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[1800-1814] |
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| Missions du Conseil dEtat | |
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Le Conseil dEtat
remplit trois missions principales sous le Consulat et lEmpire.
La Constitution de lan VIII en fixe la base, sans toutefois en
exprimer le contenu exact :
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| Rôle législatif : | |
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Louis Cormenin, auditeur au Conseil dEtat à partir de 1810, le décrit comme "une immense fabrique davis, dinterprétations, de décrets, de lois déguisés sous forme de décrets et de règlements dadministration publique." Cormenin fait là allusion à la pratique courante sous lEmpire de régler par décret des matières qui, en raison de leur nature, auraient dû faire lobjet de lois.
Le rôle législatif du Conseil
est défini par larticle 52 de la
Constitution de lan VIII. Sous le Consulat et lEmpire, le gouvernement a linitiative exclusive de la loi, que ni le Tribunat, ni le Corps législatif ne peut amender. Le Conseil dÉtat est non seulement chargé de laspect technique de la rédaction des projets de lois, mais est aussi consulté sur leur contenu politique et social. Lactivité législative du Conseil ne comprend pas seulement la préparation des cinq codes et des grandes lois sur lorganisation administrative, financière ou judiciaire, mais concerne aussi lélaboration de certains sénatus-consultes, de nombreuses lois dintérêt local, de règlements, de décrets, darrêtés, etc. La seule matière que le Conseil dÉtat neut pas à connaître fut celle des traités. Dans le domaine législatif, certains conseillers (3 au maximum) choisis par le gouvernement sont chargés dune tâche complémentaire : présenter puis soutenir devant le Corps législatif chaque projet de loi du gouvernement (art. 53 de la Constitution). Le Tribunat, saisi, en discute, et émet un vu favorable ou non. Quelques jours après, les législateurs, sans discussion, entendent conseillers dÉtat et tribuns puis votent ladoption ou le rejet du projet proposé. Les positions souvent contraires entre conseillers et tribuns lors de ces présentations nourrissent entre eux un certain antagonisme.
Le rôle législatif le plus visible du Conseil dÉtat sous le Consulat et lEmpire fut sans doute la préparation, en un temps remarquablement court, des cinq grands codes napoléoniens : Code civil (1804), Code pénal (1810), Code de procédure civile (1806), Code dinstruction criminelle (1808), Code de commerce (1807). Le mouvement de codification de lépoque impériale avait pour ambition dintégrer dans un ensemble unitaire un corpus de règles anciennes et un apport de règles inédites exprimant les principes dorganisation dune société nouvelle. Cette entreprise juridique de grande ampleur était rendue possible par la conjonction de circonstances exceptionnelles : la rupture sociale provoquée par la Révolution, la forte volonté politique de Napoléon et une hauteur de vue suffisante pour susciter laccord général. Le Code Civil fut la réalisation
la plus remarquable de lentreprise de codification du Premier
Empire : déjà étudié par Cambacérès
pendant la Convention, le projet fut relancé par Bonaparte le
24 thermidor an VIII (12 août 1800). Il établissait une
commission de quatre membres composée de deux conseillers dÉtat
(Portalis et Bigot de Préameneu) et de deux juristes (Tronchet
et Maleville) chargés de rédiger une proposition de Code.
Cet avant-projet fut rendu en quatre mois puis soumis à lexamen
du tribunal de Cassation et des tribunaux dappel. Conformément
à la Constitution, lavant-projet et les propositions des
tribunaux furent soumis au Conseil dÉtat, dabord
à la section de Législation
puis en assemblée générale dont Napoléon
présida en personne 57 séances sur les 102 nécessaires
à lachèvement du travail. Le "Code Civil
des Français" fut publié le 21 mars 1804.
La préparation des projets de lois népuise pas la compétence du Conseil dÉtat dans le domaine législatif. Linstitution joue aussi un rôle dans linterprétation de la loi par des actes de portée générale. Cette fonction dinterprète de la législation accentue et renforce le rôle que joue le Conseil dÉtat dans la fixation du droit. Le premier règlement du Conseil dÉtat, daté du 5 nivôse an VIII (26 décembre 1799), prévoit dans son article 11 que le Conseil dÉtat "développe le sens des lois sur le renvoi qui lui est fait par les consuls des questions qui leur ont été présentées." Les actes rendus par le Conseil dans le cadre de cette activité consultative sont appelés les avis du Conseil dÉtat. Dès le Consulat, le tribunal de Cassation reconnaît à ces avis, vis à vis des tribunaux, la même autonomie quà une loi proprement dite. Tous ne furent cependant pas publiés, Napoléon noctroyant pas toujours son approbation, seule à pouvoir donner force de loi à ces avis du Conseil dÉtat. Conclusion |
| Rôle dans le contentieux juridictionnel | |
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La Constitution de lan VIII charge
le Conseil dÉtat, sous la direction des Consuls, de "résoudre
les difficultés qui sélèvent en matière
administrative." Cette formule vague vise en fait les litiges entre
une personne publique et une personne privée ou entre personnes
publiques. La Révolution avait supprimé
les divers tribunaux administratifs et confié les litiges entre
une personne privée et une administration publique à des
administrations élues. La loi du 28 pluviôse an VIII (17
février 1800) réforme ce fonctionnement et confie aux
conseils de préfecture le
contentieux administratif départemental. Le Conseil dÉtat
est désigné comme juge dappel. Il statue aussi sur
les recours contre les décisions prises par le conseil des prises
(maritimes), et de la Cour des Comptes (à partir de 1807). Les décrets des 11 juin et 22 juillet
1806 vont modifier ce fonctionnement. |
| Rôle administratif. | |
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A la frontière entre attributions contentieuses
et administratives, le Conseil dÉtat fut investi, par le
décret du 11 juin 1806, dun rôle dans la haute police
administrative : cette attribution consistait à examiner la conduite
dun fonctionnaire dans léventualité de poursuites
pénales ou de sanctions administratives. Beaucoup dautres questions dordre administratif relèvent de la compétence du Conseil dÉtat. Nombre de lois et décrets réglementant des matières religieuses, politiques ou administratives exigent lintervention de décrets du Conseil pour régler les modalités pratiques de leur application. La compétence du Conseil sétend aussi, sans que lexige une loi ou un règlement, mais du seul fait de lEmpereur, au fonctionnement de certains services publics : les budgets des communes (lorsquils sont supérieurs à 20 000 francs) de Hollande, dIllyrie et des pays hanséatiques doivent être examinés par la section de lIntérieur. Celle-ci, fort encombrée, peut faire adopter plus de cent projets de ce genre en une séance ! |
| Travaux du Conseil dÉtat et de ses sections de 1800 à 1813. | |
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