</P><P>Je vais faire les démarches que je croirai praticables pour remédier aux malheureux effets de ces dispositions. Il me semblerait utile que vous en prévinssiez M. de Humbolt.</P><P>Recevez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : COMTE DE P RADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le même jour, je reçus de M. de Pradel une lettre à la date de ce jour qui m'engageait à remettre à M. de Thiersch les tableaux enlevés de Munich, des dépôts et galeries de Bavière (voir le n° 49).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3535"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3535</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>20 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 277]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3535] n° 49, <DATELINE>20 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>Au mois de novembre dernier, Monsieur le Baron, M. Thiersch, membre de l'académie royale de Munich, adressa au ministère, en vertu de pouvoirs que lui avait délégués son gouvernement, une demande à l'effet d'obtenir la restitution des tableaux et autres objets d'art qui avaient été enlevés dans les dépôts et galeries de Bavière.</P><P>Vous fûtes invité à adresser au ministère un état général des objets reconnus pour avoir appartenu à la Bavière, en indiquant ceux qui faisaient partie de l'exposition publique, et à faire connaître en même tems d'une manière détaillée le plus ou le moins de mérite de chacun de ces objets. Cet état existe dans les bureaux avec les notes qui vous avaient été demandées.</P><P>Il résulte de ces notes que la plus grande partie des tableaux extraits de la Bavière avaient été envoyés, à raison de leur peu de valeur, dans les musées ou les églises des départemens et qu'il ne reste au musée de Paris que trois ou quatre tableaux de la primitive Ecole allemande et quelques autres que leur excessive médiocrité n'a point permis d'employer.</P><P>Aujourd'hui M. Thiersch, autorisé de nouveau par son gouvernement, vient de m'écrire pour réitérer sa demande en restitution de ces tableaux. Je l'invite à s'entendre avec vous sur cet objet, soit pour la restitution des 29 tableaux qui se trouvent au musée de Paris, soit pour la remise de ceux qui ont été aliénés. A cet égard, il faut que M. Thiersch prenne des mesures pour les recevoir sur les lieux où ils se trouvent ou qu'il supporte les frais de leur transport à Paris, car il ne convient pas que la Couronne paye des frais de cette espèce pour des tableaux qu'elle cède, et qui, par conséquent, ne lui appartiennent plus. Je vous invite d'ailleurs à traiter cette affaire à l'amiable, et à prendre pour base de vos arrangemens les anciennes relations d'intérêt et d'amitié qui ont toujours existé entre les cours de France et de Bavière.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé : LE COMTE DE P RADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je répondis que j'avais adressé à M. le comte de Blacas un état des 77 tableaux enlevés des résidences de la Bavière que leur excessive médiocrité n'avait pas permis de réserver pour le musée et dont la plus grande partie était disséminée dans les divers musées du royaume. Je prévins 
<PROV-NUMBER>[p. 278]</PROV-NUMBER> M. le comte de Pradel que les 10 ou 12 tableaux qui étaient restés dans les magasins pourraient être remis à M. Thiersch, ce qui s'exécuta par suite.</P><P>Le 21, un des commissaires belges occupé à faire descendre des tableaux vint informer la direction qu'un étranger de distinction lui avait proposé de lui donner une somme de 10 000 F s'il voulait faire sortir et lui livrer un tableau qu'il lui désigna. Il fut écrit sur le champ à M. de Pradel pour l'avertir de ce désastre. Voyez la lettre suivante (n° 50) à la date du même jour.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3536"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3536</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>21 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 278]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3536] n° 50 - <DATELINE>21 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Un des commissaires belges vient de dire à l'un des gardiens du musée qu'un étranger lui avait proposé de comprendre dans les tableaux qu'il fait enlever un tableau qu'il lui a désigné lui promettant une somme de 10 000 F aussitôt après sa sortie de l'établissement. Une pareille proposition, Monsieur le Comte, doit vous faire sentir dans quelle situation se trouve présentement le musée, quelle est la mienne relativement à lui et combien sont compromises les propriétés du gouvernement puisque 40 ouvriers employés par des étrangers peuvent à chaque instant être tentés par de pareilles propositions.</P><P>Je dois vous prévenir, Monsieur le Comte, que, dans ce moment-ci, il n'y a plus de poste de garde nationale au musée et qu'il est abandonné à la garde des postes prussiens et anglais. Je crois même qu'il est de mon devoir de vous informer de cette circonstance, puisque le palais de Sa Majesté se trouve à découvert de ce côté. Jusqu'à ce jour, grâce au ciel, rien ne s'est égaré dans l'établissement et les restitutions faites avec autorisation aux 5 puissances ont été effectuées avec la plus sévère exactitude, mais le désastre où se trouve actuellement le musée me fait appréhender qu'on ne puisse y conserver le même ordre.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>DENON.</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 22, je reçus de M. le comte Alava, ministre du Roi d'Espagne, la lettre ci-après (n° 51) en date du 22 septembre et, le même jour au soir, je reçus de ce ministre une seconde lettre (n° 52).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3537"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3537</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>22 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 278</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Alava</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3537] n° 51, <DATELINE>22 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Alava à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>Je suis été ce matin chez vous, mais, ayant eu le malheur de ne pas vous trouver, sachant que vous devez rentrer à trois heures, je vous dirige cette lettre par l'entremise du secrétaire de cette légation.</P><P>Il s'agit de donner une note des tableaux appartenant au Roi d'Espagne et qui doivent être remis à 
 ma disposition<ANOTE REFID="N15">(29)</ANOTE>. J'ai fait déjà toutes les démarches qu'exigeait mon devoir et la parenté qui existe entre les deux princes, et vous devez considérer que, si bien le Roi de France m'a répondu qu'il ne pouvait pas les donner ni empêcher qu'on les emportât, je lui ai informé de ma démarche près de vous que Sa Majesté a daigné approuver.</P><P>Je vous prie donc de vouloir bien donner au porteur la liste de ceux qui nous appartiennent tout de suite. Je dis tout de suite parce que, devant donner aux Autrichiens ceux qui leur appartiennent demain, il vaut mieux, pour empêcher ces répétitions, les faire tous venir le même tems.</P><P>Croyez-moi toujours, etc.</P><SIGNED>ALAVA.</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N15"><NOTE-NUMBER><SUP>29</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>284 tableaux et 108 objets divers furent rendus à l'Espagne.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER>
<LETTER ID="DEN3538"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3538</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>22 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 278</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Alava</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3538] n° 52 - <DATELINE>22 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Alava à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>M. Caillot, employé dans cette ambassade, vient de m'informer de votre obligeante complaisance et de vos offres à lui donner tous les renseignemens nécessaires sur les tableaux appartenants au Roi, mon maître, et qui ont été enlevés de Madrid à la sortie de Joseph Napoléon de cette ville en 1813. Veuillez bien, je vous en prie, de donner tous les renseignemens qui seront dans votre pouvoir afin que je puisse réclamer ces précieux tableaux qui, comme vous savez bien, nous appartiennent sans que la France soit pour rien dans cette affaire. Si vous avez des renseignemens à donner sur ces tableaux et d'autres préciosités qui pourraient se trouver dans pareils cas, je vous serai infiniment obligé, Monsieur, si, continuant vos bontés, vous aviez la complaisance de me les faire transmettre. Je profite, Monsieur, de cette circonstance pour vous présenter mes respects et les assurances de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur etc.</P><SIGNED>Signé : 
ALAVA</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le sieur Caillot se présenta effectivement le soir et, comme on n'avait pas eu le tems de recopier l'état des tableaux envoyés par Joseph Bonaparte, on lui remit une ampliation de celui qui avait été fait lors de <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER> 
l'arrivée de ces tableaux et qui portaient en titre : « Tableaux envoyés par Sa Majesté le Roi d'Espagne à Sa Majesté l'Empereur et Roi ».</P><P>Le sieur Caillot vint le lendemain pour enlever les dits tableaux et se formalisa de ce que le titre de cet état portait « envoyés par le Roi Joseph ». Il réclama de suite les tableaux offerts au musée par Son Excellence le duc de Dalmatie. On lui objecta que ces tableaux avaient été donnés au dernier gouvernement et qu'il n'avait aucun droit pour les réclamer. Un jeune homme qui l'accompagnait ayant avancé que ces tableaux avaient été volés, le secrétaire du musée lui imposa silence, en lui observant qu'il était dans la Maison du Roi et que Sa Majesté les avait agrées. Un instant après, je reçus de M. Alava la lettre suivante en date du 23 septembre.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3539"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3539</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Alava</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3539] n° 53 - <DATELINE>23 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Alava à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>L'affaire des tableaux que le maréchal Soult a donnés à Sa Majesté le Roi de France et d'autres espagnols qui se trouvent au Museum ont la même procédance que les autres. J'ai fait pour eux les mêmes démarches et j'ai eu les mêmes égards que pour les autres et par conséquent vous pourrez croire que je puis les prendre et les emporter. Je vous dis assez pour que vous pouviez me comprendre et pour vous convaincre que votre responsabilité n'est pas du tout compromise.</P><P>J'ai l'honneur d'être etc.</P><SIGNED>Signé : M. ALAVA</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3540"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3540</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3540] n° 54 - <DATELINE>23 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>M. Alava, ambassadeur du Roi d'Espagne, vient de m'écrire pour m'assurer que les tableaux de Murillo donnés par M. le maréchal Soult entraient dans la même condition que ceux envoyés par Joseph Napoléon et, à peine la lettre arrivée, il a fait enlever avec violence par la force armée un de ces tableaux. Je lui ai écrit comme protestation la lettre dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie.</P><P>Agréez, Monsieur le Comte, etc.</P><SIGNED>DENON</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3541"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3541</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3541] n° 55 - <DATELINE>23 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. Alava.</ADDRESS><P>A peine ai-je reçu la lettre de Votre Excellence que le tableau de Murillo représentant <TITLE>Sainte Elisabeth soignant les malades</TITLE> a été enlevé de force. Je vous déclare donc, Monseigneur, que ce tableau ne sera pas mis au nombre de ceux rendus, mais bien noté comme emporté par la violence puisqu'il a été donné au maréchal Soult par la ville de Séville. Celui-ci l'a donné au Roi, chose dont il était parfaitement le maître. Je vous prie de regarder ma déclaration comme une suite de mon devoir, puisque l'assurance que vous me donnez est une opinion de Votre Excellence et non un ordre qui m'était participé.</P><P>Agréez, Monseigneur, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>M. de Wulcherest, aide de camp du général Müffling, présenta au bureau de la direction les commissaires toscans Benvenuti et Alessandri et, toujours violent dans ces sortes d'exécutions, les pressa d'enlever. Il voulut même proposer ses services à M. Rosa, conservateur de la galerie de Vienne.</P><P>Ce commissaire, chargé de reprendre les tableaux de Venise, Vérone, Crémone et Milan lui répondit qu'il n'avait pas besoin de ses services et qu'il n'employerait jamais la violence, mais que les ordres de son souverain suffiraient à la direction, sans qu'il fût obligé de requérir la force armée autrichienne.</P><P>Le 23 septembre, j'écrivis à M. de Pradel la lettre ci-après n° 55 bis.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3542"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3542</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>23 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3542] n° 55 bis - <DATELINE>23 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Les commissaires toscans ont déjà parlé d'enlever la statue de la Vénus. J'ai eu l'honneur de vous prévenir ce matin que cette sublime statue a fait [l'objet d'] un article d'un traité fait avec le Roi de Naples Ferdinand, que ce ne serait que sur une demande particulière de ce souverain qu'elle devrait être remise. Si mon observation peut entrer en considération auprès de Sa Majesté, elle pourrait donner des ordres en conséquence au ministre des Relations extérieures. Je protesterai particulièrement contre cet enlèvement comme irrégulier et comme fait par la violence de la part de la cour de Toscane à celle de Naples.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Le 24 septembre, je reçus de M. Alava la réponse suivante [(n° 56)] en date du même jour.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3543"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3543</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>24 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 279]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Alava</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3543] n° 56 - <DATELINE>24 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Alava à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>J'ai reçu hier soir votre lettre d'hier. La ville de Séville ne pouvait pas donner à M. le maréchal Soult ce qui ne lui appartenait pas, ce qui ne lui a jamais appartenu, et je connais trop bien le tableau 
<PROV-NUMBER>[p. 280]</PROV-NUMBER> en question<ANOTE REFID="N16">(30)</ANOTE> depuis ma jeunesse pour ne pas savoir quel est son véritable propriétaire. L'existence de ce tableau au Museum dépend d'une origine aussi vicieuse que bien d'autres et nous avons appris à nos dépens de quelle manière on faisait en Espagne ces donations pendant l'invasion de Bonaparte.</P><P>Je pourrais, Monsieur, ajouter quelques réflexions en réponse à votre lettre, mais je me contenterai de vous dire que, dans cette affaire désagréable, j'ai employé toute la délicatesse d'un homme d'honneur et que, pour réclamer ce qui appartient à la nation espagnole de justice et de droit, j'ai mis plus d'égards que les agens de Bonaparte en ont mis en Espagne pour nous dépouiller de ces objets.</P><P>Recevez, Monsieur, etc.</P><SIGNED>Signé D'ALAVA</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N16"><NOTE-NUMBER><SUP>30</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Sainte-Elisabeth soignant les malades, par Murillo.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Le 26 septembre, je reçus de M. le comte de Pradel la lettre ci-jointe (n° 57) en réponse à celles que j'avais eu l'honneur de lui écrire (les 20, 21, 22 et 23 septembre).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3544"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3544</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>26 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 280]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3544] n° 57 - <DATELINE>26 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai reçu, Monsieur le Baron, les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire les 20, 21, 22 et 23 de ce mois pour me rendre compte des dispositions que font dans le musée du Roi les commissaires des puissances étrangères. Votre dernière m'annonce qu'un aide de camp du prince de Schwartzemberg s'est présenté par son ordre pour réclamer les objets d'art provenant de Venise, Parme, Plaisance et Florence et qu'il vous a même invité à régulariser l'enlèvement dont il était chargé. La réponse que vous avez faite à cette proposition est conforme au devoir qui vous était prescrit et je ne puis qu'approuver l'opposition passive que vous dictaient les ordres du Roi.</P><P>Le 22 de ce mois j'ai eu l'honneur d'adresser au ministre des Affaires étrangères l'exposé fidèle de toutes les entreprises formées contre le musée. J'ai prié Son Excellence de me faire connaître s'il n'y avait pas quelque moyen de prévenir la ruine entière de cette magnifique collection.</P><P>Agréez, etc.</P><SIGNED>COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>La veille, un aide de camp du prince de Schwartzemberg, accompagné d'un colonel du génie, est venu chez le directeur général du musée pour lui signifier l'ordre de faire descendre les chevaux en bronze qui couronnent l'arc de triomphe du Carrousel.</P><P>Le directeur a répondu que l'arc de triomphe était un monument public sur lequel il n'avait aucune inspection. Ils ont objecté que c'était le directeur qui l'avait fait élever et, sur la négative formelle de celui-ci, ils ont demandé l'adresse de l'architecte. Le directeur a répondu que depuis un an il ignorait la demeure de cet architecte.</P><P>Les deux officiers autrichiens se sont alors retirés avec politesse et annonçant qu'ils allaient chercher ailleurs les moyens que le directeur ne pouvait leur fournir.</P><P>Dans la confusion où se trouvait le musée, on vint m'avertir que trois tableaux qui n'appartenaient point aux puissances alliées avaient été volés dans la Galerie, soit en les enlevant des bordures, soit en les coupant sur les châssis. J'écrivis de suite le 28 septembre la lettre (n° 58) à M. le préfet de police pour le prévenir de ce vol et je remis un état de ces trois tableaux au commissaire hollandais, M. Apostool, pour qu'il recherchât si, dans les tableaux qu'il avait emporté la veille, ces tableaux ne se retrouveraient pas, puisqu'ils n'avaient pas été soumis au bureau de vérification établi dans la cour du musée.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3545"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3545</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>28 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 280]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3545] n° 58 - <DATELINE>28 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon au préfet de police.</ADDRESS><P>Monsieur le Préfet,</P><P>J'ai l'honneur de vous prévenir que, depuis le 18 du courant, des commissaires des puissances étrangères enlèvent de force du musée et, avec des hommes étrangers à l'établissement, les tableaux et objets d'art qui sont venus des différens états auxquels ils ont appartenu. Au milieu de ce désastre, le public et les étrangers ont été introduits par ordre du gouverneur de Paris et, malgré toutes mes instances, je viens de m'appercevoir qu'il a été volé trois petits tableaux que les commissaires des puissances n'ont pas montré à l'espèce de douane que j'ai établi à la porte du musée pour surveiller les objets qu'ils en font sortir.</P><P>[<PROV-NUMBER>p. 281]</PROV-NUMBER> Ces trois tableaux sont ainsi décrits dans le catalogue de l'exposition :</P><P>1°- n° 428 - <TITLE>François Mieris jouant de la guitare</TITLE>, par Mieris, peint sur bois, hauteur 18 cm, largeur 14 cm.</P><P>2°- n° 654 - <TITLE>La Danse au son d'une cornemuse</TITLE>, par Teniers, peint sur cuivre, hauteur 13 cm, largeur 25 cm.</P><P>3°- n° 427- <TITLE>Des Paysans tuent un cochon, d'autres patinent sur la glace</TITLE>, par Michau, peint sur toile, hauteur 24 cm, largeur 35 cm.</P><P><IT>Nota</IT> : Ce dernier a été coupé avec un instrument tranchant tout au tour de la bordure, ce qui en diminue tant soit peu les dimensions.</P><P>J'ai demandé au commissaire du Stathouder, qui, plus spécialement que les autres, avait touché aux petits tableaux, de faire des recherches parmi ceux qu'il avait emportés. Il m'est venu déclarer qu'il n'en n'avait aucune connaissance. Je lui ai alors déclaré qu'il fît une recherche auprès des hommes qu'il avait employés à son enlèvement, ce qu'il m'a promis de faire. Ces démarches n'ayant jusqu'à ce moment aucun résultat, je dois m'adresser à vous, Monsieur le Préfet, pour vous prier de faire mettre ces tableaux à l'index de la police et ordonner à vos agens de les arrêter entre les mains de leurs détenteurs.</P><P>Agréez, Monsieur le Préfet, etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Depuis un mois, M. Canova était à Paris, envoyé sans caractère, intrigant avec tous les Anglais, tenant au gouvernement britannique, désespérant alternativement de sa commission et la reprenant avec de nouvelles espérances. Les réclamations ne faisaient qu'embarrasser les cabinets de Vienne et de Russie, mais elles étaient encouragées et protégées par celui d'Angleterre. M. Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie, fit un rapport favorable au musée et M. de Hamilton en produisit un au contraire plein de virulence contre cet établissement et contre les arts en France. Je fis remercier M. Pozzo di Borgo et je crus devoir écrire la lettre (n° 59) datée du 29 septembre à M. le duc de Richelieu, qui venait d'être nommé ministre des Relations extérieures.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3546"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3546</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>29 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 281]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3546] n° 59 - <DATELINE>29 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Richelieu.</ADDRESS><P>Monseigneur,</P><P>Il faut que les circonstances soient aussi pressantes pour que j'ose vous interrompre dans un instant où tous vos momens sont employés aux objets les plus importans.</P><P>Un commissaire du Pape, M. Canova, réclame sans l'autorisation d'aucune puissance, mais soutenu par les intrigues de quelques agens, tous les objets d'art cédés à la France par le traité de Tolentino.</P><P>Il serait trop long de rappeler ici à Votre Excellence toutes les démarches qui ont été faites jusqu'ici pour la conservation du musée. Je la prie de se faire mettre sous les yeux toutes les lettres que j'ai écrites à ce sujet à M. de Talleyrand et sur lesquelles il a gardé un silence obstiné. J'ajouterai seulement ce que je viens d'écrire aujourd'hui même à M. de Pradel.</P><P>J'ai vu les ministres de plusieurs puissances. Je leur ai donné toutes les raisons qui pouvaient [inciter] à mettre de côté la réclamation du Pape, je leur ai fait sentir combien il était inconvenant de soutenir les intérêts du chef contre le fils aîné de l'Eglise. Quelle puissance, ai-je dit, osera prêter la force armée pour rompre un traité solennel et jusqu'ici non contesté.</P><P>Ce dernier point est essentiel à observer, car le Pape n'a rien réclamé auprès de Bonaparte lorsqu'il pouvait croire qu'il lui rendait en le sacrant un important service. Mais comment aurait-il réclamé lorsqu'il est dit textuellement par l'article 25 du traité de Tolentino : « Tous les articles, clauses et conditions du présent traité sans exception sont obligatoires à perpétuité tant pour Sa Sainteté le Pape Pie VI que pour ses successeurs. »</P><P><PROV-NUMBER>[p. 282]</PROV-NUMBER> 
Enfin, j'ai ajouté que je ne concevais pas le motif qui pouvait engager à stipuler les intérêts du  Pape lorsqu'il ne faisait pas partie des puissances coalisées et qu'il ne figurerait pas dans le traité de paix qu'on était à la veille de signer.</P><P>La plupart des ministres m'ont paru favorablement disposés, j'ai cru seulement remarquer dans leurs réponses qu'ils étaient excités par M. Hamilton, qui a résolu la destruction du musée et qui veut faire exécuter ce projet par Lord Wellington. Ce qui me confirme dans la justesse de ma remarque, c'est que je sais de bonne part que M. Canova regardait ses réclamations comme désespérées, lorsqu'il les a renouvelées plus vivement après quelques entretiens avec le sous-secrétaire d'état du cabinet de Saint James.</P><P>D'après toutes ces données, voyez, Monseigneur, ce que votre ministère et l'estime générale dont vous jouissez vous mettent à même de faire valoir diplomatiquement pour conserver à la France des objets si légalement cédés et dont la remise entraînerait la ruine complette du musée. Votre goût, vos connaissances étendues vous feront sentir mieux que personne combien la destruction de cet établissement serait fatale à la prospérité des arts et de l'industrie et causerait de préjudice à la ville de Paris. Je ne vous parlerai pas d'une dernière considération, qui n'est cependant pas sans importance, c'est que la perte de ces monumens auxquels les Français attachent un si grand prix produirait un effet fâcheux sur l'esprit public. Cette réflexion n'échappera pas sans doute à votre sagesse.</P><P>Je terminerai ici cette longue lettre, persuadé que de plus longs détails n'ajouteraient rien à l'intérêt que vous prendrez dans cette négociation.</P><P>Je prie Votre Excellence d'agréer l'hommage etc.</P><SIGNED>Signé : DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'en reçus le 30 la réponse suivante [(n° 60)].</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3547"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3547</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>p. 282</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Richelieu</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3547] n° 60 - <DATELINE>30 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Richelieu à M. Denon.</ADDRESS><P>Monsieur,</P><P>C'est avec un sentiment bien pénible que j'ai lu les détails affligeants que contient la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Et comme ministre et comme Français personne ne prend plus d'intérêt que moi à la conservation du précieux dépôt qui vous est confié. Je n'ai rien négligé jusqu'ici pour en prévenir la spoliation, malheureusement mes efforts n'ont pas eu plus de succès que les vôtres. Cependant, je ne me découragerai point et je lutterai jusqu'au bout avec la même persévérance contre des prétentions injustes et l'abus de la force, heureux si je parvenais à conserver à la France au moins une partie des chefs-d'&#339;uvre de l'art.</P><P>Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.</P><SIGNED>Signé : RICHELIEU</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N17"><NOTE-NUMBER><SUP>31</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Allusion à Canova.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>A cette époque, je reçus la visite de M. Hamilton. Je l'avais connu l'année dernière comme un voyageur éclairé qui avait voulu me paraître un philosophe, un véritable amateur des arts. Il avait trouvé dans l'organisation du musée une libéralité qui en faisait la propriété de l'Europe. J'avais appris cette année que M. Hamilton était employé dans la diplomatie du Congrès, qu'il s'était fait l'ami, le confident et le conseil de M. Canova et qu'enfin il écrivait en faveur de la mission de celui-ci.</P><P>Surpris d'une telle visite à laquelle il donnait pour motif la présentation d'un compatriote, je ne m'abusai point sur son véritable motif et je ne cherchai point à déguiser ma façon de penser.</P><P>Je rapporterai ici notre conversation dans les mêmes termes et avec toute l'âcreté de la discussion.</P><P> M. Hamilton voulut d'abord mettre en question s'il était avantageux pour les arts qu'il existât un aussi grand rassemblement d'objets dont le nombre fatiguait la pensée.</P><P>« Si je ne vous connaissais pas », lui répondis-je, « je croirais que vous sortez de l'université d'Oxford et je répondrais à un pareil sophisme en tâchant d'éclairer l'écolier ». Dans ce moment même, son compatriote se félicitait avec enthousiasme d'avoir vu le Museum tandis qu'il était encore intact.</P><P>« Voilà, interrompis-je aussitôt, ma cause plaidée et votre condamnation prononcée. »</P><P>Ici la discussion s'engagea plus vivement.</P><P><PROV-NUMBER>[p. 283]</PROV-NUMBER></P><P> M. Hamilton. - Le musée n'a cependant formé chez vous ni des Titien ni des Raphaël.</P><P>M. Denon. - De tels hommes tombent quelque fois du ciel dans des siècles de lumières, mais il suffit qu'il y ait eu en France une belle Ecole tandis qu'ailleurs à peine se trouvait-on un artiste isolé.</P><P>M. Hamilton. - Il faut convenir que Paris est trop dissipé pour être un lieu d'étude, qu'enfin le musée est trop près du Palais-Royal.</P><P>M. Denon. - Vous empreintez la phrase hypocrite d'un artiste ingrat<ANOTE REFID="N17">(31)</ANOTE>, qui doit à la seule volupté la sublimité de son talent et qui sacrifie dans ce moment à l'intrigue le peu d'instans qu'il pourrait encore employer à assurer sa célébrité, déjà ternie par la profanation de deux piédestaux sur lesquels il a osé se placer. Il convient bien à un Anglais d'attaquer les m&#339;urs de notre capitale, tandis que chaque rue de Londres offre les scènes qui ne se passent ici que sous les galeries du Palais-Royal. Songez que l'hypocrisie est la dernière des corruptions et vous venez ici en développer les principes. Vous prêchez la dissolution d'un monument qui faisait l'année passée l'objet de votre admiration et qui n'excite plus aujourd'hui que votre envie, vous n'avez rien à en retirer, mais vous savez qu'en en dispersant les objets, vous préparez des chances pour les acheter. Votre gouvernement sait que tout s'achète, qu'il achète la façon de penser, l'honneur même des hommes chez la nation la plus fière et la plus patriote de l'Europe.</P><P>M. Hamilton. - Nous ne vous envions pas votre rassemblement. Je lui préfère déjà notre musée qui a l'avantage de nous appartenir tandis que les objets dont se compose le vôtre appartiennent à ceux qui les réclament.</P><P>M. Denon. - Mettons à part pour un moment le moyen glorieux auxquels nous devons la formation de notre musée ainsi que les traités qui semblaient en devoir garantir la durée et voyons de quoi et comment a été formé votre musée britannique, que votre fol orgueil ose déjà comparer à celui de la France. Ne doit-il pas son existence aux dégradations des monumens d'Athènes, dégradations protégées dans la personne d'un homme public et sanctionnées par une acquisition nationale? Et vous osez interpeller ces principes tandis que vous, vous n'avez à objecter aux traités les plus sacrés que la volonté et la force et que vous intriguez avec un homme sans caractère. Vous écrivez sur ce qui est étranger à vos intérêts et vous n'avez pas de honte de venir chez moi pour savoir si, dans ma colérique indignation, je ne fournirai pas quelque moyen à vos tortueux projets.</P><P>M. Hamilton. - Vous défendez ici votre propre cause et je vous pardonne vos vivacités.</P><P>M. Denon. - Je n'ai point l'amour-propre d'avoir fait le musée. Je suis en tout ceci l'homme des circonstances et, cependant, si je ne consultais que l'intérêt de mon orgueil, je pourrais vous aider à anéantir ce colosse qui deviendra plus gigantesque encore dans l'imagination, mais si vous persistez à le détruire, je vous poursuivrai de son ombre. Je publierai le catalogue du musée et, en prouvant que sa destruction est l'ouvrage de votre gouvernement, il sera votre tourment. On lira mes notes, on y verra le mémoire que vous avez écrit et votre nom sera flétri à jamais dans les annales des arts.</P><P>M. Hamilton. - Mais où pourrez-vous faire imprimer un pareil écrit?</P><P>M. Denon. - A Londres où le pouvoir n'a pas encore osé détruire les dernières apparences de la liberté. Je suis fâché de vous traiter si mal, mais pourquoi venir me chercher? Il faut craindre la vérité où on doit la trouver si dure.</P><P>Je n'avais pas eu encore le tems d'adresser la parole à la personne venue avec M. Hamilton. Je m'en apperçus et lui en demandai pardon : « Frappez, frappez fort, «me répondit-elle?, il a le cuir dur. »</P><P>Cette réponse me fit sourire et l'animosité de la discussion cessa. M. Hamilton me tendit la main en me demandant si je ne pouvais plus l'aimer. Je lui dis : « Rendez-moi le voyageur de l'année dernière et nous verrons ». « Ne me croyez pas votre ennemi », me dit-il, « les Anglais n'aiment pas à détruire ». « A la bonne heure », répartis-je, « mais les Anglais sont des hommes et les hommes sont des singes qui croient faire quelque chose en défaisant ce qu'ils n'auraient su faire ».</P><P>A cette époque, j'eus une conversation avec un ministre bénévole des puissances. Pendant notre 
entretien, il me demanda 
<PROV-NUMBER>[p. 284]</PROV-NUMBER> si je voyais Canova. Il me dit qu'il était persuadé que je pouvais 
prendre des arrangemens avec cet artiste. Je lui répondis que Canova ne m'avait point vu, dans 
l'embarras de savoir ce qu'il aurait à me dire. Je demandai au ministre si Canova avait des pouvoirs et, à cette simple question, son silence m'apprit qu'il se reprochait déjà l'ouverture qu'il 
venait de me faire. Je répondis à ce silence que, si Canova n'était ici qu'un intrigant, il était 
inutile que je me fisse autoriser par mon gouvernement pour négocier avec un personnage sans 
caractère; qu'à cela il y aurait plus de danger que d'avantage. Si le Congrès était juste dans la 
cause du Pape et si lui, ministre, voulait protéger la cause du musée, Sa Sainteté ne devait rien 
avoir à répéter et, qu'entrant en négociation avec un agent quelconque, c'était reconnaître des 
droits sans avantages, puisque les premières choses qu'il exigerait serait la restitution des objets 
qu'il importait au musée de conserver.</P><P>Le ministre ne me dit rien autre chose sinon que je devais négocier, mais en me faisant observer 
que ce n'était pas le ministre qui me donnait ce conseil.</P><P>Peu de jours après cette conversation, la note de M. Pozzo di Borgo en faveur du musée fut 
remise au Congrès et M. Canova, causant confidentiellement avec un ami, lui dit qu'il voyait 
bien qu'il fallait qu'il partît, n'ayant point ici d'armée pour plaider sa cause. Cependant quelques 
jours après, M. Canova arrive, appuyé des bayonnettes des deux puissances.</P><P>Le 30 septembre au matin, la scène dont je fis faire le procès-verbal eut lieu au musée (n° 61).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3548"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3548</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 284]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Lavallée</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3548] n° 61 - <DATELINE>30 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS></ADDRESS><TITRE><P>Procès-verbal de la dite journée.</P></TITRE><P>Aujourd'hui, 30 septembre, le secrétaire du musée a été appelé chez le directeur pour lui rendre compte de ce qui s'était passé hier au musée relativement aux enlèvemens de tableaux que M. Louis Costa, 
commissaire de Turin, faisait faire<ANOTE REFID="N18">(32)</ANOTE>. M. le directeur n'ayant point trouvé les pouvoirs de ce commissaire suffisans, il l'a chargé de faire suspendre la sortie de ces tableaux jusqu'à ce qu'il eût donné la traduction en français de l'ordre du gouverneur Müffling qu'il venait d'exhiber. Ce commissaire s'est retiré disant qu'il allait le faire traduire, mais une demi-heure après il est revenu avec l'aide de camp du gouverneur, M. Vulcherest, le même qui, précédemment, avait arrêté le directeur au bureau de la direction. Cet officier a fait demander sur le champ et avec emportement M. Lavallée. Il était alors occupé avec le commissaire de la cour d'Autriche à remettre des bronzes qui provenaient des Etats de Parme<ANOTE REFID="N19">(33)</ANOTE>.</P><P>Arrivé au bureau, cet aide de camp l'a interpellé pour lui demander de quel droit il avait suspendu l'enlèvement des tableaux du Roi de Sardaigne. Le secrétaire lui a déclaré qu'il avait des ordres d'arrêter momentanément et, sur la demande impérieuse qui lui fut faite de nommer les personnes qui les avaient donnés, il répondit : « Vous me permettrez de garder ce secret. ». Alors M. l'aide de camp a dit qu'il allait faire enfoncer les portes et faire monter dans la galerie une compagnie de Prussiens.</P><P>Sans faire attention à ces menaces, le secrétaire a dit à un gardien d'aller les ouvrir et l'aide de camp est sorti avec le commissaire Costa pour faire enlever les 5 tableaux qui restaient dans le grand vestibule du musée. Un instant après il est revenu, a réitéré ses menaces en disant qu'à la première infraction il ferait arrêter et conduire toute l'administration à la grand-garde, ajoutant qu'elle méritait d'être traitée durement.</P><P>Sur les 5 heures, le commissaire Costa étant prêt à faire sortir des tableaux qu'il avait descendus de la Grande Galerie, le secrétaire du musée s'est présenté pour en prendre note. Ayant apperçu dans le nombre de ces tableaux deux tableaux d'anciens maîtres achetés par le musée et le <TITLE>Martyre de saint Étienne</TITLE> de Jules Romain <PROV-NUMBER>[p. 285]</PROV-NUMBER> donné par la ville de Gênes au gouvernement français, il s'est vivement opposé à leur sortie du musée. Tout ce qu'il a pu dire n'a pu déterminer le commissaire qui s'est trouvé appuyé par deux officiers prussiens qui l'ont engagé à exécuter les ordres qu'il avait reçus de les enlever. Ce n'est qu'après les plus vives instances que le commissaire a consenti à laisser au musée jusqu'au lendemain les deux tableaux d'anciens maîtres dont il est ci-dessus parlé. Ainsi, un tableau donné volontairement et comme hommage à une puissance, vient d'être enlevé avec la plus extrême violence du Musée royal.</P><P>Certifié sincère et véritable. Paris, les jours et ans que dessus.</P><SIGNED>Le secrétaire général LAVALLÉE</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N18"><NOTE-NUMBER><SUP>32</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Pour la liste des tableaux enlevés par Costa, cf. AMN *1 DD 53, fol. 17-23.</NOTE-TEXT></NOTE><NOTE ID="N19"><NOTE-NUMBER><SUP>33</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Les bronzes de Velleia.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>J'exigeai que le commissaire Costa donnât une déclaration comme c'était par violence qu'il enlevait le tableau de Jules Romain (voir n° 62). Il me remit en même tems une lettre de son ambassadeur (n° 63).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3549"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3549</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 285]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Costa</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3549] n° 62 - <DATELINE>30 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><TITRE><P>Déclaration de monsieur Costa</P></TITRE> <P>Le soussigné déclare avoir enlevé de force et sous la protection des troupes prussiennes de la galerie du musée royal le tableau représentant <TITLE>Le Martyre de saint Etienne</TITLE> par Jules Romain, lequel, à ce que m'ont déclaré les directeurs du musée, avait été donné par la ville de Gênes au gouvernement français, de laquelle donation on lui montra copie.</P><SIGNED>Signé : A.L. COSTA, commissaire de Sa Majesté le Roi de Sardaigne.</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3550"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3550</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>28 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 285]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Thaon-Revel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3550] n° 63 - <DATELINE>28 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Thaon-Revel à M. Costa.</ADDRESS><P>J'ai appris avec autant de peine que de surprise que plusieurs des tableaux qui ont appartenu au Roi ou à ses sujets ont été enlevés de la galerie du Louvre. Cet état de choses me prescrit, Monsieur, de vous charger de retirer, ainsi qu'il vous l'est ordonné par vos instructions, ceux qui s'y trouvent encore. Vous voudrez bien donner vos soins pour que l'exécution en soit aussi prompte que sûre et décente.</P><P>J'ai l'honneur d'être très parfaitement etc.</P><SIGNED>Signé : THAON-REVEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'écrivis le 1<SUP>er</SUP> octobre à M. le comte de Pradel pour lui transmettre le procès-verbal de cette scène scandaleuse, en le priant d'examiner s'il ne serait pas possible de faire arrêter ce tableau par les douanes comme propriété française.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3551"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3551</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>1er octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 285]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3551] n° 64 - <DATELINE>1er octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>J'ai l'honneur de vous adresser le procès-verbal de la scène scandaleuse qui s'est passé au musée. Vous y verrez qu'un tableau de Jules Romain, le chef-d'&#339;uvre de ce maître, offert en hommage au gouvernement français par le corps municipal de la ville de Gênes, a été enlevé avec la plus extrême violence par le sieur Costa, commissaire du Roi de Sardaigne. Cet article important mérite de fixer toute votre attention et, je crois, Monsieur le Comte, qu'une plainte à ce souverain sur la conduite indécente qui a été tenue dans le musée est absolument nécessaire. Ce tableau, par ses dimensions, n'est point d'un transport facile. Il est peint sur bois et a 12 pieds de haut sur 9 pieds de large. Il sera probablement encaissé et embarqué sur la Seine. Ne serait-il pas possible de le faire arrêter par les douanes comme propriété française?</P><P>Je vous soumet ces observations, Monsieur le Comte, et vous prie de prendre en considération une affaire de cette importance.</P><P>Agréez, Monsieur le Comte, etc.</P><SIGNED>Signé DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>M. de Pradel m'avait écrit le 30 septembre pour m'inviter à écrire aux chanoines de Notre-Dame de délivrer aux commissaires des Pays-Bas un pouvoir pour retirer quelques tableaux et une Vierge en marbre, dite de Michel-Ange, qui sont placés dans cette métropole (voyez la lettre suivante).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3552"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3552</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 285]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3552] n° 65 -<DATELINE>30 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>M. le grand aumônier me transmet, Monsieur le Baron, une lettre de M. l'abbé de La Myre, vicaire général du chapitre de Notre-Dame, auprès duquel M. Styr vient de réclamer au nom du Roi des 
<PROV-NUMBER>[p. 286]</PROV-NUMBER> Pays-Bas trois tableaux et une statue qui proviennent du Musée royal. Ce sont :</P><P>1° <TITLE>Le Martyre de sainte Appolline</TITLE>, par Jordaens.</P><P>2° <TITLE>L'Adoration des bergers</TITLE>, attribué à Rubens.</P><P>3° <TITLE>L'Adoration des Mages</TITLE>, par Jordaens.</P><P>4° Une statue de <TITLE>La Vierge</TITLE>, par Michel-Ange.</P><P>M. l'abbé de La Myre a répondu à cette demande que, n'étant que dépositaire et gardien des objets renfermés dans la métropole, il ne pouvait se prêter à aucun enlèvement sans y être autorisé. On lui a donné jusqu'à samedi.</P><P>D'après les intentions du Roi concernant la remise des objets provenant du musée envoyés soit dans les églises soit dans les musées de provinces, je ne crois pas que l'on puisse refuser de restituer les objets placés à Notre-Dame et que réclame l'envoyé du Roi des Pays-Bas. Je vous autorise en conséquence à vouloir bien écrire à M. l'abbé de La Myre pour l'inviter à faire la remise de ces trois tableaux et la statue de la Vierge à M. Styr, après vous être assuré toutefois que ces quatre objets proviennent réellement des Pays-Bas.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'eus l'honneur de lui répondre le même jour que les dits commissaires m'avaient fait la même demande et que je leur avais répondu que, pour violer la Maison du Roi, ils n'avaient pas eu besoin de ce pouvoir.</P><P>Le 2 octobre, M. Rosa, conservateur de la galerie de Vienne, se présenta chez moi avec le pouvoir (n° 66) signé du prince de Metternich qui l'autorisait à faire enlever du musée de Paris les tableaux et objets d'art appartenant aux états des royaumes de Lombardie et de Venise. Comme il était appuyé de la force armée autrichienne, il lui fut répondu qu'on n'avait aucune observation à faire à la violence et qu'il pouvait agir.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3553"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3553</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>30 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 286]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Metternich</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3553] n° 66 - <DATELINE>30 septembre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Metternich à M. Rosa.</ADDRESS><P>M. Rosa, directeur de la galerie impériale à Vienne, est autorisé et chargé par les présentes de réclamer et faire enlever du musée à Paris les tableaux, statues et autres objets d'art appartenant aux états du royaume de Lombardie et de Venise.</P><SIGNED>Signé 
METTERNICH</SIGNED><TITRE><P>Attestation de M. le baron de Vincent en date du 2 octobre 1815</P></TITRE><P>Je, soussigné, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Impériale et Royale près de la cour de France, certifie que la présente copie est exactement conforme à l'original délivré à M. Rosa par M. le prince de Metternich.</P><SIGNED>Signé LE BARON DE VINCENT</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>M. Rosa, m'ayant donné connaissance de l'ordre ci-dessus, en exhiba un autre (n° 67) par lequel il était de même chargé de reprendre les tableaux de Parme et de Modène. Il déclara en même tems qu'il venait de déléguer son pouvoir pour les tableaux de Parme à M. Poggi, parmesan, qui avait plus que lui connaissance des tableaux enlevés de cette résidence.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3554"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3554</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>28 septembre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 286]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Metternich</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3554] n° 67 - <DATELINE>28 septembre 1815</DATELINE></HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Metternich à M. Rosa.</ADDRESS><P>M. de Rosa, directeur de la galerie impériale à Vienne, est autorisé et chargé par les présentes de réclamer et de faire enlever du musée à Paris les tableaux, statues et autres objets d'art appartenants aux duchés de Parme et de Modène.</P><SIGNED>Signé METTERNICH</SIGNED><TITRE><P>Attestation de M. le baron de Vincent en date du 2 octobre 1815</P></TITRE><P>Je soussigné, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Impériale et Royale près de la cour de France, certifie que la présente copie est exactement conforme à l'original délivré à M. de Rosa par M. le prince de Metternich.</P><SIGNED>Signé LE BARON DE VINCENT</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N20"><NOTE-NUMBER><SUP>34</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Pour la liste des &#339;uvres enlevées par Canova, cf. AMN *1 DD 53, p. 31-39.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER><COMMENT> <P>Le même jour, 2 octobre, le secrétaire du musée m'informa que M. Canova venait d'arriver au musée escorté de l'aide de camp du gouverneur de Paris, M. de Muffling, pour lui servir d'introducteur et l'autoriser à reprendre, par la force s'il en était besoin, les tableaux et antiquités du Pape<ANOTE REFID="N20">(34)</ANOTE>. 
<PROV-NUMBER>[p. 287]</PROV-NUMBER></P><P>Je me rendis sur le champ au bureau de la direction et je représentai à M. l'aide de camp qu'une affaire de cette importance ne se traitait pas de vive voix et qu'elle méritait bien que M. le gouverneur écrivît un mot pour légaliser ses faits et dire. M. de Wulcherest eut beau m'observer qu'il devait être connu de moi puisqu'il s'était toujours chargé auprès du musée des missions de cette nature, je lui répondis qu'un pareil titre ne pouvait rien changer à ce que je devais exiger de lui. Il était en ce moment accompagné d'un Anglais qui paraissait lui suggérer ce qu'il avait à dire et à faire.</P><P>J'allai de suite prévenir M. de Pradel de ce dernier échec et du plus fatal qui pût arriver au musée puisque, de ce moment, il en allait perdre le titre et la qualité. Je l'avertis que j'allais lui écrire et je passai ensuite chez M. de Muffling que je ne trouvai point. A mon retour, je lui écrivis une lettre et, pendant que je lui écrivais, M. Mayerne, commandant le poste autrichien, vint pour se faire reconnaître et dire que depuis huit jours il occupait le poste, que M. de Metternich l'avait prévenu la veille que les effets du Pape devaient être enlevés et qu'il aurait à protéger cette opération. Je lui dis qu'auparavant il allait m'en faire la déclaration par écrit et que je n'y mettrais plus d'opposition.</P><P>A cette demande, il hésita et me dit que M. de Muffling était le gouverneur de Paris et qu'il n'avait plus rien à dire quand l'autre pouvait donner des ordres.</P><P>Je continuai donc ma lettre à M. de Muffling, que je joins ici sous le n° suivant.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3555"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3555</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 287]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3555] n° 68 - <DATELINE>2 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Muffling.</ADDRESS><P>Monsieur le Baron,</P><P>Je viens de chez Votre Excellence pour l'informer qu'il est venu une officier prussien me dire qu'il était chargé de protéger par la force l'enlèvement des objets d'art réclamés par M. Canova. Je n'ai rien à opposer à la force mais je vous prie instamment pour couvrir ma responsabilité de m'envoyer un ordre par écrit qui me mette dans le cas de reconnaître l'officier chargé de cette commission et de rendre compte à mon gouvernement de tout ce que j'ai dû faire et de tout ce qui s'est fait.</P><P>Je vous prie d'agréer l'hommage etc.</P><SIGNED>Signé 
DENON</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>J'en reçus la réponse suivante le 2 octobre.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3556"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3556</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 287]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Muffling de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3556] n° 69 - <DATELINE>2 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Muffling à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai l'honneur, Monsieur le Directeur, de vous envoyer un officier, mon aide de camp, pour protéger les réclamations de M. Canova, qui vous doit être assez connu comme il a été déjà plusieurs fois chez vous pour de pareilles affaires. Il était même inutile de déclarer qu'il fera cette protection par la force comme il a mené celle-ci avec lui.</P><P>Veuillez donc donner foi aux demandes et aux arrangemens de M. Wulcherest, mon aide de camp, qui est autorisé à les faire.</P><P> Agréez, Monsieur le Directeur, etc.</P><SIGNED>Signé BARON DE MUFFLING</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Peu d'heures après, monsieur de Pradel m'écrivit la lettre suivante (n° 70), qui renfermait une lettre de M. de Muffling (n° 71).</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3557"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3557</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 287]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3557] n° 70 - <DATELINE>2 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai l'honneur de vous adresser, Monsieur le Baron, copie de la lettre que vient de m'écrire M. le baron de Muffling. Vous jugerez par cette lettre que l'aide de camp prussien qui s'est présenté au musée pour appuyer le sieur Canova dans ses demandes n'était que trop autorisé. Il me semble cependant qu'il est nécessaire que cet officier produise des ordres écrits afin de constater d'une manière quelconque que les nouveaux enlèvemens qui vont avoir lieu à la sollicitation du sieur Canova ne sont qu'une suite des mesures adoptées par MM. les commissaires prussiens.</P><P>Agréez, Monsieur le Baron, etc.</P><SIGNED>Signé COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER>
<LETTER ID="DEN3558"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3558</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>2 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 287]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Muffling de</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3558] n° 71 - <DATELINE>2 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Muffling à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>Il est très probable qu'il doit y avoir un malentendu dans l'affaire au sujet de laquelle vous m'avez 
 <PROV-NUMBER>[p. 288]</PROV-NUMBER> fait l'honneur de m'écrire ce matin. J'ai envoyé un de mes aides de camp qui est très connu au musée pour appuyer M. le chevalier Canova, chargé, d'après la décision qui a été prise et les ordres qui lui ont été donnés, de reprendre les objets d'art enlevés dans les Etats de Sa Sainteté.</P><P>J'ai l'honneur, Monsieur le Comte, etc.</P><SIGNED>Signé BARON MUFFLING</SIGNED><P>Pour copie conforme.</P><SIGNED>Signé 
COMTE DE 
PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>A dater de cet instant, je regardai ma mission comme terminée et je fus assez heureux pour recevoir la lettre suivante de la part du Roi, sous la date du 3 octobre 1815.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3559"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3559</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>3 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 288]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Pradel</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3559] n° 72 - <DATELINE>3 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. de Pradel à M. Denon.</ADDRESS><P>J'ai eu l'honneur de rendre compte au Roi, Monsieur le Baron, de la conduite que vous avez tenue pour conserver à la Couronne les tableaux et autres objets d'art qui ont été enlevés par les commissaires des puissances alliées. Sa Majesté en a été satisfaite.</P><P>Je ne puis qu'être également satisfait de l'exactitude avec laquelle vous vous êtes conformé aux instructions que je vous avais transmises et je me plais à vous en donner ici l'assurance.</P><P>Agréez, Monsieur le baron, l'assurance etc.</P><SIGNED>Signé COMTE DE PRADEL</SIGNED></BODY></LETTER><COMMENT> <P>Je répondis à M. le comte de Pradel la lettre (n° 73), qui contenait celle (n° 74) que j'avais l'honneur d'adresser au Roi dans laquelle je le suppliai de m'accorder ma démission.</P></COMMENT>
<LETTER ID="DEN3560"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3560</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>3 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 288]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3560] n° 73 - <DATELINE>3 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon à M. de Pradel.</ADDRESS><P>Monsieur le Comte,</P><P>J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Je suis pénétré du témoignage de satisfaction dont Sa Majesté veut bien m'honorer.</P><P>Je vous prie de me mettre à ses pieds et de lui présenter la prière ci-jointe.</P><P>J'ajouterai aux raisons qui s'y trouvent déduites qu'une direction étendue sur tant d'espèces d'objets 
35 m'a fait pendant 18 ans<ANOTE REFID="N21">(35)</ANOTE> perdre de vue le soin de mes biens, dont il est urgent que je m'occupe. Cette surveillance que la confiance la plus absolue m'avait accordée m'imposait une grande responsabilité. J'avais des comptes importants à rendre mais l'achèvement du catalogue général et les remises faites aux puissances alliées viennent de les assurer. Ce qui reste du cabinet du Roi est porté sur d'anciens registres et d'ailleurs je serai toujours prêt à donner les éclaircissemens nécessaires lorsque le secrétaire général en aura besoin.</P><P>L'éloge de ce fidèle serviteur du Roi vient se placer ici tout naturellement et je me fais un devoir de vous dire, Monsieur le Comte, que, depuis 20 ans, M. Lavallée a, dans le même emploi, rendu chaque jour d'importans services à l'établissement du musée. Il en connaît tous les élémens et son esprit d'ordre est tel que, sans lui, il m'eût été impossible d'opérer sans confusion les mouvemens qui viennent de se faire. Je prends la liberté de recommander au Roi ses services, son peu de fortune, son zèle et son utilité.</P><P>Un autre sujet, très estimable, attaché à l'établissement est M. Morel d'Arleu, chargé du dépôt de la calcographie et de la conservation des dessins. Il joint aux principes les plus purs des connaissances très précieuses et des soins sans bornes.</P><P>M. Visconti est connu par son immense et facile érudition. Il a vu avec déchirement réduire sa vaste et docte administration mais il reste toujours très utile à consulter sur toutes sortes d'objets, soit pour classer ceux qu'on possède encore, soit pour l'estimation de ceux qu'on pourrait acquérir.</P><P>Il ne me reste plus, Monsieur le Comte, qu'à vous demander de me conserver votre estime, à 
<PROV-NUMBER>[p. 289]</PROV-NUMBER> vous prier d'agréer l'expression de la mienne, ainsi que celle de ma haute considération.</P><SIGNED> Signé DENON</SIGNED></BODY><NOTES><NOTE ID="N21"><NOTE-NUMBER><SUP>35</SUP></NOTE-NUMBER><NOTE-TEXT>Denon était directeur depuis 1802, soit 13 années.</NOTE-TEXT></NOTE></NOTES></LETTER>
<LETTER ID="DEN3561"><SOURCE SPREPBY="Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson" STITLE="Vivant Denon : Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire correspondance (1802-1815)" SBIBL="Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris" SPREPDATE="1999"/>
<MEPHEADER><LETTER-NUMBER>3561</LETTER-NUMBER>
<DOCDATE>3 octobre 1815</DOCDATE><PROVENANCE TYPE="AA9">Archives des musées nationaux, registre *AA9 <PROV-NUMBER>[p. 289]</PROV-NUMBER></PROVENANCE><AUTEUR>Denon</AUTEUR></MEPHEADER><HEAD>[3561] n° 74 - <DATELINE>3 octobre 1815</DATELINE>.</HEAD><BODY><ADDRESS>M. Denon au Roi.</ADDRESS><P>Sire,</P><P>Mon âge avancé, ma santé dérangée me commandent le repos. J'ose donc le demander à Votre Majesté.</P><P>Je me trouve heureux en ce moment, Sire, que mon zèle pour l'intérêt des arts et mon dévouement pour Votre Majesté ayent pu lui paraître un gage de respect avec lequel je suis, Sire, de Votre Majesté, le plus fidèle sujet.</P><SIGNED>Signé DENON</SIGNED></BODY></LETTER></PRECIS></FILE>