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[27]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 6 janvier 1810 (1)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je pense quil est
nécessaire de faire un court exposé de laffaire
Delaye auquel on joindra les différentes pièces, pour
en saisir une commission qui sera présidée par Monsieur
lArchichancelier et composée de vous, du ministre dEtat
Regnaud (2),
du président de la section des Finances Boulay (3),
et du conseiller dEtat Merlin (4),
et prendre leur avis sur les différentes questions. Rédigez
votre rapport au Conseil dEtat et proposez un décret
et les autres mesures à prendre. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris, le 6 janvier 1810
Napoléon
[28]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 10 janvier 1810 (5)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, donnez ordre au Général
Miollis de faire emballer toutes les archives du Saint-Siège
et de les envoyer en France sous bonne escorte. Sur ce je prie Dieu
quil vous ait en Sa Sainte garde.
Paris, le 10 janvier 1810
N
[29]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 13 janvier 1810 (6)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie les réponses
qui me sont faites à différentes questions par le Comité
Ecclésiastique (7).
Je désire que vous fassiez lecture de ces pièces (8)
chez Monsieur larchichancelier auquel jordonne de réunir
à cet effet mes ministres dEtat Treilhard et Regnaud (9)
et le Sieur Guieu (10).
Vous me ferez connaître leurs observations et les vôtres
sur les différentes questions. Cela se fera promptement et
sans éclat. Vous me donnerez par copie de ces pièces
que vous garderez toujours par devant vous. Vous vous bornerez à
en faire lecture, et vous rédigerez les observations qui pourront
être faites sur ces matières. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris le 13 janvier 1810
Napoléon
[30]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 15 janvier 1810 (11)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, écrivez au président
de la Consulte à Rome de vous envoyer lanneau du Pêcheur,
les sceaux du Souverain Pontife, les ornemens de la Thiare et tout
ce qui pourrait servir au pape dans les cérémonies ;
enfin, toutes les fois quil se rencontrerait un individu sannonçant
comme tenant du Pape du pouvoir pour gérer les affaires spirituelles,
de le faire partir pour Paris. Sur ce je prie Dieu quil vous
ait en Sa Sainte garde.
A Paris le 15 janvier 1810
Nap
Notes
Anneau du pape
Sceau du pontife
Thiare ornemens
Fondés de pouvoir
[31]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 janvier 1810 (12)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie deux autres
cahiers dinformations du Comité du Clergé sur
la bulle (13).
Communiquez les au Conseil qui sassemble chez Monsieur lArchichancelier,
et faites moi un rapport sur le tout. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris, le 16 janvier 1810
Napoléon
[32]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 18 janvier 1810 (14)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, donnez lordre au
général Miollis denvoyer à Paris Monsignor
Grégori (15)
et généralement tous ceux qui montreront du pouvoir
pour les affaires spirituelles qui ne doivent plus être gérées
à Rome. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte
garde. A Paris, le 18 janvier 1810.
Napoléon
[33]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 24 janvier 1810 (16)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous avez fait en 1809
une recette extraordinaire de 1 200 000 francs fournis
par la Consulte de Rome pour le service du pape vous devez recevoir
cette année 1 800 000 francs pour le même
objet, ce qui fera trois millions pour les deux années (17).
Faites moi connaître à combien se sont montées
jusquà présent les dépenses de la maison
du pape et autres de même nature, et ce qui reste des fonds
versés. Vous diviserez en dépenses par chapitre et selon
les formes du budget. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa
Sainte garde.
Paris, le 24 janvier 1810
Napoléon
[34]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 24 janvier 1810 (18)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie une nouvelle
réponse à la quatrième question (19).
Communiquez la au conseil, et faites moi connaître son opinion.
Je vous envoie un mémoire du comité du clergé
sur plusieurs demandes d'objets qui me paraissent fondées,
ou du moins que je ne trouve pas dinconvénient à
accorder. Faites moi un rapport sur chacune delles et sur les
articles des Lois organiques. Dans votre rapport parlez du pape et
de ses criailleries contre les lois organiques. Je vous envoie également
une réclamation contre la loi sur la fabrique dont je nai
,pas connaissance. Faites ceci un rapport sur les réclamations.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
Paris, le 24 janvier 1810
Napoléon
[35]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 2 février 1810 (20)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je reçois votre
lettre et jy réponds. faites venir à Paris
en poste, Mr Martorelli archiviste général, et adressez
le au S. Daunou, mon archiviste (21).
Donnez lordre que toutes les archives du Vatican, de
la daterie, de la Pénitencerie et autres sous quelque titre
que ce soit, soient transportées à Paris sous bonne
et sûre escorte, et quà cet effet on fasse partir
de Rome un convoi de cent voitures toutes les semaines. Les voitures
déposeront les archives à Suze et retourneront à
Rome pour en chercher dautres. Le Sr Daunou aura à Suze
un agent qui sera chargé de faire transporter ces archives
aux archives de Paris. Mon intention est de faire venir à
Paris toute la pénitencerie. Sil ny a que 15 personnes,
vous le ferez venir jusquà Fontainebleau : vous
me ferez un rapport sur chacun de ces individus, et on verra à
les loger à Paris. Mon intention est de faire venir
à Paris, non seulement les ornemens pontificaux, mais encore
la thiare et autres joyaux servant dans les cérémonies
des Papes ; il y a entre autres une thiare que jai donnée
au pape, quil ne faut pas laisser à Rome. Entendez-vous
avec le ministère de lIntérieur pour que lHôtel
de Soubise soit disposée pour contenir cette immense quantité
de papier. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
Paris le 2 février 1810
Napoléon
[36]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 4 février 1810 (22)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, donnez ordre au général
Miollis de renvoyer de Rome tous les ministres étrangers, entre
autres ceux dItalie, de Bavière et de Naples et celui
de France. Il fera connaître à ces ministres que sils
sont chargés des affaires ecclésiastiques de leur cour,
et doivent se rendre à Paris où sont transportés
les offices de la Daterie et de la Pénitencerie. Sur ce je
prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris, le 4 février 1810
Napoléon
[37]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 13 février 1810 (23)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie des pièces
qui viennent de Rome, quon a trouvées dans le secrétaire
même du pape. Faites moi lanalyse de toutes ces pièces.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris, le 13 février 1810
Napoléon
[38]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 11 mars 1810 (24)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie un rapport
qui mest fait par une commission extraordinaire que jen
avais chargé lannée passée. Je suppose
que depuis ce tems le ministre des Finances et vous avez eu de nouveaux
renseignements. Je désire que vous me représentiez mercredi
prochain ce rapport avec les renseignements que vous avez sur les
ordres religieux encore existants. Je désire fort supprimer
tous les ordres religieux dans les quatre départements du Rhin,
dans le Piémont, en Toscane, à Parme et à Gênes,
afin que je nen entende plus parler, et quon soit tout
à fait défait de cette vermine de moines (25).
Quant à Rome, ce sera lobjet dun rapport
particulier. Réunissez tous les renseignements ; adressez
vous pour ceux qui vous manqueraient, au ministre des Finances qui
écrit à Rome pour vous les procurer. Mais jai
hâte de profiter de ce moment qui est un moment de paix pour
supprimer tous les moines et en finir. Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A Paris le 11 mars 1810
N
[39]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 3 avril 1810 (26)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, plusieurs cardinaux ne
sont pas venus hier, quoiquinvités, à la cérémonie
de mon mariage ; ils mont par là essentiellement
manqué (27).
Je désire connaître les noms de ces cardinaux, à
savoir quels sont ceux qui ont des évêchés en
France, dans mon royaume dItalie ou dans le royaume de Naples.
Mon intention est de donner [sic] à ces individus (28)
leur démission, et de suspendre le payement de leurs pensions,
ne les considérant plus comme cardinaux (29).
Vous me ferez un rapport là dessus, pour que je prenne un décret
authentique. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte
garde.
A Paris le 3 avril 1810
Napoléon
[40]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 9 avril 1810 (30)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, faites moi un rapport sur
les évêques des Etats de Rome. Ont-ils tous prêtés
serment ? Dans quelles dispositions sont-ils ?
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Compiègne, le 9 avril 1810
[41]
Lettre davril 1810 (31)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je reçois votre
rapport sur le clergé de Rome (32).
Je désire que vous me présentiez un projet de travail
pour supprimer les moines et leur donner des pensions ; 2°.
Pour astreindre les évêques et chanoines au serment dobéissance
prescrit par le Concordat ; 3° pour réunir les évêchés
et paroisses, de manière à en réduire le nombre (33).
Ce travail, une fois adopté, servira de règle. On commencera
par décréter la disposition relative à la prestation
de serment et successivement toutes les autres. Il faudrait me présenter
de pareilles dispositions, pour la Toscane, quon exécutera
graduellement, dans le but de supprimer les couvens et de réduire
les évêchés et paroisses (34).
On pourrait dès aujourdhui décréter
que les évêchés de Porto Santo et de Rufino seront
réunis à celui de Rome. Il faut ordonner à monsignor
Severoli évêque de Viterbe de retourner dans son diocèse
et séquestrer ses revenus jusquà ce quil
soit retourné. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa
Sainte garde.
A Compiègne, le avril 1810
[42]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 7 mai 1810 (35)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, donnez ordre que conformément
à nos lois il ne soit plus conservé aucun prêtre
dans les deux départements de Rome et du Trasymène sans
ma permission. Prévenez aux préfets, sous préfets
et maires de tenir le maire à lexécution de cet
ordre.
Donnez ordre que tous les prêtres séculiers, religieux
ou religieuses étrangers à la ville de Rome, retournent
dans la commune où ils sont nés (36).
Donnez ordre à la Consulte de faire prêter serment à
tous les évêques ; denvoyer en France ceux qui
sy refuseraient, et de faire mettre le séquestre [sic]
sur leurs biens (37).
Je suppose que lordre a déjà été
donné à tous les religieux qui ne sont pas nés
dans le département de Rome et du Trasymène de se rendre
au lieu de sa naissance. Il faut que les censures précèdent
de quinze jours le décret qui supprime toute la corporation
religieuse qui vous sera expédié par le secrétariat
dEtat.
Mandez à la Consulte que dans le siège existant, plusieurs
sont vacants par la démission donnée à Paris
par les cardinaux titulaires, dautres par morts, que probablement
un grand nombre va vaquer par le refus que feront les titulaires de
prêter serment ; que je nattache pas dimportance
à ceux quils prêtent leur serment [sic], quon
fasse en sorte quil y en ait que trois seulement qui le prêtent,
ne voulant conserver dans les deux départements que trois évêchés
ou au plus quatre.
Prévenez la Consulte que vous me proposez le décret
de suppression ; quils ne tarderont pas à le recevoir;
quils fassent tout promptement la disposition nécessaire
pour être en force et être maître partout, que je
vais frapper un coup de foudre, que je donne des ordres au prince
Félix (38),
commandant la 29e division militaire et au vice-roi (39)
pour quils tiennent des forces à leur disposition, prêtes
à se porter partout où la Consulte la requerra.
Vous ajouterez à la Consulte quaprès avoir fait
prêter serment aux évêques et fait enlever les
récalcitrants, elle le fasse prêter aux chanoines, et
en cas de refus use envers eux de la même rigueur.
Bois le Duc le 7 mai 1810
Napoléon
[43]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 9 mai 1810 (40)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie un projet
de décret que vous rédigerez dans la forme et dans les
termes convenables. Il sera tenu secret et mis à exécution
seulement lorsquon connaîtra leffet qua produit
celui relatif aux départements romains (41).
Vous le garderez donc pour le présent à ma signature
passé le 1er juillet. Sur ce je prie Dieu quil vous ait
en Sa Sainte garde.
A Bergopzoom le 9 mai 1810
Napoléon
[44]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 9 mai 1810 (42)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, vous recevrez un décret
par lequel jordonne quau 15 juin tous les ordres religieux
soient détruits dans les départemens de Rome et de Trasymène.
Je suppose que vous avez déjà donné des ordres
pour que
1° tous les ecclésiastiques, soit de France, soit dItalie,
soit de Naples, soit dAllemagne, dAngleterre, dIrlande,
de Danemark, de Hollande, etc. soient renvoyés dans leur pays.
2° tous les individus qui ne sont pas dans les ordres sacrés
cessent de porter lhabit ecclésiastique ; et ceux qui
sont dans es ordres sacrés ne portent lhabit ecclésiastique
que dans les séminaires.
Jai ordonné que trois colonnes se rendent de Bologne
à Perugia, lautre de [laissé en blanc] à
Ancône, et lautre de Florence à Arrezo. Les 7 ou
8 000 hommes seront à la disposition du Général
Miollis qui les portera rapidement partout où la tranquillité
publique serait troublée.
Je suppose que tous les prêtres auront à lheure
quil est prêté serment, ou auront été
dirigés sur la route de France, sans hésitation, que
tous les évêques, curés, vicaires, chanoines,
auront prêté serment ou seront sur la route de France
Que les biens des chanoines, chapitres, évêques, qui
nauraient pas prêté serment ont été
saisis par lenregistrement. Quant aux évêques,
il faut quon saisisse non seulement leurs biens ecclésiastiques
mais aussi leurs biens patrimoniaux.
Rédigez un décret conçu à peu près
dans les termes suivants que je signerai aussitôt que le nombre
des évêques qui nauront pas prêté
serment sera connu
considérant que dans lEmpire, il y a des évêchés
qui ont un million dhabitants, tandis que dans les deux départements
de Rome et de Trasimène qui nont que 700 000 habitants
il y a 30 évêchés, que cette disproportion énorme
et cette multiplicité dévêchés fort
contraires aux lois de lEmpire et incompatibles avec lordre
et avec la hiérarchie ecclésiastique ; que le plus grand
nombre de ces évêchés sont vacants par démission,
mort ou rébellion, nous avons décrété
et décrétons les articles suivant :
1°. Tel et
tel évêché est supprimé et réuni
etc.
tel et tel chapitre est supprimé. Il nen est conservé
quun seul par cathédrale composé de tant de membres
: de même pour les séminaires, etc.
Titre 2, des Paroisses. Il ne restera que tant de paroisses à
Rome, telle et telle sont conservées (il me semble que 20 paroisses
sont suffisantes).
Vous ferez également la circonscription des 20 principales
villes, de manière que, dans les villes peuplées de
moins de 5000 âmes, il ny ait quun curé,
et que dans les villes de plus de 5000 âmes, il y ait un curé
à raison de 4 à 5000 âmes.
Faites ce décret le plutôt possible, afin que je le signe
à mon arrivée à Paris, et quil puisse être
à Rome avant le 15 juin, pour que les coupes se succèdent
sans interruption (43).
Si dautres dispositions sont nécessaires sur cette matière,
proposez la moi, afin que juin passé, les départements
de Rome se trouvent organisés, comme le reste de la France
pour les affaires ecclésiastiques.
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde.
A Bergopzoom, le 9 mai 1810
N
Projet de décret joint à la lettre du 9 mai 1810
Projet de décret
Napoléon etc. etc. etc.
Considérant quun des avantages de notre Empire sur tous
ceux qui ont existé avant lui, est luniformité
des lois sur la législation, ladministration, les finances,
et voulant ramener à cette uniformité la partie de notredit
empire qui
Nous avons décrété etc.
Article 1er.
Tous les couvens de Religieux et de religieuses sont supprimés
dans le département du Taro, même les mendiants.
Les pensions seront fixées conformément à ce
qui a été fait dans le reste de lEmpire.
Art. 2. Il en sera fait de même
dans les départements de Gênes, de Montenotte et des
Appenins
Art. 3. Il sera conservé un
seul couvent à Plaisance,
un à Parme
un à Gênes
et un à Savone
en ayant soin de choisir le plus convenablement situé et le
plus beau, pour servir aux besoins publics
Art Les religieux supprimés par le présent décret
se rendront dans la paroisse où ils sont nés pour assister
le curé dans la fonction ecclésiastique.
Art De sorte quaprès lexécution de
ce décret, il ny aura plus de religieux, de quelquordre
que ce soit, dans les départements au delà des Alpes,
excepté les ceux qui restent au Piémont, les quatre
confirmés par le présent décret, et les quatre
confirmés dans les départements de Rome et de Trasimène,
cette exception étant un effet de lintention où
nous sommes dinstituer quelques autres couvens dans notre Empire
pour les besoins publics.
[45]
Lettre sans date, reçue le 14 mai à midi, 1810 (44)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, mon intention est que le
général Miollis naccorde à aucun ecclésiastique
étranger la permission de rester à Rome, et que toutes
les mesures soient prises pour organiser les deux départements
à linstar du reste de la France. Je suis persuadé
quil ny a pas besoin de troupes à Rome ; cependant,
jen ai envoyé 12 000 hommes en trois colonnes ; jen
enverrai 100 000 si cela est nécessaire ; il faut quau
premier juillet tout soit fait dans les départements Romains
sur le même pied quà Paris. Je ne suis pas éloigné
de memparer des biens ecclésiastiques séculiers,
pour doter les prêtres comme ils le sont en France et même
mieux. Ecrivez à Rome pour avoir un rapport sur la contenance
des biens ecclésiastiques séculiers. Comme la dixme
[sic] doit être supprimée, ainsi quelle la
été en France et en Piémont, ce sera une diminution
considérable dans les revenus : il faudra faire connaître
ce qui restera. Sur ce, je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte
garde.
Napoléon
[46]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 mai 1810 (45)
Monsieur le Comte Bigot-Préameneu, je nai pas de difficulté
à accorder des pensions à ceux des moines en ce moment
à Rome, qui sont sujets de mon Empire, ainsi quà
ceux qui sujets de mon royaume dItalie. Le Roi de Naples doit
également accorder la pension à ceux qui sont napolitains.
Ecrivez dans ce sens à la Consulte. - Sur ce je prie Dieu quil
vous ait en Sa Sainte garde.
A Lacken, le 16 mai 1810
Napoléon
[47]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 16 mai 1810 (46)
Monsieur le Comte Bigot Préameneu,
je vous prie de me faire mettre sur une carte des Etats de Rome, la
division actuelle du diocèse et la nouvelle circonscription
de deux ou trois diocèses, qui doivent comprendre le territoire
de tous les autres et que vous me proposerez de déterminer
par un projet de décret. Je vois que plusieurs évêques
se sont déjà mal comportés. Ecrivez quon
les envoye en France sous bonne et sûre escorte. On doit y diriger
également tous ceux qui ne prêteront pas serment. Il
serait à désirer que sur trente, il y en eut au moins
3 ou 4 qui prêtassent serment. Voici mes dispositions
pour les biens : - tous les biens des évêques seront
mis sous la main de la régie de lEnregistrement, exceptés
ceux des trois évêchés conservés. Si ceux-ci
ne élèvent pas un revenu de 30 000 f
on donnera aux évêques conservés un supplément
en pension, jusquà concurrence de cette somme, comme
cela se fait en France (47)
Vous devez donc me présenter un décret de circonscription
des trois évêchés (48).
Ce décret prononcera le séquestre sur les biens des
autres évêchés. Il portera en blanc la nomination
des 3 évêques et il règlera le supplément
qui leur sera accordé jusquà concurrence de 30
000 F. Vous me proposerez la même opération sur les chapitres.
Tous leurs biens seront séquestrés à lexception
de ceux des trois chapitres conservés lesquels seront augmentés
de manière à ce quils gagnent une augmentation
du double de ce quils ont aujourdhui. Par la carte
que vous madresserez, je verrai quel sera larrondissement
de lévêché de Rome proprement dit. On ne
doit rien changer et il faut laisser la ville de Rome sous la juridiction
de lévêque. Le Pape serait donc le 3e ou le 4e
évêque. Il est aussi nécessaire de faire
connaître ce quon doit conserver du chapitre du pape comme
évêque. Je suppose que ce chapitre est celui de Latran.
Ainsi, mon but est darriver dans le courant de lété
1° à navoir plus de religieux et de religieuses à
Rome et avoir fait séquestrer tous leurs biens. 2° à
avoir fait séquestrer tous les biens des évêques
et des chapitres, exceptés ceux des trois évêchés
et des chapitres conservés. Il y a plusieurs séminaires
et congrégations religieuses qui appartiennent à Rome
comme capitale de la Chrétienté. Je désire que
vous me fassiez un rapport à leur égard, mon intention
étant de les faire venir tous à Paris. Faites moi aussi
connaître si les officiers de lEtat
civil sont établis à Rome conformément au Code
Napoléon. Sur ce je prie Dieu quil vous ait en
Sa Sainte garde.
A Lacken le 16 mai 1810
Napoléon
[48]
Lettre de Napoléon Ier à Bigot de Préameneu en
date du 29 mai 1810
Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous envoie une lettre
que je vous prie de garder pour vous seul, et dont je désire
que vous me donniez lexplication (49).
Sur ce je prie Dieu quil vous ait en Sa Sainte garde. Au Havre,
le 29 mai 1810.Lettre de labbé Emery du 26 mai 1810 (copie)
Labbé Emery
à lab. Beaufort, vicaire général (50)
À Cahors
Paris, le 26 mai 1810
Il est très sérieusement question de transporter le
séminaire SS dans les bâtiments de St Nicolas, quon
commence à rétablir dans ce dessein (51).
Un arrêté voulait que la translation eut lieu le 1er
mai, mais limpossibilité a opposé un autre arrêté
auquel on obéit toujours. Il est même très difficile
que cette translation puisse sexécuter au commencement
de lannée prochaine. On suppose une translation entière,
ce qui suppose entraîner celle des maîtres aussi bien
que des élèves, et cest encore beaucoup. Car on
en veut et au noms et aux personnes ; celles-ci nessuyent
une attaque directe, en tant quon soupçonne quelles
forment corps et vous voyez par les nouvelles que la haine que la
haine des corps et des corporations se conserve dans toute sa force.
Jespère cependant encore de bénéficier
du tems et surtout de la protection des Saints protecteurs et supérieurs.
Jespère que nous pourrons procurer une niche à
votre Sainte-Vierge (52),
sans vous mettre à contribution quoique vous ayez 3 ans plus
que moi, je peux fort bien vous précéder ; mais comme
le locataire est possible, si vous faites quelques dispositions pieuses,
destinez moi quelques cent livres que jemployerai en uvre
pie dans létablissement dIssy qui est le seul monument
à Paris qui, avec la maison de Vaugirard, rappelle lancien
S.S., et que je prends des mesures pour être conservé
dans le cas même où nous naurions pas de séminaire :
mais létat des choses ne peut pas durer avec violence (53).
Le Gouvernement peut changer de système, et le bras de Dieu
nest pas raccourci.
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