Lettres de Napoléon 1er à Bigot de Préameneu [1800-1815]
 
Correspondance de Napoléon à Bigot de Préameneu : premier semestre 1811 (janvier-mai)


   [75] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 janvier 1811
   [76] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 5 janvier 1811
   [77] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 5 janvier 1811
   [78] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 6 janvier 1811
   [79] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 janvier 1811
   [80] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 janvier 1811
   [81] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 janvier 1811
   [82] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 25 janvier 1811
   [83] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 29 janvier 1811
   [84] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er février 1811
   [85] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 3 février 1811
   [86] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 10 février 1811
   [87] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 février 1811
   [88] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 février 1811
   [89] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 février 1811
   [90] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 mars 1811
   [91] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 mars 1811
   [92] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 mars 1811
   [93] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 19 mars 1811
   [94] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 12 avril 1811
   [95] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 24 avril 1811
   [96] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 avril 1811
   [97] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 mai 1811
   [98] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 mai 1811
   [99] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 24 mai 1811




 [75] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 janvier 1811 (1)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous devez répondre au chapitre de Florence que je n’ai appris qu’avec indignation qu’il s’était mis en révolte contre mon autorité et avait reçu communication d’un prétendu bref du pape, sans qu’il ait été enregistré au Conseil d’Etat (2); que ses membres ne pouvaient pas méconnaître à ce point leurs devoirs et les lois de l’Empire qui sont aussi celles de l’ancien Grand Duché de Toscane que sa Majesté a ordonné qu’on arrêtât et qu’on traduisît devant les tribunaux criminels ceux qui avaient ainsi violés les principes fondamentaux de l’Etat, qu’Elle a ordonné que les vicaires généraux eussent à se rendre à Paris ; que sa volonté souveraine est qu’ils reconnaissent l’archevêque Osmond comme ayant les pouvoirs de vicaire capitulaire ; qu’ils réfléchissent au tort qu’ils se feraient à eux et à la religion, en se mettant en désobéissance ouverte avec le souverain. – Vous écrirez à la Grande Duchesse de bien faire comprendre au chapitre que si l’archevêque Osmond n’est pas sur le champ installé, je dissoudrai le chapitre de Florence ; enfin que je lui recommande de prendre les mesures de vigueur convenable pour arriver au but et faire reconnaître l’archevêque. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 2 janvier 1811
Napoléon


 [76] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 5 janvier 1811 (3)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, faites venir à Paris, l’abbé Richard qui est placé à la tête du séminaire de St Brieuc (4). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 5 janvier 1811
Napoléon


 [77] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 5 janvier 1811 (5)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie un mémoire qui m’a été remis. Faites moi connaître ce que vous pensez sur l’idée de sonder les évêques avant la réunion d’un concile national. Il me semble qu’il serait convenable que vous fissiez un exposé de la question sur lequel vous prendriez l’opinion de quelque évêque. Cet exposé porterait sur le refus du pape de donner l’institution canonique, sur sa bulle d’excommunication, sur son éloignement de Rome, sur la liberté dont il a joui à Savone, sur l’abus qu’il en a fait, sur les lettres qu’il a écrites au Cardinal Fesch (dont on joindrait des copies), qui ont fait connaître l’esprit d’irritation et de frénésie qui anime le pape, sur ses lettres au Cardinal Maury, au grand vicaire Dastros. Les premiers à interroger seront les archevêques, ceux de Paris, de Lyon, de Tours, de Malines, de Toulouse, de Turin, de Bordeaux ; ensuite quelques évêques les plus forts. On consultera les autres après. Demandez leur de vous remettre dans les huit jours leur opinion motivée sur ces questions.
1ère question : Le Pape a-t-il le droit d’excommunier les souverains et leurs ministres pour des objets temporels ? Quelles sont les mesures auxquelles peut donner lieu cette excommunication colportée par la malveillance et servant à exciter dans l’Etat des rumeurs ? Quel parti y-a-t-il à prendre ? Que prescrivent les maximes de l’Eglise gallicane ?
2e question : Le Pape ayant violé le Concordat par le refus qu’il a fait de donner l’institution canonique aux évêques sans restriction, l’Empereur ne veut plus exposer à ces outrages la dignité de sa couronne. Dans cet état de choses, quel est le moyen canonique qu’institue l’histoire de l’Eglise pour parvenir à instituer canoniquement les évêques.
3e question : Sa majesté, par amour du bien, ayant consenti que les évêques qu’il aurait nommés administrassent leurs diocèses comme vicaires capitulaires, le Pape avait-il le droit de défendre aux chapitres de leurs donner les pouvoirs, d’entretenir dans l’Etat des correspondances clandestines, de prêcher la révolte à l’autorité et de substituer l’arbitraire de sa volonté aux droits des chapitres,
Enfin que convient-il de faire dans ces circonstances pour mettre un terme à des oscillations si contraires à l’indépendance de la nation, à la dignité du Trône et au bien de l’Eglise qui souffre de ce que le Souverain est dans la crainte de se voir troublé par l’esprit d’usurpation et atrabiliaire du Pape ?
Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, le 5 janvier 1811
Napoléon


 [78] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 6 janvier 1811 (6)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous pouvez faire venir le chapitre aujourd’hui (7), je le recevrai après la messe avec l’archevêque dans mon cabinet. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 6 janvier 1811 à 11 h. du matin
Napoléon


 [79] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 8 janvier 1811 (8)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, le Bref du Pape au chapitre de Paris n’a pu être dénoncé au Conseil d’Etat, puisqu’il n’a pas été présenté au chapitre ; mais celui adressé au chapitre de Florence doit l’être, puisque le chapitre a délibéré. Envoyez donc ce bref aux sections de législation et de l’intérieur du Conseil d’Etat réunies, pour me présenter un rapport sur ce qu’il y a à faire. Sur ce, je prie Dieu, qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A paris, le 8 janvier 1811
Napoléon


 [80] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 16 janvier 1811 (9)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie le bref original du Pape au chapitre de Florence. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 16 janvier 1811
Napoléon


 [81] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 janvier 1811 (10)

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, j’ai reçu votre lettre avec le rapport du Préfet de Savone, du 10 janvier. Mon intention est que vous écriviez au Préfet que le Pape ne doit se mêler de rien et comme il a lui même proposé de ne se mêler de rien si on le lui signifiait, je vous autorise à lui faire faire cette signification. Le Préfet doit lui faire connaître que tous les chanoines et théologiens de France et d’Italie sont indignés des lettres qu’il a écrites aux chapitres ; que, par cette conduite, il a été cause de l’arrestation de trois chanoines de Florence et de la confiscation de leur prébende, de la même sévérité exercé envers le chapitre d’Asti, de l’arrestation du cardinal St [Di] Pietro, du chanoine Dastros, de l’abbé Fontana, de l’abbé Grégori, qui tous vont être éloignés de manière qu’ils ne puissent jamais faire du mal ; que ces pratiques ténébreuses sont indignes d’un Pape ; qu’il sera cause du malheur de tous ceux avec lesquels il correspondra ; que déclaré ennemi de l’Empire, il doit désormais rester tranquille et puisqu’il se dit lui-même arrêté (11), se conduire comme tel et cesser de correspondre soit avec ses agents, soit avec ceux qui avaient noué quelques relations avec lui, qui est fâcheux pour la chrétienté et pour l’Eglise d’avoir eu un pape aussi ignorant de ce que l’on doit aux souverains ; mais que du reste l’Etat ne sera pas troublé et que le Bien s’opérera sans lui. – Vous écrirez en outre au préfet de Montenotte qu’il ait à prendre toutes les mesures nécessaires pour que le pape ne puisse communiquer avec personne, pour que les auberges de Savonne [sic] et les voyageurs soient surveillés et enfin, pour ne rien laisser passer. – Vous lui ferez connaître que le ministre de la police lui écrira pour les personnes qui doivent être arrêtées, renvoyées ou conservées auprès du Pape. – Je vous renvoye [sic] la lettre du Prefet qui vous étoit adressée. - Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa Sainte garde.

Paris le 20 janvier 1811
Napoléon


 [82] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 25 janvier 1811 (12)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie une analyse des papiers du Pape que je reçois du Prince Borghèse. Après que vous en avez pris connaissance et note, envoyez la au Ministre de la Police. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 25 janvier 1811
Napoléon


 [83] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 29 janvier 1811 (13)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie votre exposé sur les affaires avec le Pape. J’y trouve des inexactitudes. Par exemple, la réunion des Etats Romains à l’Empire a eu lieu lorsque le Pape était à Savone, et non lorsqu’il était à Rome (14). Il ne faut pas parler de Dastros ni de son pamphlet, et moins encore du mariage et de la légitimité de l’enfant (15); cela est trop absurde. – Il faut dire qu’aussitôt qu’un courrier m’eut instruit qu’on avait été obligé d’éloigner le Pape de Rome, parce qu’il voulait exciter un soulèvement dans le peuple, j’ai ordonné qu’il fut conduit à Savone : on peut ne pas parler de Grenoble. (16) – Il faut parler de la circonstance de mon nom omis dans la bulle, et joindre comme pièces justificatives, les lettres que lui écrivirent les évêques français. Vous les trouverez ci-incluses. Il faut parler avec plus de détails de la dernière bulle du pape aux chapitres, et montrer l’inconséquence du pape qui prétendait ne pouvoir instituer les évêques, et qui pourrait cependant écrire à nos chapitres pour prêcher la révolte et semer le trouble en France. – Il faut parler des constantes dispositions du Pape d’entraver les affaires spirituelles, jusqu’à ce qu’il eût recouvré la souveraineté de Rome. Il faut joindre à cet effet, comme pièce justificative, un extrait de la correspondance du Préfet de Montenotte. – Il faut en général soigner de nouveau ce récit et démontrer que le soin constant du pape a été d’affaiblir la puissance de la France, parce que la France était maîtresse de l’Italie ; qu’il a employé, pour atteindre ce but, son influence spirituelle, autant qu’il l’a pu : citer les brefs que j’ai reçus le lendemain des victoires d’Austerlitz et de Friedland, dans lesquels il m’injuriait parce qu’il croyait que je serait battu. Enfin, réunissez toutes les pièces qui peuvent être jugées utiles, pour les joindre, comme pièces justificatives, à cet exposé. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 29 janvier 1811
Napoléon


 [84] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 1er février 1811 (17)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, il faudrait réunir lundi le Conseil du Clergé, pour lui communiquer les différentes bulles du pape et les différentes circonstances où nous nous trouvons, la correspondance du préfet de Montenotte et surtout la partie de cette correspondance qui fait voir la mauvaise conduite du pape, afin qu’il fasse connaître son sentiment sur ce qu’il est convenable de faire (18). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 1er février 1811
Napoléon


 [85] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 3 février 1811 (19)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, donnez l’ordre au préfet du département du Taro de choisir les cinquante prêtres les plus mauvais de ceux qui sont à Parme, et cinquante des plus mauvais de Plaisance, et de diriger ceux de Plaisance sur Gênes, et ceux de Parme sur La Spezzia. Ecrivez aux commandants de la marine dans ces deux ports, et voyez le Ministre de la Marine qui a donné partout des ordres généraux, pour que 24 heures après leur arrivée, ces prêtres soient embarqués pour la Corse. On verra l’effet que produira l’éloignement de ces cent individus et leur exil en Corse. Je pense qu’il faut allouer trente francs par mois à chacun d’eux. Vous écrirez en Corse pour leur faire toucher ce traitement. Vous verrez le ministre de la Police, pour la manière dont ils seront traités dans les villes de Corse et pour les mesures à prendre pour qu’ils ne s’échappent point et ne causent point de trouble. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 3 février 1811
Napoléon


 [86] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 10 février 1811 (20)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous verrez dans le Moniteur des adresses de l’archevêque et du chapitre d’Udine et de l’évêque et du chapitre de Novarre dont j’ai les originaux dans les mains. Vous pourrez les montrer aux évêques. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 10 février 1811
Napoléon


 [87] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 février 1811 (21)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie une lettre que je désire que vous gardiez pour vous seul. Faites-moi un rapport sur toutes ces querelles des sœurs de la Charité (22). Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 13 février 1811
Napoléon


 [88] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 17 février 1811 (23)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je reçois votre lettre du 16. Envoyez à Milan les sieurs Gualengo de Ferrare, Bentiveguy de Rimini, Gaddi de Forti, et Cervelli, Lucquois, pour être à la disposition du Vice-roi. Vous recevrez un décret par lequel je leur accorde une pension de 2400 francs sur mon trésor d’Italie. Vous recommanderez au vice-roi de leur donner des emplois ecclésiastiques conformes à leurs goûts. Le sieur Quarantelli de Rome se rendra à Rome ; il y jouira également d’une pension de 2 400 francs. Le S. Rossi se rendra à Gênes, où il touchera la même pension ou les emploiera dans ces diocèses. Vous leur ferez donner des frais de route. Quand aux sieurs Bouis, Ascensi et Zoui qui n’ont pas prêté serment, dirigez les sur Toulon, et là seulement, vous leur ferez signifier qu’ils vont en Corse. Vous donnerez des ordres pour leur embarquement. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, 17 février 1811
Napoléon


 [89] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 18 février 1811 (24)

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, faites-moi un rapport sur la cathédrale de Rennes. Cette ville a-t-elle suffisamment d’églises ? Est-il utile de continuer la construction de la cathédrale ? On m’assure que cela ne coûtera pas 400 000 f. – Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 18 février 1811
Napoléon


 [90] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 mars 1811 (25)

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, je désire que 100 autres prêtres, des plus mauvais, soient dirigés de Plaisance et de Parme sur La Spezzia et de là, embarqués pour la Corse. Faites part de ces mesures au Ministre de la Police et envoyez en Corse les fonds nécessaires. Ecrivez au Gal Morand pour que tous les prêtres soient débarqués à Bastia et réunis tous sur un seul point. - Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris, le 2 mars 1811
Napoléon


 [91] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 2 mars 1811 (26)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, envoyez la lettre ci-jointe de l’évêque d’Orléans (27) et la brochure au Conseil des évêques. Faites sentir [connaître] à ce conseil combien il est nécessaire [indispensable] de [y] mettre un frein à cette malveillance et que la cour de Rome attaque de front les libertés de l’Eglise gallicane qui viennent d’être aujourd’hui sanctionnées par tous les évêchés et chapitres. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 2 mars 1811
Napoléon.


 [92] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 13 mars 1811 (28)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie les pièces qui m’ont été remises par le Comité ecclésiastique. Faites-moi connaître votre opinion. Mon projet serait de convoquer tous les évêques de France, d’Italie et d’Allemagne pour le lendemain de Pâques ; cette réunion paraît devoir se faire naturellement à Paris (29). Faites-moi un rapport sur la manière dont cette convocation doit être faite ; et concertez tout ce qui y est relatif avec le comité du clergé. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Paris le 13 mars 1811
Napoléon


 [93] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 19 mars 1811 (30)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, faites moi un rapport sur les ecclésiastiques qui avaient prêté serment à l’époque du 1er mars à Rome, et à quelle somme se monteraient leurs pensions.
N’ai-je pas diminué la pension de ceux qui prêteraient serment tardivement. Faites moi un rapport là dessus. Il est juste de punir ceux qui ont hésité. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Paris, le 19 mars 1811
Napoléon


 [94] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 12 avril 1811 (31)

Monsieur le Comte Bigot de Préamemeu, ayant fixé le 2 de juin prochain jour de la Pentecôte, pour rendre grâce à Dieu de la naissance du Roi de Rome et pour son baptême dans l’Eglise métropolitaine de notre Dame de Paris, mon intention est que ce jour là, il soit chanté un tédeum [sic] solennel dans tout mon Empire (32). Je désire que vous me présentiez le projet de lettres closes à écrire à tous les évêques pour cet objet. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

Au Palais des Tuileries, le 12 avril 1811
Napoléon


 [95] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 24 avril 1811 (33)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous trouverez ci-joint une circulaire aux évêques. Vous ne la publierez pas, mais vous réunirez chez vous le Conseil ecclésiastique, et vous lui communiquerez cette lettre comme étant définitivement arrêtée. Vous recueillerez les observations auxquelles elle donnera lieu, et vous me ferez connaître à l’insu de tous l’effet qu’elle aura faite sur le comité, et ce que vous en aurez conclu qu’il y aurait à y changer. – vous ferez connaître à l’archevêque de Tours et aux évêques de Nantes et de Trêves que je les ai choisis pour être chargés d’une mission auprès du Pape (34). Il est nécessaire qu’il partent vendredi prochain. Mon intention est que leur mission soit tenue très secrète. Ils se rendront à Savone en passant par Turin. Vous les munirez des autorisations nécessaires auprès du Préfet et de l’officier qui commande le palais du Pape, pour qu’ils soient considérés pour ce qu’ils sont. – Je vous envoie leurs instructions. Vous leur ferez remettre par la chancellerie les pleins pouvoirs nécessaires pour conclure leur convention avec le pape ou ses ayant cause. Demain jeudi à midi, vous vous m’amènerez ces trois évêques. Ils auront connaissance de la circulaire. Il sera nécessaire à cet effet que le Conseil ecclésiastique soit réuni chez vous demain à neuf heures du matin, afin que vous lui en donniez communication. Je ferai connaître aux trois députés leurs instructions qui sont les mêmes que celles exprimées dans l’instruction que vous rédigerez en règle, et que vous m’apporterez demain à signer. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Saint-Cloud, le 24 avril 1811
Napoléon


 [96] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 26 avril 1811 (35)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie la circulaire que j’ai signée. Expédiez la sans délai à tous les évêques. – Je vous renvoie également l’instruction pour les trois évêques qui se rendent à Savone. Faites-moi connaître les instructions que vous leur donnerez. Il est nécessaire que vous leur fassiez connaître qu’il ne doivent [point] avouer leurs pouvoirs qu’au moment où ils verraient le pape disposé à traiter ; qu’ils sont autorisés à appeler le Cardinal Spina, si le Pape le désirait ; qu’ils peuvent s’ouvrir au Préfet qui est un homme sûr et intelligent ; qu’ils peuvent négocier et amener la négociation à fin, mais qu’ils doivent, avant de rien signer, vous envoyer la minute de la convention qu’ils pourraient faire, afin d’être bien assurés qu ‘elle aura mon approbation, avant de la signer ; que le jour de leur arrivée à Savone, une estafette partira pour Turin où elle rencontrera l’estafette de Paris, et tous les jours, pendant leur séjour à Savone ; qu’ainsi, on pourra avoir des nouvelles en quatre jours ; qu’également l’estafette qui part tous les jours de Paris portera des lettres pour eux ; qu’arrivées à Turin, les lettres leur seront envoyées par une estafette particulière ; que s’ils voulaient transmettre quelque chose par télégraphe de Turin, ils pourraient adresser leur dépêche télégraphique au chef d’Etat-major du Prince Borghèse qui la fera passer par le télégraphe, et leur enverra la réponse par une estaffette spéciale ; que vous donnez l’ordre de préparer leur logement à Savone, de manière à ce qu’ils soient ensemble et d’une manière convenable ; qu’ils doivent tâcher d’être arrivés avant le 6 mai. – Vous aurez soin d’écrire par l’estaffette de ce soir à l’officier de gendarmerie qui commande le palais du Pape pour le prévenir de l’arrivée des évêques. Vous lui prescrirez de leur laisser la communication libre et entière avec le pape, et de se conformer à tout ce qu’ils feront. – Vous écrirez en même tems au préfet pour qu’il fasse préparer leur logement, et pour qu’il organise l’estafette de Savone à Paris ; et au Prince Borghèse, pour le télégraphe. – Vous pourrez prendre les fonds nécessaires pour les dépenses sur l’extraordinaire des Cultes qui est à votre disposition particulière : tout cela se régularisera après. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A St. Cloud, le 26 avril 1811
Napoléon


 [97] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 20 mai 1811 (36)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie la lettre des évêques et du préfet de Savone. Il est nécessaire que vous fassiez connaître au préfet de Savone, que je n’approuve pas les comptes qu’il a rendus au Gouverneur général et au Ministre de la Police ; qu’il a mis ces deux fonctionnaires dans des confidences qu’ils ne devaient point connaître ; que ces affaires secrètes ne regardent que vous ; que j’ai vu avec surprise surtout qu’il ait fait connaître au Prince Borghèse et au ministre de la Police la partie de la négociation relative aux évêques, qu’il devait ignorer entièrement. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Rambouillet, le 20 mai 1811
Napoléon


 [98] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 21 mai 1811 (37)

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie la dernière lettre de Savone. Je pense qu’il est convenable de montrer toutes les dépêches au Cardinal Fesch qui les communiquera aux évêques, si cela lui paraît convenable. – Je suppose que vous travaillez à un exposé clair et simple de nos relations avec le Pape, qui ont amené les événements actuels. Je suppose aussi que le comité ecclésiastique travaille à toutes ces affaires. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Rambouillet, le 21 mai 1811
Napoléon


 [99] Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en date du 24 mai 1811 (38)

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, vous aurés [sic] soin de me présenter pour remplir un évêché vacant l’un des chanoines de Turin qui se sont le mieux comportés dans les dernières affaires (39). Le prince Borghèse doit les connaître. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en Sa Sainte garde.

A Caen, ce 24 mai 1811
Napoléon

         
1)
Correspondance, 21, p. 408, N° 17260 [retour]
 
2)
Pie VII avait adressé au chapitre de Florence un bref déclarant nuls les actes de l’évêque nommé, à savoir Mgr d’Osmond. [retour]
 
3)
Léonce de Brotonne, Lettres inédites, n° 750, p. 305. [retour]
 
4)
Comme les chanoines d’Asti, les chanoines de Florence avaient reçu du pape un bref les enjoignant de ne pas reconnaître l’évêque nommé par Napoléon, à savoir Mgr d’Osmond. Napoléon avait été informé de ce fait par sa sœur Elisa Bacciochi, dans une lettre du 28 décembre 1810 dans laquelle elle annonçait à son frère qu’elle avait fait arrêter le vicaire capitulaire Corboli, animateur de la révolte, et l’avait envoyé à l’île d’Elbe. [retour]
 
5)
Correspondance, 21, p. 414, N° 17268 [retour]
 
6)
Inédit [retour]
 
7)
Deux jours après l’emprisonnement de l’abbé d’Astros, le chapitre de Paris dont il était membre est invité à venir faire amende honorable. Il apporte une lettre de soumission à l’empereur dans laquelle il défend les doctrines gallicanes. [retour]
 
8)
Correspondance, 21, p. 417, N° 17273. [retour]
 
9)
Léonce de Brotonne, Dernières lettres inédites, T. 2, n°1248, p. 9. [retour]
10)
Inédit[retour]
 
11)
Souligné dans l’original. [retour]
 
12)
Lecestre, 2, p. 119, N° 758, d’après AF IV 888. [retour]
 
13)
Correspondance, 21, p. 437, N° 17304. [retour]
 
14)
Naturellement le transfert du pape à Savone, en août 1809, s’est fait après la réunion de Rome à la France le 17 mai. [retour]
 
15)
Pour les prélats restés fidèles au pape, en particulier les cardinaux noirs, le premier mariage de Napoléon étant toujours valable, les enfants nés d’un autre mariage sont des enfants naturels. Quand on connaît la soif de légitimité de Napoléon, on imagine dans quelle rage put le mettre ce genre d’arguments. [retour]
  16) Après son départ de Rome en juin 1809, Pie VII avait fait une halte à Grenoble. Son passage avait donné lieu à des manifestations populaires, alors que l’évêque, Mgr Simon, n’avait pas été autorisé à voir le pape. Napoléon s’était empressé de le renvoyer en Italie. [retour]
 
17)
Correspondance, 21, p. 443, N° 17313. [retour]
 
18)
La seconde Commission ecclésiastique fut réunie chez le cardinal Fesch qui la présidait le 15 mars 1811 ; elle comprenait outre Fesch, les cardinaux Maury et Caselli, ainsi que Barral, Duvoisin, Bourlier et Mannay, et enfin Emery. [retour]
 
19)
Lecestre, 2, p. 110, N° 760, d’après AF IV 888.[retour]
20)
Inédit [retour]
 
21)
Inédit [retour]
 
22)
La congrégation des Filles de la Charité, fondée au XVIIe siècle par saint Vincent de Paul, était traditionnellement gouvernée par le supérieur des Lazaristes. Mais Napoléon s’opposa à cette direction masculine d’une congrégation féminine. L’épreuve de force entre le supérieur des Lazaristes, Henon, et le gouvernement advient au moment du choix d’une nouvelle supérieure, en 1809. Henon est emprisonné. La congrégation se divise, certaines communautés suivant leur supérieur traditionnel, les autres acceptant de se rallier aux positions du gouvernement. Les 165 religieuses récalcitrantes sont finalement expulsées de la congrégation des Filles de la Charité en 1812. Voir Claude Langlois, Le catholicisme au féminin, Cerf, 1984, p. 132. [retour]
 
23)
Haussonville, III, p. 526 (citation). [retour]
 
24)
Correspondance, 21, p. 478, N° 17367. [retour]
 
25)
Haussonville, III, p. 526. [retour]
 
26)
Lecestre, 2, p. 116, N°774, d’après AF IV 889 [retour]
 
27)
Jacques Raillon (1762-1835) avait été précepteur des enfants Portalis, puis chanoine de Paris en 1805. Il est nommé évêque d’Orléans le 22 octobre 1810 et figure parmi les évêques non reconnus par le pape. Il deviendra évêque de Dijon en 1829 puis archevêque d’Aix en décembre 1830. [retour]
 
28)
Correspondance, 21, p. 556, N° 17464. Haussonville, III, p. 526 [retour]
 
29)
C’est l’annonce du concile national.[retour]
30)
Lecestre, 2, p. 121, N°786, d’après AF IV 889 [retour]
 
31)
Inédit [retour]
 
32)
Napoléon veut faire du baptême du roi de Rome une manifestation d’union nationale derrière la dynastie impériale. L’invitation faite aux évêques de s’y rendre rappelle le sacre. [retour]
  33) Correspondance, 22, p. 124-125, N° 17649. [retour]
 
34)
Barral, Duvoisin et Mannay partent le 1er mai [retour]
 
35)
Correspondance, 22, p. 130-131, N° 17649 [retour]
  36) Lecestre, 2, p. 134, N°792, d’après AF IV 891 [retour]
  37) Correspondance, 22, p. 200, N° 17739 [retour]
  38) Inédit [retour]
  39) En avril 1813, abbé Marentini, chanoine de Turin, est nommé à l’évêché de Plaisance, tandis que l’abbé Tardi, vicaire général de Turin, est désigné pour Verceil, preuve que le haut clergé piémontais a été fidèle à Napoléon.[retour]