Lettres de Napoléon 1er à Bigot de Préameneu [1800-1815]
 
 Présentation de la collection originale
Plat supérieur du recueil des lettres de Napoléon à Bigot, archives du Conseil d'Etat

Fiche signalétique de la collection originale

Intitulé Lettres de Napoléon 1er à Bigot de Préameneu
Dates 1800-1815
Producteur Napoléon Ier, Empereur des Français
Importance matérielle

148 pièces, reliées en un volume.

Aperçu du contenu

146 lettres de Napoléon envoyées à Bigot de Préameneu, et deux lettres de Bigot de Préameneu annotées par Napoléon.

Remarques sur la description Pas de description structurée. Moteur de recherche plein-texte sur le contenu de chacune des lettres.


Description détaillée

La collection Nougarède du Fayet de lettres originales de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu se présente sous la forme d'un volume relié en maroquin rouge long grain. Le décor de la reliure, qui n'est ni datée, ni signée, est à l'évidence de style "Empire", mais a peut-être été réalisé sous la Restauration : les plats sont décorés des armes impériales entourées de petits fers en forme d'abeilles.

Les lettres sont montées sur onglet dans l'ordre chronologique : le recueil n'est ni folioté, ni paginé et les lettres ne sont pas numérotées.
Aucune des lettres n'est autographe. La plupart d'entre elles portent la signature de Napoléon, sous la forme le plus souvent d'un simple N ou du monogramme "Nap" à l'exception de celle en date du 29 vendémiaire an 11, signée Bonaparte en toutes lettres, sur papier à en-tête orné de la vignette consulaire gravée par Prudhon représentant la République adossée à la Constitution.

La répartition chronologique des lettres est la suivante : 7 lettres sont adressées à Bigot de Préameneu avant qu'il ne devienne ministre des Cultes. Les lettres les plus nombreuses concernent la période 1809-1811 : 15 lettres en 1809, 49 en 1810 et 56 en 1811. Les lettres deviennent alors moins nombreuses : les quatre dernières datent des Cent-Jours.

Pour une typologie plus détaillée voir la présentation de J. O. Boudon.


Modalités d'entrée et historique de la conservation
La collection a été léguée au Conseil d'Etat par la fille de Bigot de Préameneu, veuve Nougarède du Fayet, comme le rappelle une mention manuscrite sur l'un des feuillets ouvrant le volume et les pièces qui l'accompagnent. Le Conseil d'Etat conserve un extrait du testament par lequel Eulalie lègue au Conseil d'Etat cette collection de lettres.
Ces lettres, adressées à Bigot de Préameneu, partiellement éditées d’après les originaux dans la Correspondance de Napoléon Ier commandée par Napoléon III, ont miraculeusement échappé à l’incendie qui détruisit le Palais d’Orsay et toutes ses archives en 1871. En effet, le délégué de la commune de Paris, un avocat nommé Peyrouton, découvrit une grande armoire de fer au Palais d'Orsay et insista pour qu'elle fut ouverte : cette armoire, qui contenait les registres d'Etat civil de la famille impériale, fut alors vidée de son contenu par M. Noël, chef du matériel, qui n'y laissa que le recueil de lettres de Napoléon à Bigot de Préameneu. Peyrouton envoya ce recueil au délégué de l'Intérieur, dans le tiroir duquel il échappa à l'incendie où disparurent tous les autres documents conservés par le Conseil d'Etat… Ces lettres furent retrouvées Place Beauvau et remises à M. Thiers. Ce dernier les renvoya alors au fils de la donatrice, M. Alfred Boulay de la Meurthe. Ce dernier après consultation de la famille les rendit au conseil d'Etat, dont on discutait alors de l'éventuelle disparition où elles sont restées jusqu'à aujourd'hui.



Conditions d'accès et d'utilisation
La collection numérisée est entièrement disponible sur ce site, sous forme d'une transcription faite sur les originaux par N. Clot.
L'original n'est plus communicable au public, pour des raisons de conservation. Des photographies noir et blanc pourront éventuellement être communiquées sur demande motivée. La reproduction de documents appartenant à l'Etat est soumise à autorisation et à condition. Se renseigner par écrit auprès de :
M. le conservateur de la Bibliothèque
Bibliothèque du Conseil d'Etat
Place du Palais Royal
75 100 Paris SP

 

   Transcription des pièces accompagnant le recueil de lettres

Lettre à en-tête de la Commission provisoire chargée de remplacer le Conseil d’Etat

Paris, le 22 mars 1872
Le 22 mars 1872, M. Alfred Boulay de la Meurthe a remis entre les mains de M. Caille, Secrétaire Général de la Commission provisoire chargée de remplacer le Conseil d’Etat, un volume contenant les lettres de l’Empereur Napoléon 1er au Cte Bigot de Préameneu et reconnu complet d’après la table manuscrite qui y est annexée.
Ces lettres avaient été léguées au Conseil d’Etat par Mme la Baronne de Nougarède de Fayet dans son testament notarié du 2 décembre 1864. Elles furent délivrées à sa mort au Conseil d’Etat, ainsi que le constate une lettre en date du 2 août 1866 par M. le Président Vuitry qui est conservée par la famille. Pendant la commune de 1871, le délégué Peyrouton s’empara de ces lettres et les transporta au Ministère de l’Intérieur où elles furent retrouvées, le 22 mai, dans le tiroir d’un bureau, par M. Provost, chef du service intérieur de ce ministère. M. Provost revenant à Versailles le soir même les déposa au cabinet du chef du pouvoir exécutif d’où il les a retirées, sur une démarche de la famille, au mois de mars 1872. Elles ont été confiées le 19 mars à M. Alfred Boulay de La Meurthe afin que la famille pût constater que les volontés de la testatrice recevaient cette exécution inespérée.
En remettant ce volume, M. Boulay a fait connaître qu’il était dans le vœu de la famille que ces documents ne fussent pas communiqués. Il a cru, qu’en raison des circonstances, il devait exprimer la réserve des droits qui pourraient appartenir à la famille sur ce recueil, dans le cas où le Conseil d’Etat serait supprimé.
Fait en double à Paris, le 22 mars mil huit cent soixante douze.
Alf. Boulay de la Meurthe.


Extrait du testament de Madame Nougarède, Baronne de Fayet, établie par Me Donon, Notaire à Paris, 9, rue de Villersexel, Boulevard St Germain 252 bis.

N° 59 234
Du testament authentique de Madame la Baronne Nougarède de Fayet ci-après nommée, reçu en présence de témoins, par Me Louis Eugène Sebert et Me Demanche son collègue, notaires à Paris à Paris, le deux décembre mil huit cent soixante quatre, dont la minute porte cette mention :
" Enregistré à Paris, onzième Bureau, le dix neuf avril mil huit cent soixante six, folio 93, verso case 7, reçu cinq francs décime et demi soixante quinze centimes.
Signé : Laroque

Il a été extrait littéralement ce qui suit
A comparu
Madame Eulalie, Jeanne, Marie, Félicité Bigot de Préameneu, Baronne de Fayet, veuve en premières noces de Monsieur Etienne Sauret, ancien législateur, et en secondes noces de M. André Jean Simon Nougarède, Baron de Fayet, ancien Président de la Cour d’appel de Paris, ancien membre du Corps législatif, la dite dame propriétaire demeurant à Paris, rue de l’Université, N° 24.
Laquelle étant en santé et parfaitement saine d’esprit, mémoire et entendement ainsi qu’il a apparu aux notaires et témoins soussignés par sa conversation et par la manifestation claire et précise de sa volonté, a, dans la vue de sa mort, dicté auxdits Me Sebert et Demanche notaires, en présence des deux témoins, son testament ainsi qu’il suit :
" J’ai déjà fait etc …
" Je donne et lègue au Conseil d’Etat un volume relié contenant cent cinquante sept lettres de l’Empereur Napoléon, lettres adressées à mon père le comte Bigot de Préameneu, lors de son ministère des Cultes, du vingt-neuf vendémiaire an onze au vingt-six mai dix huit cent quinze, époque si curieuse dans l’histoire.
En faisant hommage au Conseil d’Etat, de ce volume précieux, je crois assurer à jamais sa conservation.
J’exprime ici la volonté que ces divers objets soient remis aux divers légataires, francs et quittes de tous droits et frais aussitôt après mon décès.
L’an mil huit cent quatre vingt onze, les présentes ont été extraites, collationnées et délivrées par Me Paul Alexis Donon, notaire à Paris soussigné sur la minute dudit testament étant en sa possession, comme successeur immédiat dudit Me Sébert, notaire
La testataire décédée en son domicile, le 13 avril mil huit cent soixante six.
Donon